Démission de Thyssen, Leterme co-responsable

Marianne Thyssen a démissionné de la présidence du CD&V. La tension est palpable au CD&V depuis la défaite électorale du parti.

Marianne Thyssen a confirmé mercredi avoir démissionné de sa fonction de présidente du CD&V. Le bureau de parti a accepté sa décision de transmettre le flambeau à un successeur. Dans l'attente de l'élection d'un nouveau président, qui n'interviendra pas avant la fin éventuelle des négociations gouvernementales, c'est l'actuel vice-président qui dirigera le parti.

Marianne Thyssen a précisé durant une conférence de presse avoir pris sa décision mardi matin. "Personne ne m'y a invité mais personne n'a pu non plus me convaincre de ne pas le faire", a-t-elle dit en substance.

Evoquant une décision importante qui ne se prend pas sur un coup de tête, Mme Thyssen a indiqué "avoir mis les choses à plat ces dernières semaines". Elle a rappelé s'être "beaucoup investie ces deux dernières années", y mettant toute son énergie.

Laissant "beaucoup de forces" dans cet engagement qui s'est conclu par une défaite aux élections, elle préfère "laisser le flambeau à quelqu'un qui pourra se donner à 100%".

Marianne Thyssen devrait renoncer à son siège au Sénat et rester à Strasbourg. C'est le sénateur sortant Dirk Claes qui la remplacera dans la Haute assemblée

La démission de Mme Thyssen intervient après une défaite électorale historique pour son parti. Pour la première fois, le CD&V se retrouve en-dessous des 20%. Et un tel événement s'est produit sous la houlette de Marianne Thyssen qui s'était profilée comme candidate premier ministre. Mme Thyssen était tête de liste au Sénat. Le premier ministre sortant Yves Leterme s'était replié sur ses terres. Il tirait la liste en Flandre occidentale.

Marianne Thyssen était arrivée à la présidence du CD&V le 15 mai 2008, en remplacement de Jo Vandeurzen, devenu ministre de la Justice. Elle sera
donc restée un peu plus d'un an à la tête du parti.

Leterme "co-responsable de la débâcle du 13 juin"

Plusieurs personnalités du CD&V sont venus appuyer Marianne Thyssen à leur arrivée au bureau de parti. "Marianne Thyssen n'a pas mérité cela", commentait-on.

Le député flamand Eric Van Rompuy a pointé le premier ministre sortant Yves Leterme comme coresponsable de la débâcle du 13 juin. Le frère du président du Conseil européen a souligné qu'à ses yeux la présidente du parti avait fait ce qu'il fallait. "La démission de Marianne Thyssen est injuste. Elle était notre figure de proue mais la défaite électorale relève d'une responsabilité collective. Un premier ministre qui perd les élections est coresponsable", a-t-il dit. Et le fait qu'Yves Leterme a réalisé un bon score en Flandre occidentale n'enlève rien à sa coresponsabilité, a encore jugé Eric Van Rompuy.

Le député européen Ivo Belet et le député flamand Johan Sauwens sont également d'avis que Marianne Thyssen n'a rien à se reprocher. Elle a "dirigé le parti dans des circonstances très difficiles", a indiqué Ivo Belet.

Quant à l'avenir, Eric Van Rompuy a souligné que les statuts du parti devaient être respectés. Cela implique l'organisation d'élections pour la présidence. En attendant, c'est le sénateur Wouter Beke, vice-président, qui reprend en mains les rênes du parti.

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