Des élections internes au MR ?

Le président du FDF, Olivier Maingain, et le député François-Xavier De Donnea, considérés comme proches de Didier Reynders, estiment qu'il ne faut pas précipiter une élection présidentielle au MR. Mais d'autres libéraux veulent accélérer les choses.

Dans des entretiens avec Le Soir et La Libre, tant Maingain que De Donnea rappellent la situation fédérale et le risque d'élections anticipées. Si le cas se produisait, le MR ne pourrait gérér de front une campagne électorale et le renouvellement de son président. "Cela n'est pas possible. A mon sens, il faudra alors que Didier Reynders mène ce combat électoral-là et puis se retire. Ce n'est pas une catastrophe. En revanche, si la négociation se poursuit avec les sept, nous devons tout mettre en oeuvre pour organiser des élections présidentielles au MR. Nous aurons le temps d'organiser cela au mois de janvier", a expliqué M. de Donnea. Selon lui, un nouveau président devra en revanche mener la campagne pour les communales de 2012. Le député n'est pas opposé à plusieurs candidatures. "Le pire serait de pousser des candidatures en essayant d'imposer un candidat du consensus mou", a-t-il ajouté. Tout en se montrant prudent, il juge que Charles Michel est "l'un des candidats auxquels il faut songer".

Il convient d'attendre l'an prochain, dit pour sa part Olivier Maingain. "On n'est plus dans une configuration où Didier est appelé à rester encore six ou huit mois à la présidence, c'est une question de semaines, au plus de deux ou trois mois", a-t-il précisé.

Il y aura avant la fin de la semaine une réunion du "bureau exécutif" du MR afin de mener une réflexion sérieuse et approfondie sur l'organisation des élections à la présidence du parti. Il semble que chacun veut une discussion sereine et espère une élection qui ne verra pas le parti se déchirer. Pour cela, et c'est sans doute là le plus grand problème, il faudrait un consensus autour d'une personnalité, ce qui n'est pas le cas pour le moment.

La succession de Didier Reynders a été remise à l'ordre du jour, lundi, par une série de personnalités du parti dont Willy Borsus, Charles Michel, Louis Michel, Gérard Deprez et Richard Miller, jugeant qu'il y avait une "fenêtre d'opportunité" et que le parti devait "se remettre en ordre de marche".

Un accord prévoit que les élections à la présidence seront organisées lorsqu'un nouveau gouvernement fédéral sera en place. Toutefois, les négociations s'éternisent et le MR en est jusqu'à présent tout à fait exclu. Certains dès lors s'impatientent.

Après s'être déchiré sur la place publique lors de la rébellion de ceux qu'on a appelé le groupe Renaissance, le MR est revenu à une certaine sérénité. La principale préoccupation est maintenant, souligne un éminent membre du groupe Renaissance, de voir comment éviter que l'élection ne divise le parti. Et, c'est bien là le grand problème. "Aucune personnalité ne s'impose de façon indiscutable pour la succession de Didier Reynders", ajoute-t-il. Or, pour beaucoup, aller à des élections avec deux candidats ou plus serait suicidaire.

Dans le camp de ceux qui préféreraient encore attendre pour organiser des élections à la présidence, on fait remarquer que "c'est un peu facile de dire qu'on veut une élection mais de ne pas présenter de candidat". Le "bureau exécutif" devrait se pencher avant la fin de la semaine sur la question. Il s'agit d'une instance très réduite. Le parti voudrait en effet éviter les fuites.

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