Des missions pleines de magie (parfois noire)

La princesse Astrid et le ministre Didier Reynders. ©BELGA

La face cachée des missions économiques princières.

En apparence, les missions économiques "princières" dégoulinent de congratulations, sourires radieux, poignées de main diplomatiques. La Belgique est à la fête hors de son territoire. Tout le monde est heureux. C’est d’ailleurs le message qu’a voulu livrer la Princesse Astrid lors du débriefing à la presse à Vancouver. Elle y a parlé de la "magie" qui opérait. Elle s’est dite de plus en plus enthousiaste à chaque nouvel épisode. Diplomatie oblige, elle a tenté d’éviter de tomber dans le piège du favoritisme lorsqu’on lui a demandé quelle entreprise l’avait le plus marquée (elle a cité trois secteurs, subtilement issus des trois régions du pays).

Grincements de dents, quand, en milieu de semaine, la mission se scinde.

Mais voilà, cela, c’est la partie visible de l’iceberg. Sous la glace scintillante, il y a le noir de l’abîme. Les coups de pub (coup bas?), comme la Bruxelloise Cécile Jodogne qui annonce la "scission" des fonds audiovisuels wallons et bruxellois en début de mission, alors que Jean-Claude Marcourt comptait le faire à la fin. "Simple" secrétaire d’Etat face au puissant ministre wallon, il faut bien jouer des coudes pour exister…

Sourires gênés de la Princesse Astrid, aussi, quand on lui demande innocemment entre deux portes si, vu son enthousiasme pour les missions, elle n’aimerait pas en faire davantage. Sa réponse fuse: "ça, ça relève du politique", nous dit-elle. Didier Reynders, qui ne lâche pas d’une semelle la Princesse, vole à son secours tel un preux chevalier: "Il n’y a plus que deux missions économiques princières, mais il y a aussi deux visites d’Etat!", précise le ministre des Affaires étrangères. Et si Jean-Claude Marcourt (qui plaidait dans nos colonnes pour passer à 3 missions) n’est pas d’accord, tant pis pour lui.

Et enfin, grincement de dents dans les couloirs des hôtels, quand, en milieu de semaine, la mission se scinde. La princesse et Didier Reynders partent à Calgary, au cœur des ressources énergétiques du Canada. Mais les Wallons et les Bruxellois, qui traînent dans leur sillage toutes les pépites du secteur audiovisuel, les secteurs biotech et agroalimentaire, Calgary, ça ne les intéresse pas. En fait, ça intéresse surtout… la très puissante (et flamande) Exmar. La preuve en chiffres: 75 participants à Toronto, contre 67 à Vancouver et… 7 à Calgary. Et donc, chacun prend un avion différent. Pour les Wallons, "the place to be", c’est Toronto. Certains Bruxellois les envient. Mais eux, c’est à Seattle qu’ils sont partis. Sans toujours très bien savoir pourquoi…

Une mission "très flamande", concluront certains. Mais après tout, seul le résultat compte: 600 rendez-vous B2B (pour les Wallons), 6 contrats ou accords signés. C’est bon, on peut rentrer.

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