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Des nominations politiques teintées de vert

Une fois formé, le gouvernement De Croo s'est trouvé face à une bonne septantaine de mandats, et non des moindres, à pourvoir dans les entreprises publiques. ©Photo News

Un an après la formation de la Vivaldi, les rapports de force ont changé dans les entreprises publiques. Les Verts ont fait leur entrée dans les conseils, et la N-VA y a perdu du terrain.

L'énorme chantier des nominations politiques a été un long feuilleton pour la coalition Vivaldi. Et les derniers épisodes sont encore à venir, avec la désignation officielle des présidents de Skeyes et de Brussels Airport.

Suite à la chute du gouvernement Michel, en décembre 2018, l’exécutif en affaires courantes conduit par Sophie Wilmès avait mis le dossier au frigo. Résultat: le gouvernement De Croo s’est retrouvé face à une bonne septantaine de mandats, et non des moindres, à pourvoir dans les entreprises publiques.

"C'est un des dossiers les plus ardus pour un gouvernement. Les présidents de partis y sont extrêmement attentifs."
Pascal Delwit
Professeur de sciences politiques à l’ULB

Avec sept partis au gouvernement, dont les écologistes absents pendant 17 ans du pouvoir au Fédéral, c’était loin d’être simple. Le nombre de mandats détenus par la N-VA ou le cdH venus à échéance était insuffisant pour s’épargner une large redistribution des cartes. Une redistribution qui devait non seulement tenir compte des nouveaux rapports de force après le scrutin de mai 2019, mais aussi, des équilibres linguistiques ou des quotas de femmes.

"Une voie d'influence au quotidien"

"Cela peut paraître paradoxal, mais c’est un des dossiers les plus ardus pour un gouvernement, souligne Pascal Delwit, professeur de sciences politiques à l’ULB. Parce que c’est une voie de surveillance et d’accès à l’information, mais aussi, une voie d’influence au quotidien: les présidents de partis y sont extrêmement attentifs. Sans compter que cela permet aussi de gérer les carrières d’un personnel politique qu’on estime qualifié ou de proches que l’on veut récompenser."

12
mandats
Le grand gagnant de cette redistribution des cartes est le groupe Ecolo-Groen, qui n’avait aucun mandat, et en détient désormais 12.

Cela a pris quelques mois et une négociation au finish en kern, mais le 12 mars, la Vivaldi se répartissait les postes de présidents et de CEO des principales entreprises publiques. En parallèle, la fameuse clé D’Hondt était utilisée pour se partager les mandats de "simples" administrateurs.

L’arrivée des Verts

Un survol des conseils d’administration des principales entreprises publiques montre, sans surprise, que le grand gagnant de cette redistribution des cartes est le groupe Ecolo-Groen, qui n’avait aucun mandat, et en détient désormais 12 – dont celui de président de la SCNB, précédemment aux mains du MR.

Ce choix des écologistes est loin d’être anodin, quand on se souvient des tensions qui ont opposé, après quelques semaines, la CEO de l’entreprise et son nouveau ministre de tutelle, l’Ecolo Georges Gilkinet. "Les partis établissent leurs priorités en fonction des secteurs, des entreprises et des compétences des personnes qu’ils souhaitent nommer. Cela fait l’objet d’arbitrages et d’une logique d’échanges", décode Pascal Delwit.

"Je n’ai pas senti de velléités de la Vivaldi de pratiquer différemment que par le passé, même si Ecolo-Groen participent au gouvernement."
Pascal Delwit
Professeur de sciences politiques à l’ULB

Pas de cadeaux à l'opposition

Au sortir de l’exercice, Vooruit et, surtout, l’Open Vld voient leur poids renforcé, tandis que PS, MR et CD&V cèdent un peu de terrain. Une situation qui devrait toutefois être corrigée dans les mois et années à venir, à mesure que les mandats encore détenus par le cdH et la N-VA – dont le nombre a fondu - viennent à échéance. Car la Vivaldi a choisi de ne pas faire de cadeaux aux partis désormais dans l’opposition.

Elle n'a pas non plus rompu avec l'habitude de désigner majoritairement des personnes au parcours très politique, malgré toutes ses déclarations sur la bonne gouvernance. "Je n’ai pas senti de velléités de la Vivaldi de pratiquer différemment que par le passé, même si Ecolo-Groen participent au gouvernement, confirme Pascal Delwit. Au contraire, c’est justement pour eux l’opportunité de compter du personnel politique dans les entreprises publiques, et d’avoir accès à une information qui leur échappait."

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