Des plans B pour le stade national suspendus à une demande de permis

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What’s next? Maintenant que l’UEFA a décidé de se passer de Bruxelles pour l’Euro 2020, les spéculations quant à l’avenir du projet de stade national risquent de prendre un nouveau tournant.

"Cette décision est une première épée de Damoclès tombée sur le projet Ghelamco, la seconde pourrait être un refus du permis de bâtir de la part des autorités flamandes", résume Fabian Maingain (DéFI) depuis les bancs de l’opposition à la Ville de Bruxelles. C’est en effet cette décision qui déterminera la suite de la saga du stade.

Tirages de maillots en Flandre

Ce permis demandé par le promoteur doit être délivré par la ministre flamande Joke Schauvliege (CD&V). Le précieux feu vert est attendu pour le mois de janvier mais il est l’objet de tensions politiques liées à des intérêts économiques divergents en Flandre. Le projet de Ghelamco, par son ampleur (il est assorti d’espaces de bureau, de commerces et d’horeca, etc.) se heurte frontalement à Uplace, un centre commercial projeté du côté de Machelen, à proximité du viaduc de Vilvorde. Un projet qui peine par ailleurs à obtenir toutes ses autorisations. Ces deux investissements concurrents sont portés par deux poids lourds du business en Flandre. Dans un coin du ring, Paul Gheysens, patron de Ghelamco, rêvant de reproduire à Bruxelles ce qu’il a fait à Gand (la Gent Arena). De l’autre, Bart Verhaeghe, patron d’Uplace, président du Club de Bruges, et accessoirement vice-président de l’Union belge.

le résumé

La délivrance, ou non, d’un permis au projet Ghelamco est la prochaine étape clé de la saga du stade national.

L’incertitude relance l’idée d’un projet déplacé en dehors du plateau du Heysel.

Le stade Roi Baudouin risque de ne pas survivre au désamour de la Ville de Bruxelles.

Ce dernier voit d’un très mauvais œil la construction d’un stade devant héberger le Sporting d’Anderlecht à quelques kilomètres de son complexe commercial en devenir. Depuis son arrivée à l’Union belge de football, il est largement soupçonné de freiner du mieux qu’il peut le projet de stade national décroché par son concurrent après appel à candidatures. Avec l’appui de la N-VA? Depuis le rachat de l’Antwerp (avant le club d’Anderlecht, lire ci-contre), Paul Gheysens pourrait faire pencher le parti de Bart De Wever de son côté au sein du gouvernement flamand en vue d’obtenir son précieux permis.

Voilà pour la donne flamande. Cela posé, restent deux possibilités. Un, le permis est accordé et permet à Ghelamco de poursuivre son projet. La procédure, toutefois, peut encore durer. Rien ne dit en effet que ce permis ne fera pas l’objet de recours. Et à moins d’un an des élections communales, l’impact d’une telle construction sur son environnement direct pourrait encore jouer contre le projet. Ne l’oublions pas, il y a des habitants à Grimbergen et les inquiétudes flamandes quant aux conséquences du projet de stade, en termes de nuisances et de mobilité, ne viennent pas de nulle part.

Par ailleurs, au sein de la Ville de Bruxelles, on confirme que l’organisation de l’Euro 2020 était une des pierres angulaires du bail emphytéotique qui met le parking C, propriété communale, à disposition de Ghelamco. La décision de l’UEFA affaiblirait-elle ce bail? Oui, dit-on à la Ville sans autres explications. "Ce bail est surtout dépendant de la volonté des deux parties", rectifie un autre son de cloche. À confirmer donc.

Schaerbeek Formation et ex-siège de l’Otan

Deuxième possibilité, le gouvernement flamand refuse son permis à Ghelamco. Là, on pénètre un peu plus dans l’inconnu. On peut imaginer que Ghelamco revoie sa copie pour rencontrer les demandes flamandes et relance le projet sur le parking C. Mais ce nouveau camouflet pourrait aussi remettre tout à plat et conduire le petit monde du football et celui des autorités publiques à se rabattre sur d’autres sites pour construire un nouveau stade. Les yeux se tournent alors vers le site SNCB de Schaerbeek Formation, pourtant écarté en 2013 en raison de frais liés à la dépollution des sols. Déjà évoqué par le passé, le site de l’ancien siège de l’Otan, a Evere, pourrait également reprendre des couleurs.

Quoiqu’elle en dise, la Ville de Bruxelles préférerait passer le stade Roi Baudouin au bulldozer.

Last but not least, un échec du projet Ghelamco pourrait conduire à la reconversion du stade Roi Baudouin. Une option soutenue par l’opposition DéFI et Ecolo à la Ville et qui permettrait, espèrent certains, de faire perdurer le caractère multifonctionnel du Baudoin. En ligne de mire, le Mémorial Van Damme pour lequel une solution de rechange est toujours à trouver.

Le hic? Quoiqu’elle en dise, la Ville de Bruxelles préférerait passer le stade Roi Baudoin au bulldozer afin de valoriser le foncier qui serait ainsi libéré. Pour y maintenir de l’athlétisme mais aussi pour y construire du logement et une école selon les dernières nouvelles. À ce stade, rien n’est encore fixé. Même si le projet de réaménagement global du plateau du Heysel lancé en 2006 est a priori indépendant de la présence ou non d’un stade, les autorités communales craignent une interférence entre les activités d’une telle enceinte sportive sur les multiples nouvelles affectations développées au Heysel.

Par ailleurs, qui pour payer le stade Roi Baudouin? Les pouvoirs publics qui se sont désengagés du financement du projet Ghelamco en le proclamant haut et fort? Cette fascinante série belge est loin d’être terminée.

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