portrait

Deux anciens de Verhofstadt chez De Croo

Peter Moors et Ruben Lecok, deux cabinettards très expérimentés, rejoignent l’équipe du nouveau Premier ministre.

"La dream team est de retour." C’est ainsi que certains observateurs ont salué ce lundi le retour au 16 rue de la Loi de deux fidèles de la maison libérale, Peter Moors et Ruben Lecok. Ils vont intégrer le cabinet du Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld).

Le premier est un diplomate de carrière et venait d’être nommé à la tête du SPF Affaires étrangères. Le second a été débauché du secteur privé où il venait de commencer chez Egon Zehnder, une société de chasseurs de têtes. Tous deux ont gagné leurs galons au service de Guy Verhofstadt, lorsqu’il était Premier ministre (1999-2008).

Peter Moors est un diplomate chevronné. ©Photo News

"Monsieur Europe" à Laeken

Peter Moors, 59 ans, s’occupera des dossiers d’Affaires étrangères et de Sécurité chez De Croo. Licencié en philologie germanique (KU Leuven) et diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, ce natif de Nieuport était le "monsieur Europe" de Guy Verhofstadt. Il était une des chevilles ouvrières de la présidence belge de l’Union européenne qui s’était clôturée en décembre 2001 avec la fameuse Déclaration de Laeken, censée déboucher sur une Constitution européenne.

Moors était une des chevilles ouvrières de la présidence belge de l'UE en 2001.

En dépit du devoir de réserve que s’imposent les diplomates, Peter Moors a relaté son expérience à la tête de la cellule diplomatique de Guy Verhofstadt dans un livre, "Mister nice Guy", qui fit grand bruit (lire encadré).

Après avoir été durant trois ans ambassadeur de Belgique à Athènes, Moors a pris en 2007 la direction de la Coopération au développement avant d’être nommé en 2014 chef de cabinet d’Alexander De Croo, alors vice-Premier.

Après la chute du gouvernement Michel, il a réussi l’examen pour diriger le SPF Affaires étrangères. On est en affaires courantes, mais qu’à cela ne tienne: Moors a été nommé à la tête de la diplomatie pour remplacer Bruno Van der Pluym, qui devait d’urgence reprendre l’ambassade belge à Londres, un poste clé en cette période de Brexit.

Aujourd'hui, il revient au Seize, à la case départ en quelque sorte.

Trop d’immobilisme

Ruben Lecok est plus jeune (40 ans) mais pas moins expérimenté. Il peut se prévaloir d’une expérience de 15 ans au sein des cabinets libéraux, dont 8 ans en tant que chef de cabinet du vice-Premier ministre Alexander De Croo. Originaire du Limbourg, il a fait ses premières armes en politique chez la ministre Fientje Moerman, dont la cheffe de cabinet n’était autre que Gwendolyn Rutten. Il a ensuite posé ses valises dans plusieurs cabinets bleus (Verhofstadt, Dewael, Van Quickenborne, De Gucht, Vanhengel).

Lors de la crise de 2010-2011, Ruben Lecok est parti se ressourcer à la Banque nationale.

Ruben Lecok est allergique à l’immobilisme politique. Lors de la crise de 2010-2011 (les fameux 541 jours sans gouvernement), il est parti se ressourcer à la Banque nationale. Alexander De Croo est allé le rechercher pour lui confier le service d’études du parti. Il a travaillé à la sixième réforme de l’État et a réintégré les cabinets libéraux sous les gouvernements Di Rupo et Michel.

Désabusé par la chute de la suédoise (lire encadré), il s’est laissé tenter par la proposition de rejoindre Egon Zehnder. Mais pas pour longtemps, puisque le voilà de nouveau rattrapé par le virus de la politique.

L'international délaissé

Voici un mois seulement, Peter Moors s’inquiétait dans une interview à l’hebdomadaire Knack du manque d’attention de notre classe politique pour la politique internationale. "Plus la politique étrangère s’invite dans les conversations, moins elle semble intéresser la rue de la Loi."

Une erreur monumentale

La chute de la suédoise a laissé à Ruben Lecok un goût amer: "J’ai apprécié le travail réalisé pendant quatre ans avec les collègues de la N-VA, mais faire tomber un gouvernement pour un pacte onusien est une erreur d’appréciation monumentale", lâchait-il auprès de nos confrères du Tijd en mars dernier.

"Sommet des pralines"

Dans son livre "Mister nice Guy" (éd. Van Halewyck, 2009), Peter Moors explique comment Guy Verhofstadt s’est aliéné le soutien de Tony Blair pour la présidence de la Commission européenne en conviant en avril 2003 à Bruxelles le "sommet des pralines", une réunion des quatre pays européens opposés à la guerre en Irak (France, Allemagne, Belgique et Luxembourg).

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