Deux préformateurs faute d'accord sur le "16"

©Photo News

Egbert Lachaert, président de l'Open Vld, poursuit sa mission royale. Désormais en tandem avec Conner Rousseau, président du sp.a. La négociation démarre sans le cdH, exclu du jeu malgré la demande du CD&V.

Egbert Lachaert peut mettre une nouvelle plume à son chapeau, il passe l'épreuve de ce rapport intermédiaire au Roi. La dynamique Vivaldi, enclenchée par l'ouverture du CD&V à une majorité fédérale sans la N-VA, permet au président de l'Open Vld de continuer à former le gouvernement. Vendredi, le Palais l'a nommé préformateur avec le président du sp.a, Conner Rousseau. "Nous avons fait une percée", a dit Lachaert à la sortie du Palais. "Nous ne sommes pas encore au moment où le gouvernement est installé. Mais sept partis veulent ensemble travailler à un gouvernement de plein exercice et qui a le soutien d'une majorité à la Chambre, comme me l'a demandé le Palais." Il s'agit des partis libéraux, socialistes, écologistes et du CD&V. Total: 87 sièges à la Chambre (qui en compte 150).

C'est le premier enseignement de cette séquence: l'aventure se poursuit sans le cdH. Son association avait été souhaitée et demandée cette semaine par le CD&V, soucieux de renforcer son influence grâce au parti francophone qui lui est historiquement le plus proche. Cette demande n'a pas résisté à une série de considérations objectives. Le cdH n'était pas nécessaire, et son apport (5 députés) fragilisait la position des partis moyens de la coalition.

En outre, il renforçait son aile francophone, ce qui n'arrangeait pas les autres partis néerlandophones qui doivent déjà faire avaler leur minorisation dans le groupe néerlandophone de la Chambre. Cette dernière est déjà un bâton que la N-VA utilise contre la Vivaldi. "Aucun des trois partis francophones que j'ai questionnés de manière claire et sans ambiguïté ne nous offre la garantie de pouvoir participer au gouvernement. Ils ne souhaitent pas nous faire monter sur le terrain", a indiqué le président du cdH Maxime Prévot vendredi.

La question du "16" reste à trancher

Deuxième enseignement: Lachaert et Rousseau ne sont que préformateurs. Raison: les sept partis ne sont toujours pas d'accord pour lancer une personnalité comme formateur, titre qui mène directement au 16 rue de la Loi. Jeudi, le plan était de lancer un duo Magnette/De Croo, mais d'aucuns estimaient qu'il fallait deux présidents de parti. La formule est passée à un tandem Lachaert/Magnette, mais seul un des deux hommes pouvant prétendre au poste de Premier, l'idée a déplu côté libéral. Le compromis fut tout trouvé avec Lachaert et Rousseau, qui sont tous deux présidents de parti et ne prétendent pas au "16". On notera qu'il s'agit de deux Flamands, ce qui n'est pas dans les usages en Belgique.

Selon certaines sources MR, le président Georges-Louis Bouchez s'est opposé à la désignation de Paul Magnette. Le libéral montois jouant la carte Wilmès, candidate Première naturelle à ses yeux. "Comme ce gouvernement comprend plus de partis de gauche, il est légitime que la famille libérale prenne le 16", glisse un bleu.

"Un consensus pour remettre Sophie Wilmès au '16' ne verra jamais le jour."
Une source

"Un consensus autour de Sophie Wilmès ne verra jamais le jour", constate toutefois un francophone qui signale des critiques au CD&V et à l'Open Vld quant à la gestion actuelle du gouvernement. On parle d'un baroud d'honneur de Georges-Louis Bouchez. Si le Premier devait être francophone, Paul Magnette prendrait ses responsabilités en tant que leader de la première famille politique du gouvernement, assure le PS. Mais la question semble toujours se jouer surtout entre Open Vld et CD&V. Selon certains échos, les démocrates chrétiens ne sont pas tous unis derrière la personnalité de Koen Geens, actuel vice-Premier.

Pour beaucoup, le règlement de cette question du "16" sera déterminante dans la suite de la négociation. "Une fois que ce sera fait, tout pourra aller vite", dit un négociateur, alors que cela fait plus d'un an que les discussions vont bon train. Un autre insiste sur les obstacles qui restent à franchir, quand il s'agira pour les sept partis de s'entendre sur le fond. Les conditions de sortie du nucléaire en 2025 sont citées comme "non tranchées". Par contre, sur l'IVG, un accord est intervenu, assure le CD&V. Il est axé sur une évaluation scientifique de la réforme qui ne doit intervenir qu'en cas d'accord des sept partis. Les questions institutionnelles promettent, elles, de beaux débats.

Réforme du marché du travail

"On peut réfléchir sur la manière dont la démocratie est organisée et sur la structure du pays. On doit avoir une structure étatique plus efficace", a indiqué Egbert Lachaert. La Vivaldi travaillera sur "une sécurité sociale et un système de soins de santé forts. Des investissements supplémentaires seront demandés". Les partis de la "Vivaldi" plaident pour "une économie et un marché du travail performants". Le préformateur cite un objectif: passer à un taux d'emploi de 70% à 80% d'ici 2030. Egbert Lachaert évoque aussi une "politique climatique ambitieuse", une "fiscalité plus transparente, efficace et honnête" et "des investissements supplémentaires dans la justice et la police", le tout en respectant une "trajectoire budgétaire crédible". Prochain rapport au Roi le 11 septembre au plus tard.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés