Reynders candidat belge "très heureux" pour la Commission européenne, "inacceptable" pour la N-VA

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Didier Reynders a été choisi par le Premier ministre Charles Michel pour occuper le poste de commissaire européen pour la Belgique.

Le gouvernement fédéral en affaires courantes a finalement fixé son choix de candidat belge à la Commission européenne: il s'agit du MR Didier Reynders. C'est ce qu'a communiqué samedi soir le porte-parole du Premier ministre démissionnaire Charles Michel (MR), lui-même désigné récemment président du Conseil européen.

Jusqu'à aujourd'hui, deux noms circulaient principalement: celui de l'ex-vice-Premier ministre CD&V, Kris Peeters, et celui du vice-Premier ministre MR, tous deux membres de la coalition gouvernementale sortante.

"Cette désignation comme candidat belge au poste de commissaire européen s'inscrit dans le concept d'affaires courantes au motif de son impérieuse nécessité pour les intérêts de l'état et de l'urgence de la matière".

Le PS avait cette semaine laissé entendre de son côté également pouvoir prétendre au poste, le nom de Laurette Onkelinx s'ajoutant alors également aux spéculations. Du côté des humanistes (cdH), on avait annoncé vendredi vouloir passer par une commission parlementaire, pour entre autres débattre d'une "vision", d'un "projet" à défendre au niveau européen, via la personne du futur commissaire encore à déterminer.

Ecolo avait également émis le souhait d'un débat parlementaire, mais le gouvernement sortant ne l'a pas entendu de cette oreille. "Il revient au Gouvernement fédéral de décider de cette candidature", tranche la communication du Premier ministre. "Il apparaît que cette désignation comme candidat belge au poste de commissaire européen s'inscrit dans le concept d'affaires courantes au motif de son impérieuse nécessité pour les intérêts de l'état et de l'urgence de la matière".

"Très heureux"

Le vice-Premier ministre MR du gouvernement en affaires courantes s'est dit "très heureux" de sa désignation. "Je suis bien sûr très heureux de la confiance que mes collègues m'ont témoignée et aussi de voir le nombre de réactions positives qui me parviennent depuis l'annonce", a-t-il indiqué, tout en adressant un "aucun commentaire" à une question au sujet de la réaction de la N-VA.

Dans un communiqué transmis rapidement par le chef de groupe N-VA à la Chambre Peter De Roover, le parti nationaliste flamand (ex-partenaire des libéraux au gouvernement fédéral) a en effet, dès samedi soir, taxé d'"inacceptable" le choix de Didier Reynders comme candidat du pays à la Commission.

"Nous serons bientôt confrontés au Brexit, il est donc d'importance capitale d'avoir un Flamand aux tables européennes."
Peter De Roover
Chef de groupe N-VA à la Chambre

S'il était relativement attendu que le poste soit cette fois confié à un francophone, après les mandats de commissaire européen de Marianne Thyssen et Karel De Gucht, la N-VA souligne malgré tout: "après la présidence du Conseil européen pour Charles Michel, c'est de nouveau une fonction du top qui va à un politique francophone". "Nous serons bientôt confrontés au Brexit, il est donc d'importance capitale d'avoir un Flamand aux tables européennes", développe Peter De Roover. "L'impact économique du Brexit sera en effet bien plus important en Flandre qu'en Wallonie".

La N-VA estime que Reynders est le fait d'un gouvernement "sans légitimité démocratique" qui aurait omis de passer par une concertation avec le parlement. Ce que, côté francophone, Olivier Maingain a également immédiatement dénoncé sur Twitter.

 

Le président du PS Elio Di Rupo s'est lui aussi exprimé sur Twitter, espérant "qu’un débat public approfondi pourra se tenir au Parlement fédéral".

Pas encore de fumée blanche au Fédéral

Didier Reynders, actuellement "informateur royal" en vue de la formation d'un nouveau gouvernement fédéral à la suite des élections de mai dernier, obtiendrait donc un poste européen, après avoir vu la Croate Marija Pejcinovic Buric préférée pour celui de secrétaire général du Conseil de l'Europe, qu'il visait. "A ce stade, il n'y a pas de processus de formation, ni de préformation de gouvernement fédéral démarré en Belgique", rappelle ce samedi soir le porte-parole du Premier ministre.

"A ce stade, il n'y a pas de processus de formation, ni de préformation de gouvernement fédéral démarré en Belgique."

Un choix belge de commissaire europén était souhaitée "pour le lundi 26 août 2019", précise-t-il. "Les candidats auront ensuite des interviews avec la présidente élue. La Belgique devrait être auditionnée ce lundi 26 aout dans l'après-midi. Ensuite le Conseil de l'Union européenne adoptera la liste des personnalités proposées comme membres de la Commission. Le Parlement européen validera ensuite (septembre-octobre) les candidatures et procédera à des auditions".

Refusant de pointer un portefeuille particulier au sein de la Commission qui aurait ses préférences, Didier Reynders a souligné samedi l'importance qu'il y avait de respecter le timing européen: "la Belgique participe dès le départ", se félicite-t-il. "Cela permet de démarrer tout de suite le débat sur les compétences, en même temps que les candidats des autres Etats membres".

Quant à son rôle d'informateur royal aux côtés de Johan Vande Lanotte, confié dans la foulée des élections de mai dernier: "Je continue à travailler", indique-t-il, "et on verra bien dans les prochains mois comment cela s'organise".

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