Didier Reynders et Yvan Mayeur en lune de miel à Séoul

©Nicolas Vadot

Deux fortes têtes en campagne pour promouvoir Bruxelles/Touche pas à mes certificats!/ Met vriendelijke groeten/Quand ABBA inspire plusieurs de nos entreprises/Un geste salarial considérable, oui mais…./

Ce sont deux fortes têtes bruxelloises qui convolent aujourd’hui pour le bien de Bruxelles: le chef de file des libéraux dans la capitale Didier Reynders et le bourgmestre de la Ville Yvan Mayeur.

Reynders, qui dispose de la tutelle sur la tirelire Beliris au Fédéral, a en effet invité Mayeur à le rejoindre et à prendre part à la prochaine grande mission économique belge en Corée du Sud en juin prochain. "C’est une première!", se félicite d’ailleurs un Yvan Mayeur ravi. L’occasion de pouvoir claironner aux touristes asiatiques qui ont quelque peu déserté la place bruxelloise depuis le 22 mars que Bruxelles est une destination à ne pas manquer lorsqu’ils visitent l’Europe et de, pourquoi pas, conclure des accords avec Séoul comme la ville en a conclus avec Pékin et Shanghaï.

Mayeur – il l’a déjà dit – considère que "son" piétonnier est un réel atout dans la reconquête touristique; il n’est pas loin d’avoir convaincu Reynders qui veut l’aider grâce à des aménagements du piétonnier financés par Beliris. C’est donc un allié de poids pour Mayeur qui est loin d’être en odeur de sainteté chez ses propres camarades socialistes. Dans l’entourage de Didier Reynders, on vante le dynamisme du bourgmestre de Bruxelles. "Si seulement la Région bruxelloise était aussi active", y entend-on… Reynders, futur ministre-président bruxellois? Ce ne serait pas la première fois que son nom serait cité pour la fonction…

"C’est une première!"
yvan mayeur ravi d’être invité par didier reynders pour une mission à séoul

Assemblée générale et gros chahut.

Dans notre édition de mardi, nous annoncions comment le régulateur wallon de l’énergie entend faire payer les propriétaires de panneaux photovoltaïques pour leur utilisation réelle du réseau. Le régulateur a adopté un projet de méthodologie tarifaire, soumise pour l’instant à consultation.

Pas de quoi réjouir les propriétaires de panneaux qui s’étaient réunis voici quelques jours encore. Car qui peut se permettre d’organiser une assemblée générale à laquelle participent près de 3.000 personnes dans le grand hall du Wex à Marche-en-Famenne? Réponse: l’ASBL TPCV, pour "Touche pas à mes certificats verts", 18.000 ménages affiliés, soit, dit-elle, une force de frappe de 40 à 50.000 personnes. Des ménages qui ont la conviction d’avoir été floués par le gouvernement wallon auquel ils reprochent d’avoir porté plusieurs coups de canif dans le contrat qui les liait. Que s’est-il passé? Le pénultième gouvernement wallon avait encouragé les ménages à s’équiper en panneaux photovoltaïques, primes et avantages à l’appui, notamment la possibilité de revendre sur le réseau l’électricité produite par ces panneaux: c’est le fameux compteur "qui tourne à l’envers". Le précédent gouvernement wallon a fait marche arrière, l’actuel aussi, ce qui provoque l’ire de L’ASBL et de ses membres. Ire qu’ils ont exprimée en tapant du pied et en huant les participants au débat organisé dans le cadre de leur assemblée. Philippe Henry, député wallon et sénateur communautaire Ecolo, ne s’y attendait visiblement pas: "Si vous ne me laissez pas parler…" Chaque fois, la salle hurlait: "Hou, hou.." Philippe Henry: "Nous ne voulons pas que ce soit tous les Wallons qui paient les panneaux photovoltaïques qu’une minorité a fait installer." La salle, deux fois plus fort: "Hou, hou…" Entre parenthèses, c’est aussi la position de Paul Magnette, le ministre-président wallon. Jean-Luc Crucke, député wallon MR, a dit exactement l’inverse: "Un gouvernement doit être à même d’assumer les engagements pris par ses prédécesseurs, c’est une question de sécurité juridique." Une position, a encore dit Jean-Luc Crucke, que "nous adopterons si l’électeur nous porte au pouvoir lors des prochaines élections régionales". Rendez-vous en 2019. D’ici là, il y aura encore deux assemblées, donc deux gros chahuts de TPCV.

In het Nederlands.

D’abord, ce n’est pas revendicatif. Ensuite, ce n’est pas de la mauvaise foi et enfin, nous n’en faisons pas une généralité (et accessoirement, ce n’est pas de la jalousie par rapport à nos confrères du nord du pays). Mais tout de même… Ces dernières semaines, nous avons plusieurs fois constaté – assez pour que cela nous irrite un peu – que pour obtenir dans les temps des réponses à nos questions auprès de certaines administrations publiques ou de grosses entreprises actives sur le territoire national, nous devions nous contenter de réponses en néerlandais. Plus précisément, pour respecter notre deadline, les informations nous sont envoyées en néerlandais. Si nous les voulons en français, c’est possible, mais ce sera pour plus tard. "C’est OK pour vous?". Bah oui. Entre des réponses en néerlandais à temps et des réponses en français hors délais, on a tendance à prendre la première option. Et puis c’est une question d’amour-propre! Même si, comme à la fin du montage d’un meuble Ikea, il vous reste toujours une pièce dont vous n’avez pas compris l’utilité: on a compris l’idée, mais pourquoi tant de prépositions à la fin de cette phrase et trois verbes à l’infinitif à la suite? S’il vous plaît, ne nous compliquez pas trop la vie… Met vriendelijke groeten!

Le BA-ba d’ABBA…

On annonce la dissolution d’ABBA. La mesure a été officialisée le 20 mars dernier… Les amateurs de musique pop suédoise savent pourtant pertinemment que le groupe s’était désintégré dès 1982, avec une brève re-formation sans lendemain en 1986. Explication de ce casse-tête: la décision d’il y a trois semaines concerne une entreprise de plâtrerie de Seneffe, dont le tribunal de commerce a prononcé la dissolution. Contrairement au groupe suédois, la dénomination de la SPRL n’était pas un acronyme composé des initiales des fondateurs. Elle reste en réalité un mystère pour nous.

À propos, en consultant les bases de données, nous avons appris non sans étonnement qu’il y avait pas moins de six entreprises différentes qui portent le nom d’ABBA en Belgique. Nous en sommes restés babas…

Luc Partoune gagne à peine moins que le patron des Aéroports de Paris.

En abaissant sa rémunération de 424.000 euros à environ 300.000 euros, Luc Partoune, directeur général de Liege Airport, la société gestionnaire de l’aéroport wallon, estime avoir consenti un geste considérable au regard de l’ampleur de la réduction. Mais l’intéressé refuse toujours tout avenant à son contrat de travail pour couler son nouveau salaire dans un texte. On peut se demander pourquoi. Selon des observateurs, le refus du directeur général de Liege Airport cache en fait son opposition à se voir appliquer le décret wallon de novembre 2016 qui limite le salaire des dirigeants des entreprises wallonnes à capitaux publics à un maximum de 245.000 euros indexés. Comparé à son homologue de Brussels South Charleroi Airport (BSCA) Jean-Jacques Cloquet dont le salaire affiche environ 220.000 euros sur le tableau de bord, Luc Partoune était donc bien loti. Ses défenseurs relèvent à sa décharge que la Région wallonne est actionnaire de BSCA à 50,21% (via la Sowaer) contre 24,1% dans Liege Airport. Mais toujours est-il que la Région wallonne accorde à Liège Airport des subsides pour quelque 26 millions d’euros par an pour les fonctions régaliennes (sécurité, sûreté). Le salaire de Luc Partoune interpelle encore plus, quand on le compare à celui du patron des Aéroports de Paris dont la filiale ADP Management est actionnaire de Liege Airport (25%). Le patron d’ADP toucherait une rémunération de 450.000 euros mais l’activité et le bilan du groupe français sont beaucoup plus importants que ceux de Liege Airport.

Par précaution, le comité de direction de Liege Airport a demandé une analyse juridique sur la situation de Luc Partoune pour voir si son engagement oral est suffisant sans modification de son contrat. Car plusieurs questions se posent: quelle sera son indemnité en cas de départ (le salaire payé par engagement oral ou celui du contrat non modifié?), base juridique de la relation de travail entre Liege Airport et son directeur général, etc.

Un compte qui n’est pas bon…

Les Amis du Policier Prévoyant n’ont pas de chance. Non pas parce que l’assemblée générale de cette ASBL a voté sa mise en liquidation, mais parce que la ou les petites mains qui ont rédigé l’acte publié au Moniteur étaient apparemment brouillées avec l’orthographe. Selon elles, l’ASBL avait son siège au Rond Poind de la Bosse, à Braine Le Compte… Heureusement, plus bas dans la publication, ces erreurs ont été corrigées: "rond-point", "Comte"… N’empêche, en lisant cette adresse, on a senti poindre une sourde inquiétude: et si le ou les rédacteurs avaient eu leur compte? On se demande aussi ce qu’ils auraient commis comme faute s’ils avaient dû écrire une des précédentes adresses de l’association: celle-ci a créché auparavant rue Baron, puis drève du Duc. Baron, Comte, Duc, il y a là comme une noblesse toponymique qui, pourtant, mériterait le plus grand respect, non?

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