"Diminuer la dette reste la priorité"

Koen Geens à côté de l'administrateur général de l'Agence de la Dette, pour la présentation du rapport 2013 de celle-ci. ©BELGA

On ne sait jamais, le pays a déjà connu un vide politique de 541 jours... Par prudence, l'Agence de la dette a accéléré ses procédures de financement pour parer à une éventuelle nouvelle grosse crise politique, qui pèserait sans doute sur la confiance des investisseurs à l'égard de la dette belge. 24 milliards d'euros ont déjà été récoltés, sur un total prévu de 35 milliards d'euros pour cette année.

L'Agence de la dette a déjà réalisé au terme du premier semestre les deux tiers de l'objectif de financement pour l'année 2014 face à l'incertitude des résultats des élections et la possibilité d'une crise politique qui s'ensuivrait, a laissé entendre jeudi le patron de l'administration Marc Monbaliu. L'Agence a réalisé quelque 24 milliards d'euros de financement de la dette à la date du 23 juin sur un total prévu de 35 milliards d'euros.

"Le plan de financement est accompli à 68%", selon l'administrateur général Marc Monbaliu qui présentait jeudi à la presse le rapport annuel de l'Agence. "C'est plus rapide qu'à l'accoutumée, ce qui s'explique par l'année électorale. Nous ne connaissions pas à l'avance le résultat des élections et cela nous permet de nous préserver d'une tension sur les taux", a-t-il expliqué.

Il a ainsi été question jeudi du spread, la différence entre le taux bele et le taux allemand, qui était très élevé en 2011 au plus fort de la crise politique historique. Mais le ministre des Finances Koen Geens et le patron de l'Agence ont assuré qu'ils n'entendaient pas par là envoyer un avertissement aux actuels négociateurs.

Les responsables ont souligné le chemin parcouru et la meilleure tenue financière de la Belgique aujourd'hui en dépit du fait qu'avec 101,2% du PIB le pays reste situé au-dessus de la barre symbolique des 100% de taux d'endettement.

→ Parmi les bonnes nouvelles: alors que la dette est restée stable en Belgique l'année dernière, le taux d'endettement a augmenté dans bon nombre de pays de la zone euro, dépassant les 90%. D'autres indicateurs sont encourageants, selon le rapport. Le taux moyen de financement de la dette est passé de 3,49 à 3,37% alors que le risque de refinancement et le risque de refixation de taux a baissé "fortement" pour atteindre le niveau d'avant la crise. Et l'Agence de la dette parvient à opérer à long terme ce qui témoigne de la confiance accrue des investisseurs.

"Mais cette situation ne doit pas cacher la réalité: l'endettement de la Belgique reste trop élevé, a souligné le ministre des Finances sortant Koen Geens.

Le ministre a ajouté à cet égard que l'actuel gouvernement continuait à suivre de près la situation budgétaire en 2014 mais se trouvait en principe dans l'impossibilité de réaliser de nouveaux efforts pendant la période des affaires courantes. Or, l'Europe invite à terme à ramener le taux d'endettement à 60%, selon un rythme de 2% par an.

Fin de l'année dernière la dette atteignait 371 milliards d'euros ou 101,2% du PIB. Mais on peut s'attendre à un gonflement de la dette en septembre lorsque sera définitivement connue la nouvelle méthode de calcul d'Eurostat. "Nous nous attendons à de sérieux changements", a averti Koen Geens.

Selon les nouvelles règles européennes, le calcul du produit national brut devrait évoluer de manière à intégrer une série d'enjeux économiques jusque là non enregistrés, et notamment dans l'économie informelle (prostitution...) mais le périmètre de la dette sera également élargi de telle sorte que la Belgique pourrait par exemple être contrainte d'y inscrire celle des sociétés de logements sociaux.

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