Drame du Heysel, le récit en images

La mauvaise organisation des forces de police est pointée du doigt après le drame. ©Reuters

En marge de la finale de la Coupe d'Europe 1985 entre la Juventus et Liverpool, des accrochages éclatent entre les supporters anglais et italiens. Une bousculade s'en suit, tuant 39 personnes et faisant près de 500 blessés.

Un champs de ruines. C'est tout ce qui reste de la tribune Z ce 29 mai 1985, à 21h40. Sur la pelouse, le match peut enfin commencer entre la Juventus et Liverpool. Le match tant attendu aura bien lieu malgré les morts et les blessés des combats qui viennent de prendre fin.

Deux heures plus tôt, de terribles affrontements ont éclaté entre les supporters anglais et les supporters italiens. Retour sur les images les plus sombres du football européen.

Une ambiance survoltée

17h00. Les portes du Heysel s'ouvrent. 60.000 personnes entrent progressivement dans le stade.

©AFP

Les supporters anglais sont séparés des supporters italiens pour éviter tout incident entre les deux adversaires. C'était sans compter le marché noir. À l'extérieur du stade, des billets sont revendus à prix d'or. Tout le monde veut voir ce match au sommet. Les prix flambent et l'organisation des tribunes est remise en question.

Le stade du Heysel lors de la finale de la Coupe d'Europe entre la Juventus et Liverpool en 1985. ©Wikipédia

Les Anglais se trouvent beaucoup trop près des Italiens. Dans la tribune Z, des supporters neutres et des supporters de la Juventus sont séparés des supporters de Liverpool par une simple barrière. Aucun policier ne pourra empêcher le choc qui va se produire entre les deux blocs. Peu à peu les esprits s'échauffent. Les supporters anglais commencent à lancer des projectiles sur les supporters du bloc Z, qui reculent. La police tarde à calmer les esprits puis assiste, impuissante, à la bousculade.

L'attaque

19h25. Des supporters du bloc X parviennent à passer la frontière qui les séparait des Italiens et surgissent dans la tribune Z. C'est l'émeute. Une bousculade s'en suit. Les Italiens tentent de s'enfuir en escaladant les grillages ou le muret en béton qui ferme la tribune.

[INFOGRAPHIE] Il y a 30 ans, le drame du Heysel #AFP pic.twitter.com/pwrtcxSOpv— AFP Sports (@AFPSport) 29 Mai 2015

Des spectateurs tombent et sont écrasés sous les pieds de leurs compatriotes ou contre le mur d'enceinte. D'autres essaient tant bien que mal de fuir.

Les supporters de la Juventus mourront étouffés sous poids de leurs compatriotes, écrasés au sol ou contre ce mur de béton qui finira par céder. ©CAMERA PRESS

Sous le poids des centaines de spectateurs entassés, le mur de béton finit par céder. Mais il est déjà trop tard. Des corps inertes jonchent la tribune. Les blessés sont peu à peu évacués vers les différents hôpitaux de la ville. Les services de secours sont dépassés par les évènements. Les barrières Nadar servent même de civières pour évacuer les victimes sous les yeux des télespectateurs.

 

Le match

Après avoir évacué les dernières victimes, les autorités décident de jouer le match coûte que coûte afin "d'apaiser les esprits" et d'éviter d'autres débordements.

 

Score final: 1-0 pour la Juventus grâce à un pénalty controversé de Michel Platini. Mais ce n'est pas ce résultat qui attire l'attention des médias du monde entier, mais les 39 morts et les 500 blessés, tombés lors d'un match de foot.

En 1988, 14 supporters anglais sont condamnés à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis. La justice sanctionne aussi Johan Mahieu, capitaine de gendarmerie et Albert Roossens, l'ex-secrétaire général de l'Union belge de football.

30 ans après, le drame du Heysel marque toujours durablement les esprits. Au début des années 1990, les infrastructures sont rénovées et l'arène est renommée "Stade Roi Baudouin". La lutte contre les hooligans a aussi été renforcée.

La sécurité dans les stades de football en Belgique

©mediafin

En D1 belge, on peut observer une diminution sensible des incidents dans les stades de football. Si la moyenne par match semble élevée, c’est aussi parce que les moyens de récolte de preuves ont augmenté et ont facilité l’accès à ces informations, précise la Cellule Foot du SPF Intérieur. Il s’agit, dans la majorité des cas, d’incidents "mineurs" et isolés dans les stades (escalades des clôtures, jets de gobelets de bière, violence verbale,…). Le nombre d’incidents avec violence a également diminué lors de la saison 2013-2014. Dans l’image ci-dessus, vous reconnaîtrez l’incident le plus spectaculaire connu cette année dans notre pays: le "tifo" où les supporters du Standard décapitaient l’Anderlechtois Steven Defour.

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