Publicité

Ecolo déplore "une course à la surenchère" sur les pensions

Marie-Colline Leroy (Ecolo), présidente de la commission des Affaires sociales, réclame un débat serein sur la réforme des pensions. ©BELGA

Ecolo n'est pas favorable à l'idée de conditionner l'accès à la pension minimum à 20 ans de travail effectif et une carrière de 30 ans. Il dénonce aussi une course à la surenchère.

La tension monte dans les états-majors des partis de la Vivaldi à l'approche de la rentrée. La proposition de la ministre Karine Lalieux (PS) sur la réforme des pensions n'a pas encore été dévoilée, mais les libéraux flamands et francophones, tout comme le CD&V, ont déjà fixé leurs lignes rouges. Dans leur viseur: l'accès à la pension minimum qu'ils souhaitent conditionner à 20 ans de travail effectif.

"J'ai l'impression de voir des matadors qui se chauffent dans une corrida."
Marie-Colline Leroy
Présidente de la commission des Affaires sociales

Mettre un terme à la surenchère

Ces sorties, qualifiées de provocation par le PS, n'amusent pas non plus les écologistes, qui dénoncent une course à la surenchère. "Depuis quelques jours, j'ai l'impression de voir des matadors qui se chauffent dans une corrida", assène Marie-Colline Leroy, présidente de la commission des Affaires sociales.

D'accord, mais sur le fond? "Dire qu'il faudra vingt ans de travail effectif pour accéder à la pension minimum, cela va beaucoup trop loin. Ces partis sont en train de mettre en exergue un élément d'une réforme beaucoup plus large, ce qui est tout à fait prématuré et crée des craintes chez les travailleurs et les travailleuses", poursuit l'écologiste.

Égalité entre hommes et femmes

Marie-Colline Leroy avoue, de surcroît, ne pas bien comprendre la logique derrière cette proposition: "Que fera-t-on avec ceux qui n'ont pas une carrière décente? Ils rebasculeront simplement sur des systèmes de type Grapa (garantie de revenus aux personnes âgées, NDLR), alors que ceux-ci servent déjà majoritairement à des femmes aujourd'hui", lâche-t-elle.

"Le gouvernement précédent s'est pris les pieds dans le tapis sur la pénibilité en faisant de ce dossier un marchandage sur la place publique!"
Marie-Colline Leroy

À l'entendre, une telle approche serait clairement incompatible avec certaines balises fixées dans l'accord de gouvernement, en particulier celle qui veut que la réforme permette de se rapprocher de l'égalité entre hommes et femmes, notamment en matière de pensions.

Métiers lourds

Et la nécessité de rouvrir le débat sur la pénibilité des métiers que d'aucuns évoquent, qu'en pense-t-on chez Ecolo? "Le gouvernement précédent s'est pris les pieds dans le tapis sur la pénibilité en faisant de ce dossier un marchandage sur la place publique! Il ne faut pas reproduire cela", insiste-t-elle.

Pour autant, Marie-Colline Leroy admet que la question devra probablement revenir sur la table. "Ne pas évoquer la pénibilité des carrières, c'est quelque chose qui nous semble compliqué. On verra selon quelle méthodologie on l'abordera, mais il faut absolument que le débat soit constructif et mené dans la sérénité", conclut-elle.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés