analyse

Ecolo et Groen ont-ils réussi leur pari sur le nucléaire?

La présidente de Groen Meyrem Almaci et le coprésident d'Ecolo Jean-Marc Nollet. ©BELGA

Les écologistes ont poussé pour le maintien de la fin du nucléaire en 2025. Si une porte de sortie a été prévue dans l'accord de gouvernement, leur espoir était que le groupe Engie Electrabel la ferme lui-même. Le scénario semble se confirmer.

C’est un épisode important qui s’est joué ce mardi dans l’interminable saga de la sortie du nucléaire belge. On n’en est pas encore à l’épilogue, mais quelque chose a clairement bougé du côté d’Engie Electrabel.

En interne, le patron de la division nucléaire, Thierry Saegeman, a indiqué mardi à ses équipes que la "position très ferme du gouvernement (nous) oblige à préparer un changement de cap" et à se concentrer désormais "sur l’arrêt et le démantèlement complet de (nos) sept unités". "Nous accélérons les préparatifs d’une sortie complète du nucléaire en 2025", insiste encore le haut responsable dans son message vidéo interne.

Coup de sonde d'Electrabel

Ces dernières semaines, Electrabel a passé du temps dans les bureaux de ténors de la Vivaldi, notamment chez le Premier ministre Alexander De Croo et la ministre de l’Energie, l’écologiste flamande Tinne Van der Straeten, encore le week-end dernier. Le groupe a vraisemblablement voulu vérifier de la sorte si tout le monde était bien aligné derrière l’accord de gouvernement.

"Nous devons constater que le gouvernement actuel a clairement l’intention de mettre en œuvre l’accord."
Electrabel dans un message interne

La réponse est oui. "Nous devons constater que le gouvernement actuel a clairement l’intention de mettre en œuvre l’accord", situe le directeur général de la division nucléaire d’Engie Electrabel.

Les partenaires de la Vivaldi sont donc restés sur ce qu’ils ont négocié lors de la formation du gouvernement et n’ont pas dévié de ce que dit le chapitre nucléaire de leur accord. Un chapitre formulé plus précisément que la plupart des autres, soit dit en passant.

Porte de sortie

Pour rappel, l’accord de gouvernement "reconfirme résolument la sortie du nucléaire" et que "le calendrier légal de sortie du nucléaire (NDLR, soit 2025) sera respecté, comme prévu". L’accord prévoit aussi que la décision finale soit prise en novembre 2021, après étude des capacités alternatives apportées par les producteurs, capacités que l’autorité soutiendra par le biais de subsides (le fameux CRM). S’il apparaît alors que la sécurité d’approvisionnement à un prix raisonnable ne peut être garantie, alors le calendrier pourrait être tout de même revu, et deux réacteurs être prolongés.

Cette fois, Electrabel semble avoir choisi son cap.

Une porte de sortie existait donc, mais il semble bien qu’Engie ne l’envisage plus aujourd’hui. "Nous devrions investir des dizaines de millions d’euros rien qu’en 2021, sans aucune vue sur le retour sur investissement", dit la vidéo interne, ajoutant que cela coûterait aussi "trop de main d’œuvre".

Entre les Verts et De Croo

C’était le pari des écologistes, qui ont porté ce point de l’accord de la Vivaldi, négocié par Tinne Van der Straeten et Jean-Marc Nollet en direct avec Alexander De Croo: qu’Electrabel finisse par choisir l’alternative au nucléaire. Ils auront sans doute apprécié la dernière phrase de la communication faite vers l'extérieur par Engie Electrabel ce mercredi, où le groupe  "confirme préparer des projets de centrales gaz afin de participer au système d’enchères à l’automne prochain."

Notons toutefois que, dans cette communication du lendemain, Electrabel indique "travailler sur les deux options de fermeture et de prolongation".

L’affaire est-elle entendue? Après vingt ans de péripéties en tout genre au sujet de la sortie du nucléaire (votée en 2003), on ne jure plus de rien. Mais cette fois, Electrabel semble avoir choisi son cap.

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