Ecolo veut 40% de femmes dans les conseils d'administration

La Secrétaire d'État à l'Égalité des genres, Sarah Schlitz (Ecolo), tend vers "un travail en profondeur des projets [du plan de relance belge] en y insérant la question de l’égalité homme-femme".

La secrétaire d'État à l'Égalité des genres Sarah Schlitz entend relever le quota actuel dans les sociétés cotées.

Le plan de relance sera passé au crible d'une analyse genrée systématique. C'est un des acquis que revendique Sarah Schlitz (Ecolo), secrétaire d'État à l'Égalité des genres. L'Echo l'a rencontrée pour faire le point sur cet aspect du projet gouvernemental.

La Liégeoise annonce "un travail en profondeur des projets en y insérant la question de l’égalité homme-femme". "Évidemment, certains projets ont plus de potentiels", poursuit-elle. "Beaucoup de projets touchent les métiers de la construction et de la mobilité, qui restent malheureusement plutôt masculins. Les métiers de la digitalisation deviennent de plus en plus masculins également. Nous devons être attentifs à ce que les femmes ne ratent pas cette opportunité."

"Le pays que nous allons construire après la crise doit être moins inégalitaire."
Sarah Schlitz
Secrétaire d'État à l'Égalité des genres.

Outre ce screening, Sarah Schlitz espère obtenir de l'Europe une enveloppe de 3 millions d'euros (sur les 6 milliards destinés à la Belgique) qui visera essentiellement à favoriser l'entrée des femmes sur le marché de l'emploi. "Cet enjeu est éminemment lié à la relance", défend-elle. Le règlement du plan de relance européen demande d'ailleurs aux États membres de porter une attention particulière à celui-ci. L’objectif, c’est que le pays qu’on va construire après la crise soit moins inégalitaire."

Augmenter le taux d'emploi

Ses constats sont connus: "Les femmes sont moins présentes sur le marché de l’emploi pour diverses raisons: les stéréotypes de genres, les réalités historiques, les phénomènes de cooptation, la répartition des tâches ménagères". Et Sarah Schiltz d'ajouter: "certaines catégories de femmes, notamment les femmes d’origine immigrée, sont davantage éloignées du marché de l’emploi. Ce sont les publics sur lesquels nous souhaitons travailler."

"Certaines catégories de femmes, notamment les femmes d’origine immigrée, sont davantage éloignées du marché de l’emploi. Ce sont les publics sur lesquels nous souhaitons travailler."

Cette politique d'inscrit dans l'objectif gouvernemental d'atteindre un taux d’emploi de 80%. Pour y arriver "on ne peut pas travailler sur tous les publics de la même manière", estime Sarah Schlitz. "Avec le public masculin éduqué qui a déjà un fort taux d’insertion, on obtiendrait quelques dixièmes de pourcents, alors que si on travaille sur les gens qui sont fort éloignés de l’emploi, le résultat sera plus significatif. Il était essentiel que le plan de relance ait une vision genrée."

Sensibiliser et accompagner

La façon dont ces trois millions seront dépensés est encore en phase d'affinage, précise Sarah Schlitz. "On part sur un outil en ligne de formation, d'information et de partage des bonnes pratiques à destination des femmes dans une situation de vulnérabilité et des employeurs." Outre la sensibilisation des entreprises, le gouvernement entend mener des projets d'accompagnement très concrets. "Cela passera aussi par l’entreprenariat féminin", précise la secrétaire d'État.

Mais la sensibilisation et l'accompagnement ne suffiront pas, assure-t-elle en enchaînant sur les objectifs hors relance du gouvernement De Croo. "Ce n’est pas avec une brochure qu’on va y arriver, plaisante-t-elle. À côté du congé de paternité allongé à 20 jours, elle avance un recalibrage des tests de sélection et un travail sur la composition des jurys dans la fonction publique.

Révision de la loi quota

Sarah Schlitz prévoit aussi la révision de la loi quota qui prévoit un tiers minimum du genre le moins représenté dans les CA des entreprises publiques autonomes et des entreprises cotées en bourse en Belgique. "31% de ces entreprises ne respectent pas ce quota, il faut évaluer la loi et faire en sorte qu’elle soit plus contraignante. On pourrait monter à un minimum de 40% de femmes dans les CA, ajoute l'écologiste. "Une directive européenne qui va dans ce sens est en cours d'élaboration. Si l’Union avance, cela nous aidera. Les comités de direction restent un gros problème. Pour deux tiers d'entre eux, on trouve zéro femme ou une femme, ce qui est très peu (rires)".

"Nous voudrions également collecter des données anonymisées pour mieux étudier la réalité de l’écart salarial et établir un plan d’action contraignant."

La loi quota ne prévoit qu'une suspension de certains avantages financiers pour les entreprises en infraction. La prochaine loi prévoira des sanctions plus fortes. Idem pour l'écart salarial. Dans ce domaine, "la loi ne va pas assez loin non plus". En cas d'écart identifié, l'entreprise doit présenter un plan d'action dans les deux ans, mais sa concrétisation n'est pas vraiment contrôlée, déplore Sarah Schlitz. Elle promet un régime de sanctions plus dur à l'horizon 2024.

"Une directive européenne soutient notre volonté d’aller plus loin sur la transparence des salaires, ajoute-t-elle. Les pays nordiques organisent cette transparence par niveaux de postes, cela joue sur les négociations salariales. Nous voudrions également collecter des données anonymisées pour mieux étudier la réalité de l’écart salarial et établir un plan d’action contraignant."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés