analyse

Egbert Lachaert a une semaine pour convaincre le CD&V

Rapprocher les vues des libéraux et des socialistes et rallier les chrétiens démocrates flamands à ce projet: Egbert Lachaert a sept jours pour réussir ce défi. ©Photo News

Egbert Lachaert s'est rendu chez le Roi ce vendredi matin pour faire rapport sur sa mission. Il a reçu une semaine de plus pour concilier les vues des libéraux et des socialistes ainsi que pour rallier le CD&V, toujours réticent à lâcher la N-VA.

Egbert Lachaert avait rendez-vous chez le Roi ce vendredi matin pour faire rapport de ses dix jours de travail, lors desquels il devait "prendre les initiatives nécessaires permettant la mise en place d'un gouvernement qui s'appuie sur une large majorité au Parlement".

"Monsieur Lachaert a fait un rapport intermédiaire au Roi faisant état de pourparlers constructifs en vue de la formation d’un gouvernement majoritaire."
Le Palais

D'après le Palais, Egbert Lachaert a fait état "de pourparlers constructifs en vue de la formation d’un gouvernement majoritaire." Constructifs, donc encourageants: le Roi a demandé de creuser la voie déjà débroussaillée en prolongeant la mission. Prochain rapport attendu au plus tard le 4 septembre.

Dans le cadre de ce mandat, le président de l'Open Vld a déjà préparé une note de base de 62 pages qu'il va envoyer aux "quatre familles politiques concernées". Il ne les a pas citées mais jeudi, on avait appris qu'il travaillait à la constitution d'une Vivaldi rassemblant les libéraux (Open Vld et MR), les socialistes (PS et sp.a), les écologistes (Ecolo et Groen) et les chrétiens-démocrates flamands du CD&V. Sans la N-VA, donc. Sans les deux premiers partis du nord, en fait, ce qui implique que cette construction serait minoritaire dans les rangs flamands (comme l'était la suédoise dans les rangs francophones).

Son ambition est de "mettre le pays en ordre dans la perspective de 2030", soit la durée de deux législatures. Lachaert a insisté sur la nécessité d'un "budget durable". Il veut "convaincre les partis de franchir le pas et de s'asseoir ensemble à une table".

7 jours pour convaincre le CD&V

Actuellement, il faut surtout savoir si le CD&V pourrait accepter d'aller au feu sans la N-VA. Jusqu'à peu de temps, c'était "niet", mais depuis quelques jours, on n'entend plus ce refus ferme. Le parti attend plutôt de voir. Il veut comprendre autour de quelle partition exactement cette Vivaldi pourrait s’articuler.

La première mission du prochain gouvernement, quel qu’il soit, sera de s’atteler à la crise économique. Et rassembler les libéraux et les socialistes autour d’une vision commune n’est jamais facile. Les rouges réclament le relèvement de la pension minimale et un impôt sur les plus-values, ce qui passe mal chez les bleus. Et le chef d'orchestre Lachaert n'a jamais montré d'affinités pour la gauche progressiste. C'est dans ce jeu de quilles que les chrétiens-démocrates vont devoir pousser leurs revendications, pour une régionalisation des soins de santé, notamment.

On se doute que le CD&V voudra lier sa participation à tout gouvernement à une mise au placard, fermé à double tour, du dossier de l’élargissement du droit à l’avortement.

Mais le CD&V veille aussi sur d’autres dossiers. On connaît sa position par rapport à l’IVG et on se doute qu’il voudra lier sa participation à tout gouvernement à une mise au placard, fermé à double tour, du dossier de l’élargissement du droit à l’avortement.

L'affaire Chovanec, un poids pour la N-VA

En écartant lui-même une participation, à ce moment en tous cas, de la N-VA, et sans apparemment vexer celle-ci, le VLD Lachaert pourrait faciliter la décision du CD&V de se détacher de leur partenaire au gouvernement flamand.

Un élément inattendu pourrait encore encourager ce "déscotchage". Les nationalistes flamands sont actuellement pris dans une tourmente avec l'affaire Chovanec. Le ministre-président Jan Jambon avait d'abord dit ne rien savoir, mais plusieurs éléments ont fait apparaître, ces derniers jours, que le cabinet de celui qui était alors ministre de l'Intérieur avait été mis au courant. Il devra s'expliquer, mardi prochain, en commission.

Lachaert a peu de temps pour faire avancer son projet, mais on le dit bon négociateur. Il va essayer de faire passer le débat à une étape supérieure, pour que le Roi puisse désigner un formateur.

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