Elections sociales, top départ

(© Didier Lebrun)

Du 7 au 20 mai, près de 6.500 entreprises organisent l’élection des représentants des travailleurs. Un moment clé dans la concertation sociale et un enjeu essentiel pour les syndicats et les employeurs.

C’est un moment charnière important dans la vie de nombreuses entreprises: les élections sociales débuteront lundi 7 mai. Elles se dérouleront jusqu’au 20 mai prochain. C’est le point d’orgue d’une longue et minutieuse procédure entamée il y a plusieurs mois. Le scrutin a lieu tous les quatre ans dans près de 6.500 entreprises occupant au moins 50 travailleurs.

Environ 1,3 million de salariés (Belges ou étrangers, syndiqués ou non) sont appelés à voter. Sur les listes figurent quelque 130.000 candidats. À lui seul, le syndicat chrétien présente davantage de candidats que tous les partis politiques confondus aux élections communales…

Les enjeux de ces élections sont multiples. Au niveau interne à chaque entreprise, le personnel élit ses représentants au sein de deux organes qui se réunissent en général une fois par mois: le comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT) et le conseil d’entreprise (CE) si la société emploie au moins 100 personnes.

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Qui fait quoi?

Le CPPT s’occupe du bien-être au travail: il est donc compétent, y compris préventivement, pour des questions de sécurité, de santé ou de harcèlement par exemple. Il reçoit aussi une série d’informations économiques et financières dans les entreprises employant entre 50 et 99 travailleurs. Le Conseil d’entreprise a pour mission d’organiser l’information, la consultation et le contrôle des représentants du personnel sur la situation financière de l’entreprise, sur l’emploi, sur les salaires, sur les formations, sur l’organisation du travail, etc. Il joue un rôle clé lors d’une restructuration.

Pour les employeurs, ces élections sont donc tout sauf anodines puisque vont être choisis les interlocuteurs de la direction. La paix sociale ou, à tout le moins, la gestion la moins pénible possible des conflits dépend en partie de cette relation.

L’enjeu est également important pour les syndicats eux-mêmes. Une élection sociale, c’est l’occasion de recruter de nouveaux militants et de faire passer le message syndical auprès de la "base". Les différentes organisations prennent d’ailleurs soin d’organiser une véritable campagne électorale. La CSC, par exemple, débourse globalement 1,9 million d’euros pour cette occasion. Leurs thèmes de prédilection restent proches: défense du pouvoir d’achat, sécurité d’emploi, conciliation travail-vie privée, formation, santé au travail, etc.

Le scrutin est également un bon baromètre du rapport de forces entre syndicats même si la dynamique propre à l’entreprise joue beaucoup (un travailleur choisissant bien souvent un collègue qu’il apprécie, indépendamment de la bannière sous laquelle ce dernier se présente). D’un scrutin à l’autre, les résultats varient peu. 

La FGTB, pas la plus grande en Wallonie

Comme vous le montre l' infographie, en 2008, la CSC (chrétien) a obtenu 53,45% des voix (aux CPPT), contre 36,73% à la FGTB (socialiste) et 9,82% à la CGSLB (libéral). Exprimée en nombre de sièges, la domination de la CSC est même un peu plus nette encore.

Contrairement aux idées reçues, la FGTB n’est pas le plus grand syndicat en Wallonie: la CSC reste première au Sud du pays grâce à son implantation très forte dans certains secteurs sans finalité commerciale (écoles, hôpitaux, non-marchand…). La FGTB arrive bien en tête en Wallonie dans certains bastions industriels (Liège, Charleroi…) comme pour l’ensemble des secteurs à finalité commerciale ainsi, au niveau national, que dans certaines branches d’activité (grands magasins, sidérurgie…). La CGSLB est la mieux implantée à Bruxelles mais reste à bonne distance des deux autres.

Les élections sociales représentent pour les syndicats une autre illustration de leur capacité de mobilisation. C’est pourquoi le taux de participation à ce scrutin où le vote n’est pas obligatoire sera scruté avec attention. Les syndicats entendent bien peser, dans les prochaines semaines, sur les débats gouvernementaux autour d’un "plan de relance" et ils refusent fermement toute remise en cause de l’indexation. Enfin, ils ont déjà en tête les prochaines négociations salariales prévues l’automne prochain au niveau interprofessionnel.

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