Electrochoc, opposition ou...nouvelles élections

Paul Magnette

Paul Magnette "en a marre" du blocage politique. En clamant son ras-le bol, le président du PS a vraisemblablement précipité la fin de mission de l'émissaire royal Koen Geens (CD&V). Alors que le Roi consultera à nouveau les présidents de parti dès lundi, la piste d'élections anticipées ressurgit.

Vendredi soir: Koen Geens se rend au Palais pour remettre sa démission au souverain. Le chrétien-démocrate flamand, qui n'était pas attendu avant lundi, a estimé qu'il était vain de poursuivre sa mission. Les déclarations du chef de file des socialistes semblent bien avoir eu raison de son engagement. Qualifiant les discussions avec la N-VA de "supplice", Magnette avait laissé entendre que son parti annoncerait dès lundi son retrait des négociations. Ce ne sera pas nécessaire: la balle est de retour dans le camp du Roi.

Les sorties de Paul Magnette ont un autre effet: la piste de nouvelles élections ressurgit. Par la voix de son président Bart De Wever, la N-VA d'ailleurs déclaré prendre "acte du diktat du PS qui veut des élections". Le leader du MR, Georges-Louis Bouchez, a lui affiché son opposition à l'organisation d'un nouveau scrutin, tout comme ses homologues cdH, CD&V, Groen et sp.a. A l'Open Vld, parti pivot pour la constitution d'une majorité, on a préféré s'abstenir de commentaires. 

Huile sur le feu

"Ces déclarations des uns et des autres ont davantage pour effet d'ajouter de l'huile sur le feu, que de clarifier le jeu", analyse le politologue Pierre Vercauteren (UCLouvain). D'après lui, les propos de Magnette démontrent que les socialistes n'excluent pas de nouvelles élections, mais aussi qu'ils sont prêts à siéger dans l'opposition. "Une autre hypothèse est celle d'un coup de semonce pour essayer de débloquer les choses."

"Une autre hypothèse est celle d'un coup de semonce pour essayer de débloquer les choses."
Pierre Vercauteren
Politologue UCLouvain

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