Emploi: la Belgique a bien résisté à la crise

La Belgique figure dans le peloton de tête des Etats de l'UE qui ont le mieux résisté à la crise sur le front de l'emploi. La Commission épingle ses bonnes pratiques de "flexicurité".

Publié hier à Bruxelles, le nouveau rapport de la Commission européenne sur l’emploi en Europe étudie précisément l’incidence des mesures en faveur du redressement du marché du travail qui ont été adoptées par les États membres depuis le début de la crise, en 2008.

Et là, bonne nouvelle: la Belgique figure, avec l'Allemagne et l'Autriche, dans le peloton de tête des États membres de l'Union européenne qui ont le mieux résisté à la crise, sur le front de l'emploi. "Les marchés du travail de ces trois pays ont assez bien traversé la période de crise en autorisant des réductions du nombre d'heures prestées par employé ainsi que de volume de PIB par heure prestée", a affirmé jeudi Laszlo Andor, le commissaire européen à l'Emploi, aux Affaires sociales et à l’Inclusion.

Le rapport de la Commission évalue le lien entre le recul de l’emploi total et le recul du Produit intérieur brut (PIB).  On voit que plus le rapport est faible, plus l’emploi "résiste bien" à une contraction du PIB. Dans un second groupe d’États, figurent des pays comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas. En queue de peloton, l'Irlande, le Portugal et l’Espagne, ce dernier pays affichant aussi le taux de chômage le plus élevé de l’Union européenne, à près de 21%. La Belgique, elle,  se situe aux alentours de 8,3% en 2010...  Lors d’une conférence de presse, Laszlo Andor a encore loué la capacité d'anticipation du trio, ainsi que la concertation avec les partenaires sociaux, "bien au fait des mécanismes mis en oeuvre".

Ce rapport annuel, édité depuis 1989, cite les bonnes pratiques de "flexicurité" permettant désormais à ces pays d’être "en première position" en ce qui concerne la reprise de l’emploi. En 2007, la Commission  précisait le concept:  "La flexicurité peut être définie comme une stratégie intégrée visant à améliorer simultanément la flexibilité et la sécurité sur le marché du travail. (...) C'est réussir les changements dans la vie: entre le système éducatif et le monde du travail, entre les emplois, entre le chômage ou l'inactivité et le travail, entre le travail et la retraite. Il s’agit de favoriser la progression des travailleurs vers de meilleurs emplois,  et d’offrir des possibilités de formation pour tous les travailleurs, en particulier les travailleurs peu qualifiés et plus âgés.

Précarité des jeunes

Le rapport de la Commission  analyse aussi les effets de la segmentation du marché du travail entre les contrats classiques protégés et les contrats temporaires, notamment pour les jeunes. Il montre que les jeunes de 15 à 24 ans ont été les principales victimes de la crise.  Mais, dans l’esnemble, les performances de l'Union européenne (UE) sont meilleures que celles des Etats-Unis depuis 2008 sur le front de l'emploi. Le document pointe du doigt le statut précaire des travailleurs à durée déterminée et préconise de multiplier les CDI (contrats à durée indéterminée) en les accompagnant de formation continue. "Les marchés du travail européens sortiront profondément transformés de la crise. C’est la raison pour laquelle les travailleurs et les employeurs doivent être prêts, avec les compétences et les incitations appropriées, à s’adapter à une réalité qui change", a encore déclaré Laszlo Andor.

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