En 10 ans, le nombre de chômeurs bénévoles a augmenté de 70%

Parmi les domaines dans lesquels les chômeurs s’investissent, les activités dans des organisations liées aux sports et aux loisirs arrivent en tête. ©shutterstock

Le volontariat est pratiqué par de plus en plus de chômeurs, particulièrement chez les plus âgés. En effet, en 10 ans, leur nombre a augmenté de 70%, peut-on lire dans une étude réalisée par l’Onem sur le travail bénévole des demandeurs d’emploi.

Le nombre de chômeurs qui ont décidé de profiter de leur période d’inactivité pour se mettre au service des autres (de manière déclarée) reste malgré tout assez limité: le bénévolat ne concerne que 3,4% des chômeurs en 2016, soit 26.832 personnes (contre 15.815 en 2005). "Des chiffres qui contrastent singulièrement avec l’évolution du chômage total, pour lequel, entre 2005 et 2016, nous constatons une diminution de 22%", dit l’Onem.

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On compte autant d’hommes que de femmes bénévoles parmi les demandeurs d’emploi. 69% d’entre eux ont plus de 50 ans, 41% plus de 60 ans. Une surreprésentation de cette catégorie d’âge, signale l’Onem, remarquant que la proportion des plus de 60 ans n’est pas aussi grande parmi les volontaires en général ("25%, selon les données du rapport relatif au volontariat en Belgique", dit l’Onem).

L’analyse montre aussi que la majorité des bénévoles au chômage sont Flamands. Ici aussi, on constate une surreprésentativité comparé à la population globale des chômeurs (48,5% des chômeurs viennent de la région flamande, contre 70,3% des chômeurs bénévoles).

Quel type de volontariat?

Pour qui travaillent ces chômeurs? L’Onem a scruté les domaines d’activité dans lesquels ils s’investissent. En tête viennent les activités dans des organisations touchant aux sports et aux loisirs (clubs sportifs, musées, comités de quartier…). C’est dans cette catégorie qu’on retrouve davantage d’hommes. Les femmes, elles, se tournent plutôt vers le bénévolat touchant aux soins et l’aide aux personnes (CPAS, Ligue des familles...), un type de volontariat qu’elles sont 28% à pratiquer. Viennent ensuite, loin derrière, les bénévoles qui apportent un soutien à leur famille (8%) ou dans l’enseignement (4%).

Reste 30% (majoritairement des jeunes de moins de 30 ans), que l’Onem ne peut catégoriser (on les retrouve dans des structures comme les magasins Oxfam par exemple).

Combien de temps les chômeurs restent-ils bénévoles? En général, le travail bénévole dure – assez logiquement – plus longtemps chez les personnes qui ne sont pas demandeuses d’emploi (25% restent alors bénévoles pendant plus de trois ans). Pour les chômeurs en recherche d’emploi, 27% ont travaillé moins d’un an comme bénévole, 48,3% entre 1 et 2 ans, 10,5% entre 2 et 3 ans.

Aide à retrouver un job?

Et la question à un euro…: le bénévolat contribue-t-il à retrouver un emploi? D’après l’analyse réalisée par l’Onem sur les trajectoires de sortie d’emploi, pas vraiment… "Rien n’indique que le volontariat pendant le chômage favoriserait les pourcentages de sortie", dit l’Onem.

Au niveau politique pourtant, plusieurs voix se sont déjà élevées pour suggérer que l’on incite davantage les chômeurs à faire du bénévolat, à commencer par la cdH Alda Greoli, la ministre wallonne en charge de l’Action sociale, la Santé et la Fonction publique. Au cabinet du ministre fédéral de l’emploi Kris Peeters (CD&V), on insiste aussi sur l’intérêt du volontariat pour les chômeurs, mais surtout dans le sens où il joue un rôle social important. "Le bénévolat est un élément important pour qu’un chômeur reste en contact avec d’autres personnes", dit-on.

L’étude réalisée par l’Onem ne dit pas autre chose. Pour les chômeurs, comme pour les personnes isolées, le volontariat permet de rompre l’isolement social. "Le volontariat peut les aider à combattre le sentiment d’inutilité ou de découragement qu’ils peuvent ressentir durant de longues périodes de chômage. Et cela leur donne la possibilité d’acquérir des compétences utiles, et renforcer leur position sur le marché du travail", dit l’Onem.

Le chômeur, pour pouvoir exercer un travail bénévole, doit néanmoins en faire la déclaration auprès de l’Onem. La Plateforme pour le Volontariat a déjà suggéré de lever cette formalité administrative, estimant qu’elle était un frein. Pour le cabinet Peeters, elle doit être maintenu car elle reste la seule possibilité de contrôler l’activité des chômeurs.

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