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En défense des avocats, le bâtonnier de Bruxelles veut une "chambre du secret"

Le bâtonnier du barreau de Bruxelles, Maurice Krings. ©Maurice Krings

Attaquant l'attitude de deux juges d'instruction qu'il considère "inadmissible", le bâtonnier bruxellois Maurice Krings appelle à la création d'une chambre judiciaire dédiée au secret professionnel.

Ce mercredi, à l'occasion de la journée européenne des avocats, les barreaux francophone et néerlandophone proposent un colloque au Sénat, en présence notamment, du commissaire européen Didier Reynders ou du procureur fédéral Frédéric Van Leeuw, sur le thème de l'indépendance des avocats. C'est cette perche tendue qu'entend saisir le bâtonnier de Bruxelles, Maurice Krings, pour relancer une proposition datant de 2017 et non appliquée: la création d'une "chambre du secret". Portée à l'époque par l'ancien bâtonnier Patrick Henry et son confrère Patrick Hofströssler, cette chambre serait confiée à un "juge du secret", un magistrat indépendant seulement chargé de vérifier si le secret professionnel est invoqué à bon escient par un avocat impliqué dans une procédure pénale.

"Dérives inadmissibles"

"Deux juges d'instruction, un à Liège et un à Bruxelles, inculpent ou traitent des avocats comme suspects dans le but de les faire parler, au mépris du secret professionnel."
Maurice Krings
Bâtonnier du barreau de Bruxelles

L'analyse de Maurice Krings intervient dans le cadre de ce qu'il considère comme des "dérives inadmissibles" de la part de "deux juges d'instruction, un à Liège, un à Bruxelles, qui inculpent ou traitent des avocats comme suspects dans le but de les faire parler, au mépris du secret professionnel", scande le bâtonnier. Me Krings se refuse à donner le nom de ces magistrats instructeurs.

"Il y a des dérives de plus en plus fréquentes et le dommage réputationnel est grave pour les avocats mis en cause. Ces deux juges passent outre le secret professionnel de l'avocat et saisissent des documents couverts par ce secret", insiste Me Krings, pour qui "l'idée de la chambre du secret doit être mise sur la table". À ce titre, il souhaite "sensibiliser le monde politique". Et poursuit: "Les chefs d'entreprises se voient de plus en plus interroger par le parquet et les juges d'instruction dans le cadre d'opérations fiscales ou commerciales. La tentation est forte de saisir des courriers d'avocats chez leurs clients, ce qui équivaut à briser le secret professionnel", pointe le bâtonnier.

250
contrôles antiblanchiment
Le bâtonnier Krings indique que, depuis septembre 2018, 250 contrôles antiblanchiment ont été réalisés au sein de cabinets d'avocats bruxellois.

Quand on lui répond que, dans les affaires récentes où des avocats ou des cabinets ont été inculpés – on pense à l'affaire Nethys où plusieurs avocats ont été entendus en qualité de suspects, ou encore de l'inculpation du cabinet Clifford Chance dans le dossier de la vente d'Anderlecht –, la justice semble avoir de bonnes raisons d'enquêter dans leur direction, Me Krings répond par une question: "Fallait-il que les noms se retrouvent dans la presse?"

En parallèle, le bâtonnier défend son bilan, assurant avoir "nettement augmenté le nombre de contrôles antiblanchiment au sein des cabinets d'avocats bruxellois, au nombre de 250 depuis septembre 2018.

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