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En Wallonie, chaque ministre y va de son plan

500 millions par-ci, 750 millions par-là… Depuis quelques semaines, le gouvernement wallon enchaîne les annonces à coups de centaines de millions d’euros.

Sur le plan de la communication, c’est rondement mené. Jeudi dernier par exemple, Jean-Claude Marcourt est venu présenter à la presse les détails de son plan numérique. Pour faire court, près de 500 millions d’euros puisés dans les fonds européens et les budgets du plan Marshall seront mobilisés tout au long de cette législature pour digitaliser l’administration wallonne ou encore faire éclore des champions mondiaux du numériques du côté des entreprises. "Surtout ne pas rater la révolution numérique", insiste-t-on du côté de l’Elysette, le siège du gouvernement wallon.

Il y a deux semaines, ce même gouvernement PS-cdH attribuait une enveloppe de 750 millions pour les outils financiers dans le cadre de son Plan Marshall 4.0.

Paul Magnette n’est pas encore parvenu à cristalliser le travail de son équipe.

En face, l’opposition libérale fulmine. Elle n’a de cesse de critiquer la méthode du gouvernement. Pour le MR, l’exécutif PS-cdH est un gouvernement "planplan". Un plan par-ci, un plan par-là,... Pour chaque problème, le gouvernement aurait un plan.

La caricature donnée par le MR est poussée à l’excès. C’est le jeu entre majorité-opposition. Il est honnêtement difficile de concevoir une politique autrement qu’à travers une stratégie dont la feuille de route se décline sous la forme d’un plan. Dans le logement, pour les aides aux entreprises, pour le numérique,… Depuis plus d’un an, le gouvernement jette les jalons des nouvelles lignes directrices que doit emprunter la Wallonie. Il est encore trop tôt pour juger les résultats.

Deux choses cependant. Primo, sur la forme. La multiplication des "plans" rend l’exercice inaudible, trop abstrait. Le citoyen a du mal à percevoir les formes concrètes. Sans donner raison à l’opposition libérale, le gouvernement doit revoir la formule. Trop de plans, tuent le plan! Prenons le plan numérique par exemple. Il faut être un initié dans ce dossier pour s’y retrouver entre le rapport du conseil du numérique, Creative Wallonia, Digital Wallonia. Idem pour des mesures plus fondamentales comme le plan Feder ou le plan Marshall. La réussite passe aussi par la mobilisation des citoyens. Or, jusqu’ici, on ne peut pas dire que le gouvernement l’ait beaucoup aidé.

Paul Magnette doit intervenir. Il a un rôle à jouer. Le ministre-président doit mieux endosser le costume du chef d’orchestre. Très fort dans sa communication, Paul Magnette n’est pas encore parvenu à cristalliser le travail de son équipe. On ne trouve pas l’élan! On attend pourtant de lui qu’il joue le rôle de fil rouge, qu’il donne du peps et soit le véritable porte-voix de l’exécutif.

On ne peut certainement pas reprocher à ce gouvernement wallon de ne pas travailler. Mais les faits sont là: la politique wallonne cristallise moins que ce que fait le Fédéral. Le contraste est frappant! Tant par rapport au Fédéral que par rapport au précédent gouvernement wallon PS-cdH-Ecolo qui faisait beaucoup plus parler de lui.

Au premier rang quand il s’agit de taper sur le Fédéral et attaquer le Premier ministre, Paul Magnette est étonnamment plus discret sur la Wallonie. Ses détracteurs diront que c’est parce qu’il est trop occupé à Charleroi.

C’est lié à un autre problème. Si Paul Magnette aime porter haut la parole, il reste moins intéressé par le côté opérationnel des dossiers. Il doit pourtant arriver à mieux porter le message de son gouvernement. Il y va du redressement économique de la Wallonie. D’autant qu’il ne faut pas oublier que l’horloge tourne. Dès 2025, les transferts financiers du nord vers le sud commenceront à diminuer pour disparaître totalement dix ans plus tard. Cette situation crée un sentiment d’urgence.

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