Et si on ouvrait les commerces sur rendez-vous "pour sauver décembre"?

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Les exploitants des commerces non essentiels espèrent pouvoir accueillir des clients sur rendez-vous pour sauver leur fin d'année. Verdict attendu ce vendredi soir.

Les exploitants des commerces non essentiels retiennent leur souffle. Pourront-ils bientôt rouvrir sur rendez-vous? La balle est dans le camp du comité de concertation. Vendredi, celui-ci examinera si un tel assouplissement est envisageable. En cas de décision favorable, il fixera probablement certaines balises.

8%
Des commercants
D'après l'UCM, 8% des commerçants estiment qu'une ouverture sur rendez-vous leur permettrait de sauver les meubles en décembre.

A l'approche du "Codeco", l'Union des Classes Moyennes (UCM) se veut résolument confiante. "Une réouverture sur rendez-vous nous paraît constituer un risque mineur en matière de santé", souligne son porte-parole, Thierry Evens. D'après une récente enquête de l'organisation, 8% des commerçants pensent que cette option leur permettrait de sauver les meubles en décembre. La majorité (52%) y voit une amélioration, mais pas la panacée, tandis que 40% sont plus sceptiques.

Click&Collect insuffisant

A la tête de la boutique liégeoise "L'Atelier de l'ange d'or", Anne-Marie Delvenne , fait clairement partie des enthousiastes. "Dans un commerce de prêt-à-porter comme le mien, le click and collect ne fonctionne pas! Il nous permet à peine de réaliser 5% de nos ventes par rapport à une période normale", souligne-t-elle. "La vente sur rendez-vous par contre, c'est efficace. Je propose des produits de créateurs belges en pièce unique ou série limitée, ce sont clairement des vêtements que mes clientes veulent absolument essayer avant d'acheter", poursuit la commerçante.

"Le click and collect nous permet à peine de réaliser 5% de nos ventes par rapport à une période normale."
Anne-Marie Delvenne
Boutique "L'Atelier de l'ange d'or"

Lara Malherbe, artisan bijoutier en Cité ardente, tient un discours du même acabit: "on n'achète pas une bague ou un collier sans s'assurer que cela convient". Bien qu'elle ait créé un click and collect pendant la crise, la Liégeoise n'en est pas pleinement satisfaite. "Vu l'important travail que cela nécessite en amont, ce n'est pas très rentable. Lors du passage des clients en magasin, c'est nettement mieux, d'où l'intérêt des rendez-vous."

Commerces pas tous adaptés

Attention, si les commerces de vêtements, de chaussures, d'antiquités, d'objets de luxe ou encore de jouets se prêtent bien aux ouvertures sur rendez-vous, cette option ne convient pas à tous. "Pour ceux qui vendent des objets de petite valeur, c'est moins intéressant. Prendre des rendez-vous de 10, 20 ou 30 minutes pour gagner quelques euros, ça ne vaut pas vraiment la peine", observe Thierry Evens. En outre, certains commerçants ne sont pas présents sur le web, ce qui restreint grandement leur capacité à contacter leurs clients, voire à leur proposer des créneaux de visite.

Malgré ces limites, autoriser les ouvertures sur rendez-vous n'en reste pas moins indispensable, martèle l'UCM. "C'est un pis-aller et le minimum nécessaire avant une réouverture complète. Si on attend le 15 décembre pour rouvrir les magasins, comme en France, on s'exposera potentiellement à un rush à l'approche des fêtes. Relâcher un peu la pression dès maintenant ferait donc sens."

"Si on attend le 15 décembre pour rouvrir les magasins, comme en France, on s'exposera potentiellement à un rush à l'approche des fêtes."
Thierry Evens
Porte-parole de l'UCM

Modalités d'ouverture

Si réouverture partielle il y a, celle-ci sera de toute façon assortie de conditions. Outre le port du masque et le respect de la distance de sécurité, une limitation du nombre de personnes en magasin et une durée maximale pour les rendez-vous devraient être fixées. "Dans un tel cas, il serait souhaitable que l'on puisse éventuellement élargir nos horaires d'ouverture, mais aussi travailler les dimanches", estime Anne-Marie Delvenne.

Pour les commerces de mode, des protocoles précis pour l'essayage des vêtements (désinfection...) devraient également être suivis. Un moindre mal, d'après nos interlocuteurs, dont la crainte aujourd'hui est surtout de voir leurs clients passer des frontières pour faire leurs emplettes...

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