chronique

"Et si on rachetait ABInbev?"

Les coulisses de l'actualité de la semaine, de RTL à ABInBev.

"Et si on rachetait AB InBev?"

Conversation de bar… "On a fait un tour d’horizon un vendredi soir en buvant un verre au Truck Bar après le boulot, pour voir si nous étions en position de racheter AB InBev. Nous avons proposé trois chèvres, un toaster et 315 dollars en pièces de cinq cents, mais ce n’était juste pas assez pour les intéresser. Ce qu’on a découvert en revanche était qu’eux étaient très intéressés à l’idée de nous racheter…" Le moins qu’on puisse dire est que le communiqué publié par le brasseur artisanal australien 4 Pines pour annoncer son rachat par le premier brasseur mondial détonne par rapport au style de communication habituel, non seulement dans le secteur mais aussi globalement dans l’univers entrepreneurial où la règle est le bien-pensant et le politiquement correct. Manifestement, Jaron Mitchell, le cofondateur de cette brasserie "craft" créée dix ans plus tôt à l’issue d’une séance de surf, n’en a cure. "Quand AB InBev m’a approché pour la première fois, poursuit-il dans le même communiqué, j’étais sceptique et n’y voyais pas beaucoup plus qu’une opportunité pour grappiller des billets pour un grand match." Et le reste est à l’avenant: dans un dernier chapitre, il passe en revue les principales questions que se poseront ses clients suite au deal, en y répondant par oui ou par non. Exemple: "AB InBev et les gros bonnets de 4 Pines ont réservé une partie de squash et un sauna pour fêter (la transaction): oui." Ou encore: "Certains penseront que nos bières auront désormais un goût différent: oui. Mais en fait non, ce ne sera pas le cas." Joli morceau de prose, qui brise élégamment et avec humour le carcan de la littérature corporate. Peut-être est-ce dû aussi au fait que l’acquéreur est ZX Ventures, la filiale créée par le brasseur belgo-brésilien pour se créer un portefeuille de business novateurs, censés secouer le marché. Secouer les codes et les langages, c’est déjà un bon début, s’pas?

Top chef, version ixelloise

"Le Belge de RTL Group" a ouvert son restaurant à Bruxelles. On vous en avait déjà parlé il y a un an et demi. Cette fois, c’est fait. Guillaume de Posch, le Belge qui codirige RTL Group, maison mère de RTL Belgium, a ouvert son restaurant. "Un investissement privé et patrimonial", nous confiait-il à l’époque. Le Comptoir Rodin a été inauguré le 21 septembre dernier dans le Pavillon Rodin, du nom du bâtiment dans lequel il est situé (le célèbre sculpteur ayant vécu à Ixelles dans les années 1880), au coin de l’avenue éponyme et de l’avenue de la Couronne. Il s’agit d’un des derniers vestiges de l’ancien hôpital d’Ixelles que Guillaume de Posch et son épouse avaient acquis fin 2004 pour un peu plus de 900.000 euros auxquels sont venus s’ajouter environ 400.000 euros pour la remise en état. Le bâtiment est resté dans son jus avec briques apparentes et mobilier au look industriel. De quoi séduire un public bobo/branché. Quant à l’appellation "Comptoir", elle a été retenue car elle colle davantage à l’activité de restauration de jour de l’établissement. Fermé en soirée, celui-ci privilégie les circuits courts en ne faisant appel qu’à des producteurs locaux et belges. Si on en croit les premiers avis émis ici et là sur les réseaux sociaux, le concept semble promis à un bel avenir.

Retiré du programme en dernière minute…

Paul Jorion en est encore tout marri. Le sociologue/économiste avait accepté l’invitation d’être l’un des orateurs d’un important colloque sur les pensions les 24 et 25 octobre à Bruxelles. Recevant le programme complet, il a eu la surprise de voir que son nom était finalement absent de la liste. Fort logiquement, il a donc posé la question de savoir s’il y avait eu une quelconque erreur dans le chef des organisateurs. Nullement. Le Service fédéral des pensions s’est dit désolé qu’il ait appris son éviction de cette manière. Dans l’urgence des changements, on a tout simplement omis de le prévenir. C’est le ministre Bacquelaine (MR) qui, dit-on, a en dernière minute décidé de modifier la liste des intervenants et les sujets abordés lors de la première journée du colloque pour y aborder des thématiques "plus personnelles". Si le 24 octobre est la date choisie pour ce colloque, c’est parce qu’elle coïncide avec la naissance, voici 50 ans, du régime de pension des salariés. Ce "Back to the future" (le nom du colloque) se fera donc sans Paul Jorion. Ne cadrait-il pas (ou plus) avec les thématiques abordées? A-t-on eu peur de ses vues orientées à gauche? Il vient encore de publier un livre intitulé "Vers un nouveau monde", dans une collection pilotée par les Mutualités socialistes Solidaris.

C’est pourtant le même Jorion qui a fait partie du groupe d’experts désigné par le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, pour réfléchir sur l’avenir du secteur financier belge. Et le ministre N-VA n’est pas vraiment réputé pour ses sympathies à gauche de l’échiquier…

Supprimer la taxe de Ferney?

On l’avait déjà dit à l’époque de sa création: la "fairness tax" a quelque chose d’incompréhensible. Présentée comme un impôt minimum sur les entreprises, cette procédure revient en fait à taxer une déduction fiscale (les intérêts notionnels)… Recalée par la Cour européenne de Justice elle-même, cette "taxe d’équité" donne apparemment aussi des boutons aux scribes de notre Parlement fédéral. Lors d’un échange de vues en commission des Finances et du Budget, mardi, entre le député socialiste Ahmed Laaouej et le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA), le malheureux préposé à la prise de note des débats s’est emmêlé les pinceaux quand a été évoquée la fairness tax. Il a compris et écrit "Ferney’s tax" dans le compte rendu intégral publié sur le site de la Chambre. C’est ainsi que durant plusieurs paragraphes, on peut suivre la discussion sur cette mystérieuse taxe de Ferney: "Pouvez-vous nous confirmer que vous avez changé d’avis et que vous n’avez pas comme ambition de supprimer la Ferney’s tax?" demande par exemple Ahmed Laaouej au ministre. On imagine la surprise des membres de la Commission quand on leur aura soumis la version provisoire du compte rendu, pour corrections…

Pour la petite histoire, le "Ferney" le plus connu n’est pas un fiscaliste ni un parlementaire célèbre, mais un village et un château de l’Ain, en France, où Voltaire a séjourné (merci Wikipédia)…

Pierre Marcolini et BHV

©Tim Dirven

BHV, trois lettres qui ont animé des mois durant le monde politique belge… Sauf qu’en dehors de nos frontières, peu de gens font le lien à la lecture dudit acronyme. Il fallait dès lors être un "petit Belge" pour voir une touche d’ironie derrière l’ouverture la semaine dernière à Paris d’un nouveau magasin de Pierre Marcolini, symbole du rayonnement international de la belgitude, au sein de l’emblématique Bazar de l’Hôtel de Ville du Marais, alias… le BHV. Rien de communautaire ici pourtant, si ce n’est que le chocolat belge semble avoir perdu de son lustre hors du plat pays, explique le maître chocolatier en direct de ses plantations de cacao de Ilheu, au Brésil. Pour lui, le secteur n’a pas suivi le changement et les nouveaux standards de consommation, ce qu’il déplore. Un défi à relever à court terme donc pour cette industrie qui nous est chère, mais qui n’empêche pas que le marché français reste d’une importance capitale. D’ailleurs, le célèbre Belge y est parfois considéré comme… Français, ce qui le fait évidemment sourire.

Enfin, coïncidence ultime, lors d’une escapade parisienne, nous avons appris d’une recherche effectuée sur "Jeff de Bruges", fort présent dans la Ville Lumière, que son président fondateur s’appelle… Jambon. Philippe Jambon. Rien à voir donc avec son homonyme du parti flamand bien connu, mais la coïncidence prête à sourire.

Un recrutement qui prend du temps

Qui remplacera Jan Bens à l’AFCN?

Recruter un nouveau directeur général pour l’AFCN, le gendarme de la sûreté nucléaire, cela prend du temps! L’agence se cherche un nouveau patron. Et échaudée par le précédent passage de témoin à sa tête, qui avait nécessité de prolonger le directeur général sortant à trois reprises, elle a cette fois lancé la procédure dès le 1er mars 2017, même s’il est prévu que Jan Bens (photo) reste en place jusque fin avril 2018, date à laquelle il atteindra les 65 ans. Le 30 juin dernier, le conseil d’administration a interviewé les candidats présélectionnés par Korn Ferry, et a fait part au ministre de l’Intérieur de sa nette préférence pour Frank Hardeman, directeur général adjoint du SCK-CEN, le centre d’étude de l’énergie nucléaire basé à Mol. Mais il va falloir atteindre 2018 pour que celui-ci soit officiellement nommé. "Un candidat a été proposé par le conseil d’administration, que nous allons proposer au conseil des ministres. Il faut toutefois au préalable encore adopter un arrêté sur le cadre linguistique de l’agence", indique le cabinet du ministre de l’Intérieur Jan Jambon. L’arrêté qui fixe ce cadre, et qui prévoit une parité entre néerlandophones et francophones, en tenant compte du degré hiérarchique, doit en effet être renouvelé tous les six ans. Jan Bens aurait aimé disposer de quatre mois pour passer le témoin à son successeur. "Il y aura une phase de transition, mais elle sera plus courte que cela", précise le cabinet Jambon.

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