Faire monter Bart De Wever au front, la bonne idée?

Le Roi a entamé une série de consultations après la demande de l'informateur Paul Magnette d'être déchargé de sa mission. Il reçoit notamment Bart De Wever. ©Photo News

Ce mardi, le Roi consulte. Qui pourrait démêler l'écheveau de l'intrigue fédérale? Bart De Wever n'exclut pas d'accepter une telle mission. Mais côté francophone, ça fait peur...

Faire monter Bart De Wever au front, bonne idée ou catastrophe? On attend que le roi Philippe, qui consulte depuis que l'informateur Paul Magnette lui a demandé de pouvoir rendre son tablier, désigne une nouvelle personnalité dans le cadre d'une énième mission qui devrait, un jour, permettre de réelles négociations dans le but de former un gouvernement.  

Le Roi a reçu ce matin le président du CD&V Joachim Coens, puis le président de la N-VA Bart De Wever et ensuite la présidente de Groen Meyrem Almaci. Et cet après-midi, à partir de 15h, il accueillera les représentants d'Ecolo, du cdH, du sp.a et enfin de DéFi.

Après le socialiste francophone, qui pourrait se charger d'avancer un peu plus dans le travail de débroussaillage? Quasiment tout le monde parle d'un "Flamand". Pas que pour l'alternance. Aussi, ou plutôt surtout, parce que ce sont les partis du nord qui rendent le travail compliqué. Et ce n'est pas toujours de leur faute. En effet, le poids des couleurs nationalistes, au sortir des urnes le 26 mai dernier, est tel que peu d'équations sont possibles.

On rappelle qu'en gros les différents émissaires du Roi ont travaillé jusqu'ici à un pacte éventuel entre PS et N-VA, extrêmement difficile à réaliser philosophiquement parlant, et à un arc-en-ciel, qui exigerait que les désormais seconds couteaux que sont devenus l'Open Vld et le CD&V se détachent de la N-VA. Une décision aux implications nombreuses pour eux, difficiles à mesurer et de toute façon à haut risque.

Je n'ai pas entendu que la scission du pays est l'objectif du président de la N-VA pour la législature qui vient...
Joachim Coens
Président du CD&V

"Bart De Wever se dit prêt"

Bref, ça cale en Flandre. Alors qui de mieux qu'un Flamand pour ramener un peu de clarté? Oui mais qui? Le CD&V pense depuis un moment à Bart De Wever. Ce mardi matin encore, le ministre Benjamin Dalle, en charge de Bruxelles, de la Jeunesse et des Médias à la Région flamande, rappelait, sur Bel RTL, que le président des chrétiens-démocrates flamands Joachim Coens (tout comme Koen Geens ou Wouter Beke) verrait bien le président des nationalistes flamands à la tête de la prochaine mission royale. "Bart De Wever se dit prêt, qu'on lui en donne la possibilité." Et son parti n'a pas d'inquiétudes quant aux aspirations profondes des jaune et noir: "Je n'ai pas entendu que la scission du pays est l'objectif du président de la N-VA pour la législature qui vient..." 

Coens lui-même clamait ce mardi, en sortant du palais que la N-VA "doit montrer sa couleur", ajoutant, après les claques verbales assénées à son parti, qu'il "est important que Bart De Wever donne des signaux positifs. Je suis un peu inquiet des signaux négatifs d'hier."

Du côté de l'Open Vld aussi, on a entendu prononcer par l'un ou l'autre (notamment le député Christian Leysen) le nom du leader N-VA pour une mission royale.

Inquiétudes francophones

Côté francophone, on est beaucoup moins chaud. Les arguments du poids électoral et de l'origine du problème s'estompent face au "danger". Ainsi, Jean-Marc Nollet, qui s'exprimait ce mardi matin sur La Première, était d'accord sur l'intérêt de choisir un émissaire venu du Nord. "Le palais serait bien éclairé en désignant un ou deux Flamands", assurait l'Ecolo. Mais pas De Wever, qui, selon lui, amènerait le chaos.

"Son seul objectif, c'est de gagner du temps et de se profiler en campagne électorale. Et ce qu'il veut, c'est diviser le Vld, récupérer des électeurs du Vld." Il reproche à Bart De Wever de se mettre du côté des problèmes et pas des solutions, en plus de ses attaques acerbes à l'égard des différentes parties, francophones, libéraux flamands, etc. "Ses propos sont d'une violence symbolique extrême. Il a claqué la porte et jeté la clef dans la mer du Nord. Et le Vld voudrait trouver la clef..."

D'autres noms?

Si ce n'est De Wever, qui sera-ce?

Koen Geens et sa sagesse reconnue sont souvent cités. Mais le CD&V refuse le poste. La question de savoir "si un (responsable) CD&V doit être envoyé sur le terrain n'est pas à l'ordre du jour", déclarait encore lundi le président Coens. 

Les socialistes et Ecolo pensent plutôt au président de la Chambre, Patrick Dewael (Open Vld), mais son parti, fort secoué en interne, n'est pas motivé pour prendre le lead d'une telle mission.

Rappelons que le roi Philippe a l'habitude de trouver des personnalités qui font relativement consensus...

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