FEB: "Le plus dur est derrière nous"

Rudi Thomaes, administrateur-délégué de la FEB.

L'enquête de conjoncture de la Fédération des entreprises de Belgique montre un regain d'optimisme dans les secteurs. Mais il reste mesuré. Si le point le plus bas a été atteint en terme de rentabilité et d'investissements, le marché du travail continue de souffrir.

"Le plus dur est derrière nous". C'est en ces termes que la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) juge la situation économique actuelle. La nouvelle enquête de conjoncture menée par la fédération patronale montre un regain d'optimisme dans le chef des entrepreneurs belges. En effet, 74% des secteurs estiment que l'activité a progressé au cours des 6 derniers mois.

Tout n'est pas gagné pour autant. A la question de savoir si cette amorce de reprise va perdurer, les secteurs répondent de manière plus mitigée. Globalement, les prévisions mentionnent que la croissance économique au second semestre de 2010 va diminuer quelque peu, sans pour autant être négative. "Il s'agit clairement d'une conséquence du climat économique incertain et fragile au sein duquel les entreprises doivent opérer", souligne la FEB dans un communiqué.

En terme de rentabilité, 84% des secteurs estiment que cette dernière ne s'est pas détériorée sur les 6 derniers mois. Le pire serait donc bel et bien derrière nous, "mais, précise la FEB, les niveaux restent bien en-dessous de ceux d'avant la crise". Pas d'optimisme débridé non plus en la matière concernant le reste de l'année. Une grande majorité des secteurs n'entrevoient pas d'amélioration rapide de leur rentabilité dans les 6 prochains mois.

Côté investissements, il semblerait là aussi que le point le plus bas ait été atteint. La situation ne s'est pas détériorée dans les entreprises depuis le début de 2010, et la moitié des secteurs entrevoit même une amélioration de ce poste d'ici la fin de l'année.

le marché du travail à la traîne

Sur le front de l'emploi, les nouvelles sont néanmoins un peu moins optimistes. C'est assez logique quand on sait que le marché du travail met toujours plus de temps à se redresser en cas de reprise de la croissance. Il faut en général environ 6 mois pour que les effets d'une reprise économique se marquent en terme d'emploi. Par conséquent, 53% des secteurs ont déclaré à la FEB que la situation actuelle continue d'être plus négative que durant les 6 derniers mois de l'année 2009. "Le creux de la vague n'a donc pas encore été atteint, note la FEB, même si des signaux encourageants sont visibles pour le second semestre 2010". En effet, le secteur de l'intérim, qui constitue un indicateur avancé de la situation sur le marché du travail, est optimiste pour les 6 mois à venir.

A plus long terme, la FEB reste malgré tout très prudente. "Il faudra attendre 2012 avant qu'une majorité des secteurs ne renoue avec son niveau d'avant la crise", avance la fédération patronale. Le niveau de l'emploi ne sera retrouvé, si tout va bien, qu'en 2013. D'après l'enquête conjoncturelle, 35% des secteurs considèrent même que ce niveau d'emploi d'avant la crise ne sera plus jamais atteint.

Sur base de cette enquête, la FEB évalue la croissance économique à 1,2% en 2010 et 1,4% en 2011. Selon le patronat belge, la reprise de l'activité sera plus difficile chez nous qu'à l'étranger, "les sociétés étant confrontées à certains handicaps qui les empêchent de profiter pleinement de la relance économique mondiale". La FEB pointe bien évidemment les coûts salariaux, les coûts de l'énergie et des matières premières ainsi que les diverses taxes imposées aux entreprises.

"Le prochain gouvernement devra mener les réformes nécessaires concernant le marché du travail et la sécurité sociale pour donner le signal que les coûts du vieillissement pourront effectivement être financés", insiste l'administrateur délégué de la FEB, Rudi Thomaes, citant en exemple le modèle allemand.

 

 

 

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés