Tensions en vue entre la Flandre et le Fédéral.

Dans sa déclaration de rentrée prononcée lundi devant le Parlement flamand, le ministre-président Jan Jambon (N-VA) a demandé – et obtenu – de ses partenaires de majorité, l’Open Vld et le CD&V, qu’ils réaffirment leur loyauté. Ces partis siègent en effet dans un gouvernement de droite en Flandre et s’apprêtent à entrer dans une majorité de centre gauche au Fédéral. C’est loin d’être confortable, quand ce n’est pas carrément le grand écart.

L’Open Vld, par exemple, devra se résoudre à souscrire à un programme fédéral orienté sur la dépense (pensions, allocations sociales) alors qu’en Flandre, il est engagé dans un programme de restauration de la compétitivité.

Lorsque des majorités différentes siègent au Fédéral et dans les entités fédérées, on sait qu’il y aura des tensions à gérer, y compris à l’intérieur des partis. C’est cette perspective qui a poussé, à la surprise générale, Koen Geens (CD&V) à renoncer au Fédéral, alors qu’il faisait partie, jusqu'il y a peu, des premier-ministrables. Il savait qu’il allait devoir affronter une opposition virulente de la N-VA au Fédéral tout en poursuivant à la Région une collaboration avec les nationalistes qui dure depuis… 2004.

Dans un état fédéral mature, il n’est pas inhabituel d’être en présence de majorités différentes au Fédéral et dans les entités fédérées.

En tant qu’informateur, Koen Geens était presque parvenu à associer PS et N-VA, estimant que c’était la meilleure garantie de stabilité pour le pays. Avant que Paul Magnette ne dynamite cette tentative en direct sur un plateau de télévision.

Et pourtant, dans un État fédéral mature, il n’est pas inhabituel d’être en présence de majorités différentes au Fédéral et dans les entités fédérées. Souvent cela se passe assez bien. Du moins là où les entités fédérées sont nombreuses, comme en Allemagne ou au Canada.

Ce n'est pas le cas en Belgique, où on fonctionne essentiellement avec trois Régions et deux Communautés. Or une configuration avec peu d’entités favorise les jeux à somme nulle. Elle met aussi en évidence les éventuelles contradictions.

Face aux fragilités d’un tel édifice, l’opposition N-VA pourra s’en donner à cœur joie. Bart De Wever n’en a d’ailleurs pas fait mystère. Et il faudra beaucoup de pédagogie dans le chef du futur Premier ministre – Alexander De Croo (Open Vld) sans doute – pour rendre cette Vivaldi crédible et viable.

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