Feu vert pour le plan à 5 milliards d'euros d'Elia

Le plus gros investissement prévu par Elia? Une deuxième prise électrique géante en mer. On voit ici le coeur de la première, qui devrait être opérationnelle cet automne. ©Wim Kempenaers

L’ambitieux plan de développement d’Elia pour les années 2020-2030 a été approuvé. Il prévoit deux nouvelles autoroutes électriques, et une seconde prise géante en mer.

La ministre de l’Énergie Marie Christine Marghem (MR) vient d’approuver le plan de développement fédéral 2020-2030 d’Elia , le gestionnaire du réseau à haute tension belge. Un plan qui identifie les investissements nécessaires pour répondre aux besoins du réseau électrique en Belgique pour les 10 prochaines années, et qui estime à pas moins de 5 milliards d’euros les investissements sur cette période.

Quand Elia a commencé les consultations sur le sujet, comme le prévoit la procédure, certains acteurs du secteur confiaient leurs doutes, évoquant notamment un plan surdimensionné au regard des besoins des consommateurs belges et le risque d’une trop grande dépendance vis-à-vis des pays voisins, vu le nombre d’interconnexions prévues. La Creg, le régulateur fédéral du secteur énergétique, a demandé davantage d’informations, notamment une analyse coûts-bénéfices des projets planifiés pour le consommateur belge.

"Le réseau de transport belge doit évoluer pour s’adapter à temps aux changements rapides induits par la transition énergétique" argumente Elia, qui affirme que l’intérêt de la communauté prévaut dans toutes ses décisions d’investissements. Et à l’issue de la procédure, il vient de recevoir le feu vert de la ministre Marghem. "J’ai approuvé ce plan tout en insistant sur la nécessité de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs et la compétitivité des entreprises, souligne Marie Christine Marghem. Ce plan est d’une importance stratégique, parce qu’il permettra à l’avenir une intégration plus poussée des énergies renouvelables afin de soutenir les objectifs climatiques de la Belgique."

Trois investissements majeurs

Les trois plus gros investissements prévus par Elia sont en effet avant tout destinés à mieux intégrer la production des parcs éoliens en mer, dont la capacité devrait atteindre 4 GW d’ici 2030.

Il y a, d’une part, la construction de deux nouvelles autoroutes électriques, des liaisons à 380 kV, donc à très haute tension: Ventilus, entre Zeebruges et Avelgem, et la boucle du Hainaut, entre Avelgem et Courcelles, afin de transporter l’électricité des futurs parcs éoliens en mer vers l’intérieur du pays. Dont coût: 500 millions d’euros pour Ventilus, et plus de 400 millions pour la boucle du Hainaut.

Le troisième investissement majeur, c’est la construction d’une deuxième prise électrique géante en mer, baptisée MOG II, pour relier les parcs qui seront construits dans la nouvelle zone prévue dans les eaux territoriales belges le long de la frontière française. Un investissement qui n’a pas encore été chiffré, mais qui pourrait atteindre deux à trois fois les 400 millions d’euros d’investissement du MOG I, la première prise géante en mer, qui devrait être opérationnelle cet automne. Soit 800 millions à 1,2 milliard d’euros, pour une plateforme en mer sur laquelle les parcs offshore se connecteront et qui transportera ensuite l’énergie vers la terre ferme via des câbles de 220 kV.

À ces trois projets particuliers, s’ajoutent des renforcements du réseau de 380 kV, ainsi qu’une série d’adaptations et d’extensions du réseau de 220 à 110 kV. D’autres projets d’investissements, comme de nouvelles interconnexions avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, y figurent également, mais doivent encore être étudiés dans les détails, et n’ont donc pas été formellement approuvés.

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