Flambée des incapacités de travail

©Muller/Hollandse Hoogte

Depuis 2006, on compte 150.000 travailleurs de plus se retrouvant en incapacité de travail de plus d’un an. Une hausse de 70% en dix ans. Les maladies mentales (dépression, burn out,…) viennent en tête des incapacités de travail, suivies par les problèmes locomoteurs (mal de dos,…), les maladies du système nerveux et les cancers.

Le compteur des incapacités de travail de longue durée s’affole. Toujours et encore. Entre 2015 et 2016, le nombre de personnes en incapacité de plus d’un an a encore augmenté de 5,5%, a-t-on appris des chiffres 2016 de l’Inami dont nous avons pu prendre connaissance. En 2016, 366.293 travailleurs étaient en arrêt de travail de longue durée pour cause de maladie.

C’est 36% de plus qu’il y a cinq ans, et 70% de plus qu’il y a dix ans. Le phénomène ne cesse de s’amplifier, notamment en raison du vieillissement de la population, mais pas seulement…

-> Les maladies mentales constituent en effet la majeure partie des incapacités de travail: 128.434 personnes étaient concernées en 2016. Ce groupe est en hausse continue depuis 10 ans, à tel point qu’on compte 82% de cas supplémentaires depuis 2006 (+ 4,5% entre 2015 et 2016). Suite à une modification des méthodes d’encodage, l’Inami n’a pu recenser, dans des maladies mentales, qu’elle était la part des cas de burn out, à côté des dépressions et autres problèmes psychiques. Mais entre 2010 et 2015, l’Inami a déjà pointé que les cas de burn out diagnostiqués officiellement et donnant lieu à des incapacités longues ont augmenté de 67%…

Pour Luk Dewulf, spécialiste en burn out, cette explosion des maladies mentales s’explique aussi par le climat de peur qui existe aujourd’hui dans la société, et notamment face au marché du travail. "On n’arrête pas de dire que plus rien ne va, que ce soit sur le marché du travail, sur les problèmes budgétaires, les dépenses, il y a une énorme pression sur les gens. Il faudrait qu’il y ait un discours différent, rassurant, qui dirait aussi qu’il n’y a pas que le facteur économique qui compte…", estime le spécialiste. Il constate notamment que beaucoup de personnes s’accrochent aujourd’hui à leur emploi, parce qu’elles ont des enfants à élever, une maison à payer, alors qu’elles n’y sont pas bien. "Et le fait de s’accrocher à tout prix est aussi un des facteurs de burn out", dit Luk Dewulf.

-> Mais les maladies mentales ne sont pas la seule cause des hausses des incapacités. Les maladies liées au système locomoteur (problèmes de dos,…) sont la 2e cause des incapacités longues (111.143 travailleurs en 2016, + 6% en un an, + 50% en 5 ans, et + 100% en 10 ans).

-> La troisième catégorie à avoir connu la plus forte hausse des incapacités est celles des maladies du système nerveux, qui concerne 22.045 personnes en incapacité longues (+ 63% en 10 ans, 36% en 5 ans, 7% en un an). Les cancers viennent ensuite, avec une hausse de 57% des cas d’incapacité longue durée en dix ans (20.661 personnes en 2016). Ici néanmoins, on constate une relative stabilisation depuis un an (+ 0,77%).

-> Enfin, on remarque un recul des incapacités liées aux maladies cardiovasculaire (-1,5% en un an). 20.564 personnes étaient concernées en 2016, seulement 6% de plus qu’il y a dix ans, et 5% de plus qu’il y a cinq ans.

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