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Formation: bilatérales avant un "conclave" qui s'annonce difficile

Le MR a fait savoir qu'il n'apprécie pas la façon dont le PS se comporte avec les libéraux. Outre les attaques, ils sont d'avis que les propositions du formateur ciblent leur électorat en voulant s'en prendre aux classes moyennes et à l'épargne par exemple. "Si le PS s'arc-boute sur ses positions, il y aura un problème", disait-on.

Le formateur Elio Di Rupo a poursuivi mercredi les entretiens bilatéraux avec les représentants des six partis qui négocient avec lui la formation du gouvernement. Il a en tout cas déjà vu mardi les présidents du CD&V et du MR, Wouter Beke et Charles Michel. Mercredi, il a rencontré les présidents de l'Open Vld et du sp.a, Alexander De Croo et Bruno Tobback. Il devrait voir dans la soirée le cdH.


La semaine dernière les six partis se sont mis d'accord sur le montant de 11,3 milliards d'économies à réaliser pour boucler le budget 2012 avec 2,8% de déficit.
Les représentants des six partis se sont revus lundi. Selon plusieurs sources, on disait après la réunion qu'il y avait déjà un accord sur un socle minimal de 5,2 milliards d'euros d'économies. Mais l'Open Vld a tenu à souligner qu'il s'agissait d'une liste "mécanique" de mesure qui ne reflétait pas le bon équilibre. Il rappelait également l'adage selon lequel il n'y a d'accord sur rien tant qu'il n'y a d'accord sur tout.


Lundi soir, après la réunion plénière, le formateur a fait rapport au roi sur l'évolution des négociations socio-économiques et budgétaires. Le communiqué diffusé par le Palais après la rencontre indiquait que le roi et le formateur soulignent la nécessité d'aboutir dans un délai rapide à un accord à ce sujet.
Le formateur a commencé mardi des rencontres bilatérales et les a poursuivies mercredi. Il devrait encore avoir des contacts jeudi. Elio Di Rupo reste très discret sur ces rencontres tout comme les partis concernés. Tout au plus a-t-on appris que la rencontre avec Alexander De Croo a duré 5 heures.
A partir de vendredi, les négociations budgétaires devraient entrer dans une phase décisive. On annonce en effet un "conclave au finish" à partir de samedi.
Les négociations s'annoncent difficiles et certains n'excluent pas un épisode de dramatisation voire une rupture.
Il y a eu dimanche les petites phrases du vice-président du PS Philippe Moureaux à propos du vice-premier ministre MR Didier Reynders ou la prise de position des élus PS par presse interposée qui n'ont pas contribué à augmenter la sérénité d'autant plus que l'indexation des salaires s'est invitée par la bande via la rapport du Conseil central de l'économie sur le coût du travail.


Le MR a fait savoir qu'il n'apprécie pas la façon dont le PS se comporte avec les libéraux. Outre les attaques, ils sont d'avis que les propositions du formateur ciblent leur électorat en voulant s'en prendre aux classes moyennes et à l'épargne par exemple. "Si le PS s'arc-boute sur ses positions, il y aura un problème", disait-on.


Samedi, Didier Reynders rappelait dans De Morgen que son parti avait déjà beaucoup payé dans le domaine institutionnel. "D'autres ont également pris des risques. Mais tout le monde n'a pas pris la même dose de risques. Maintenant, c'est au tour du PS".
Le MR considère en effet que la négociation est un ensemble et qu'il faut donc tenir compte des efforts qu'il a fait sur l'institutionnel.
Il faudra selon lui faire tomber certains tabous sinon ils pourraient se retirer des discussions. "M. Di Rupo peut toujours rappeler la N-VA", ironisaient certains.
Du côté des libéraux flamands, la vice-première ministre Open Vld Annemie Turtelboom a manifesté mercredi matin un certain énervement devant la lenteur des discussions. Traduisant le point de vue de son parti, elle a aussi insisté sur le fait il n'y a pas que le budget qui est important mais il faut aussi trancher sur des réformes de structures comme la réforme du marché de l'emploi. Consacrer près d'1 milliard d'euros à un plan pour l'emploi comme le voudrait la vice-première ministre cdH Joëlle Milquet n'est pas possible. Il faudrait alors économiser 12,3 milliards d'euros et non 11,3 milliards, a-t-elle dit.
Le MR insiste également sur le fait qu'il faudra parler des mesures structurelles qui devront être prises et qui auront, souligne-t-il, aussi de l'influence sur les budgets 2013 et 2014.


Enfin, il faut aussi toujours trancher sur l'entrée en vigueur de la grande réforme de l'Etat sur laquelle huit partis (les six qui négocient la formation du gouvernement ainsi qu'Ecolo et Groen! ) se sont mis d'accord.


Certains s'interrogent sur la procédure suivie par le formateur qui a demandé à chacun de leur fournir une "épure" pour réaliser 11,3 milliards d'euros. "Nous attendons maintenant les propositions de M. Di Rupo" disait déjà lundi en arrivant à la présidence de la chambre Alexander De Croo.
Et, après le budget, il restera encore des sujets aussi difficiles que l'asile et l'immigration...

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