Francken:"Nous avons besoin d'encore plus de places d'accueil"

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Le secrétaire d'Etat à l'Asile et aux Migrations a fait le point mercredi au Parlement sur les nouvelles places d'accueil qui seront ouvertes. Selon lui, nous assistons à la plus grande crise des réfugiés depuis la deuxième guerre mondiale.

Malgré le lancement de l'opération Triton, la mission européenne de sauvetage et de surveillance en Méditerranée, le nombre de migrants débarquant en sur le Vieux contient ne désemplit pas. A l'échelle mondiale, ce sont d'ailleurs 60 millions de personnes qui fuient actuellement leur pays pour cause de violence, notamment en raison de la situation au Moyen-Orient.

"C'est la plus grande crise de réfugiés depuis la seconde guerre mondiale" selon Theo Francken, auditionné ce mercredi en commission des Affaires intérieures à la Chambre. Il ne passe d'ailleurs plus une semaine sans l'annonce d'un naufrage au sud de l'Europe.

La Belgique se prépare à l'idée d'accueillir durablement de nouveaux réfugiés. Sur demande du député du Vlaams Belang, Filip Dewinter, cette commission parlementaire est revenue sur le débat suscité par le "Plan Francken" prévoyant la création de 2.500 places d'accueil supplémentaires pour faire face à l'afflux de demandeurs d'asile en Belgique.

"Quand c'est non, c'est non, et on expulse au besoin par la contrainte."
Theo Francken
Secrétaire d'Etat à l'Asile et aux Migrations

A l'exception de l'extrême droite, un relatif consensus anime le parlement sur la nécessité d'accroître les capacités d'accueil de personnes qui fuient des zones de conflit.

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L'opposition s'est cependant inquiétée de l'organisation de cet accueil, le député-bourgmestre de Liège Willy Demeyer (PS) exigeant un "plan de répartition" des demandeurs d'asile. Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte (PS), avait critiqué l'annonce de l'arrivée de 700 demandeurs d'asile dans une caserne à Tournai, ville dont il est le bourgmestre empêché. "La politique migratoire ne devrait pas passer par Tournai?", s'est interrogée mercredi Caroline Cassart (MR) appelant à une "prise de responsabilité".

4.000 cas
On dépassera probablement les 4.000 demandes en août, alors qu'il y en a eu 500 rien que lundi et mardi, pour 1.250 par mois il y a quelques semaines.

Theo Francken (N-VA) a promis de poursuivre la concertation entre son cabinet et l'ensemble des bourgmestres des communes concernées, ainsi qu'éventuellement les zones de police, Fedasil. Willy Demeyer a rappelé que les moyens du fédéral alloués aux communes en faveur de la cohésion sociale étaient en constante diminution. Comme d'autres, il a appelé à voir à plus long terme et envisager l'intégration des nouvelles populations.

Revenant également sur la polémique avec certains édiles communaux socialistes, le chef de groupe CD&V, Servais Verherstraeten, a invité les ministres, fussent-ils membres de gouvernements fédéral ou de Communauté, à s'abstenir de déclarations qui nuiraient au nécessaire sentiment d'adhésion à laquelle il faut préparer la population.

De nouvelles mesures dans le pipeline

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Theo Francken n'a pas caché que d'autres mesures seront sans doute nécessaires dans les prochaines semaines en matière d'accueil. Rappelant la politique de fermeté du gouvernement avec un "quand c'est non, c'est non, et on expulse au besoin par la contrainte". Le secrétaire d'Etat N-VA a souligné que les demandeurs d'asile arrivant ces dernières semaines, essentiellement de Syrie, d'Irak, d'Afghanistan et de Somalie, avaient des taux d'acceptation (réfugié ou protection subsidiaire) de 80 à 98%. On dépassera probablement les 4.000 demandes en août, alors qu'il y en a eu 500 rien que lundi et mardi,  pour 1.250 par mois il y a quelques semaines.

L'opposition critique la manière

Plusieurs députés ont critiqué, à l'instar de Francis Delpérée (cdH), le manque d'anticipation du gouvernement qui jusqu'il y a quelques mois continuait à fermer des places d'accueil, pour des raisons de gouvernance et de moyens budgétaires. Wouter De Vriendt (Ecolo-Groen) a dénoncé le fait qu'un nouveau modèle d'accueil, fondé sur les économies budgétaires, avait été mis en place par le gouvernement à l'heure où de nouveaux conflits ont cours aux portes de l'Europe. "Votre politique ne peut être qualifiée à ce stade de grand succès", a-t-il dit à l'adresse de M. Francken.

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Enfin, de nombreux députés ont critiqué l'élu Vlaams Belang Filip Dewinter (photo ci-contre) qui a pour sa part plaidé la fermeture des frontières, le renvoi systématique des arrivants et la remise en cause de la Convention de Genève qui définit le statut de réfugié.

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