Francken veut sanctionner les actions en justice liées aux expulsions

©Kristof Vadino

Théo Francken, secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, veut rendre plus difficile la contestation d’une procédure d’expulsion pour les migrants clandestins. Il demande des amendes pour ceux qui abuseraient de la procédure d’appel dans le cadre d’une expulsion.

"L’opinion publique est tout doucement en train de se radicaliser", dit-il, avant de devenir silencieux quelques secondes. Le N-VA Theo Francken ne fait pas référence aux musulmans radicalisés mais bien aux Flamands. Il parle d’emails furieux qu’il reçoit de la part de citoyens furieux. "J’ai peur que beaucoup de faiseurs d’opinions et de politiciens sous-estiment l’intensité du mécontentement ambiant."

L’expulsion des migrants clandestins est dans le feu de l’actualité depuis le début du mois qui a vu l’attaque d’un commissariat à Charleroi. Khaled Babouri, un Algérien séjournant illégalement sur le territoire, avait alors tenté d’assassiner des policiers.

L’expulsion des immigrés clandestins est particulièrement complexe. Des procédures judiciaires sont engagées afin d’y couper court, souvent juste avant le rapatriement en avion. "C’est pourquoi nous souhaitons pouvoir dresser des amendes à ceux qui continuent la procédure sans raison alors que leur expulsion a déjà été actée", déclare Francken.

Actuellement, les amendes peuvent atteindre 2.500 euros, mais les procédures sont longues et coûteuses. Jusqu’à présent, l’appel était déclaré non justifié dans dix-neuf cas. En outre, les procédures sont souvent inutiles car les immigrés clandestins n’ont pas l’argent pour payer l’amende.

Francken s’engage donc à la simplifier afin de sanctionner plus facilement les procédures d’appel injustifiées. Ces sanctions concernent également les avocats.

Rappelons que le week-end dernier, Francken a annoncé la création de mille places supplémentaires en centres fermés, dernière étape avant que les migrants ne soient expulsés. Actuellement, le pays en compte 600.

Il revient également sur le port du burkini par les femmes musulmanes, sujet brûlant s’il en est…

La proposition d’interdire le burkini semble être une tentative de charmer l’aile droite de votre parti…

Ce n’est pourtant pas une proposition absurde. Dans plusieurs villes, dont Anvers, l’interdiction du burkini est déjà en vigueur dans les piscines. Et cela a été approuvé par tous les partis de l’échiquier politique. Une telle mesure est également en place dans certaines villes marocaines.

Pour la N-VA cela relève-t-il avant tout du symbole politique?

Je ne peux que confirmer ce que le Premier ministre français Manuel Valls, un socialiste, a déclaré la semaine passée. Le burkini n’est pas une nouvelle mode vestimentaire mais un symbole politique d’oppression des femmes. Toutes les femmes musulmanes ne portent pas le burkini. Celles qui le font ont souvent des croyances très conservatrices, voire salafistes. Par conséquent, cela n’est pas en adéquation avec une société moderne comme la nôtre. Les bourgmestres sont donc libres de promulguer son interdiction.

Comment est-il possible que des migrants présents en situation illégale sur le territoire depuis des années, parviennent à mener des attaques comme celle de Charleroi, lors de laquelle un clandestin algérien a tenté d’assassiner des agents de police?

Nous avons un grand nombre de migrants clandestins dans notre pays. Nul ne sait précisément combien ils sont. C’est le résultat de nombreuses années de mauvaise gestion en matière d’application des peines, de justice et d’immigration. Par le passé, la situation illégale a été résolue avec la solution la plus simple: une régularisation massive. Des dizaines de milliers d’individus qui auraient dû quitter le pays se retrouvent soudainement avec des papiers. Nous choisissons la voie difficile et renvoyons les migrants hors du territoire. Mais les problèmes qui se sont créés en trente ans ne se régleront pas en vingt mois. Renvoyer tout le monde comme le Vlaams Belang le suggère est tout simplement impossible. Nous nous concentrons d’abord sur les migrants clandestins dans les milieux criminels.

C’est un peu facile de vous cacher derrière les erreurs du passé. D’après vos détracteurs, les expulsions de migrants clandestins se font encore trop lentement.

C’est en partie un problème de capacité. Les places en centres fermés, dernière porte de sortie des migrants quittant le territoire, sont limitées. Mais nous poursuivons nos efforts. Je vais bientôt proposer au gouvernement la création de milliers de places supplémentaires et l’introduction de mesures plus souples afin de répondre efficacement aux abus dans les procédures.

Actuellement, les individus peuvent étirer la procédure sans fin, en déposant une nouvelle demande d’asile ou en justifiant d’un emploi, juste avant de monter dans l’avion. Nous voulons empêcher cela. Nous voulons également donner des amendes à ceux qui continuent la procédure sans raison alors que leur expulsion a déjà été actée. Les règles actuelles à ce sujet ne fonctionnent pas.

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