analyse

Feu vert pour la répartition de l'enveloppe bien-être

L'enveloppe bien-être permet de rehausser les allocations les plus basses. ©Photo News

Patrons et syndicats sont parvenus à un compromis sur l'affectation de l'enveloppe bien-être. Cette étape franchie, les négociations salariales vont pouvoir reprendre.

Fumée blanche! Un accord sur la répartition de l'enveloppe bien-être a été conclu ce lundi entre les représentants des employeurs et les organisations syndicales. De quoi parle-t-on exactement? Dotée d'environ 700 millions d'euros sur deux ans, cette fameuse enveloppe permet de rehausser certaines allocations sociales: chômage, pensions ou encore indemnités de maladie et d’invalidité.

216
Jours
En vertu de la loi, un avis sur l'enveloppe bien-être aurait dû être remis pour le 15 septembre au gouvernement, soit il y a 216 jours.

En vertu de la loi, un avis des interlocuteurs sociaux sur la répartition de ces moyens était attendu pour le 15 septembre 2020. C'est donc avec un joli retard, 216 jours tout de même, qu'il arrive finalement sur le bureau du gouvernement. Ce dernier, visiblement lassé par le blocage de la concertation sociale, avait lancé mardi dernier un ultimatum aux employeurs et aux syndicats. Faute d'accord d'ici ce lundi, une répartition élaborée par le pouvoir politique s'appliquerait, avait-il prévenu.

Les pensions minimum rehaussées de 2%

Stratégie payante! En deux réunions, les interlocuteurs sociaux sont parvenus à s'entendre sur une série d'amendements à apporter à la proposition gouvernementale. Sans entrer dans le détail, leur accord prévoit de rehausser les pensions minimum des travailleurs salariés de 2% et les allocations de chômage temporaire de 3,5%. Des augmentations de 6,5% du pécule de vacances des pensionnés et de 2% des allocations d’assistance ont également été entérinées.

Côté patronal, on se félicite notamment que des moyens supplémentaires aient été libérés pour les parents isolés mis à mal par la crise. Chez les syndicats, on salue les hausses des allocations les plus basses et des pensions minimales, tandis que le ministre du Travail Pierre-Yves Dermagne (PS) applaudit le "signal fort" que représente l'accord. Bref, tout le monde est content...

"L'accord sur l'enveloppe bien-être est un signal fort."
Pierre-Yves Dermagne
Ministre de l'Economie et du Travail (PS)

Après l'entrée, le plat de résistance

Si cet accord est effectivement de bon augure, il convient de garder la tête froide. L'entrée avalée, patrons et syndicats peuvent désormais s'attaquer au plat de résistance: les négociations salariales dans le secteur privé. Plus question de traîner, le gouvernement exige des résultats dans ce dossier d'ici le 1er mai.

"D'un point de vue symbolique, le deal sur l'enveloppe bien-être ne doit pas être minimisé. Il peut avoir un effet psychologique positif pour la suite", estime une source proche du Groupe des Dix (G10).

"Le deal sur l'enveloppe bien-être peut avoir un effet psychologique positif."
Source proche du G10

Rappelons-le, les négociations salariales étaient au point mort depuis fin février. En séparant celles-ci des discussions sur l'enveloppe bien-être, le ministre Dermagne répondait à une demande syndicale. Dans le même temps, il avait réitéré que le plafond de hausse des salaires resterait de 0,4% pour les deux prochaines années, offrant de la sorte un gage au patronat.

Entreprises ou secteurs?

La possibilité de négocier des augmentations exceptionnelles au-delà des 0,4% dans les entreprises qui ont connu de bons résultats durant la crise reste toutefois offerte aux interlocuteurs sociaux. Pour y parvenir, des outils ont déjà été mis sur la table: primes bénéficiaires, bonus collectifs non récurrents, chèques consommation, etc.

Ces outils suffiront-ils? Les syndicats accepteront-ils que les négociations soient menées au niveau des entreprises plutôt que des secteurs? Quels critères permettront d'identifier les entreprises ou secteurs en bonne santé? Autant d'interrogations qui persistent à la veille d'un premier échange entre les deux bancs.

Mardi, la rencontre prévue devrait permettre de fixer un calendrier des travaux. Ensuite, les choses sérieuses commenceront. "Le timing est serré, il n'y a pas de temps à perdre", assure un membre du G10.

Le résumé

  • Patrons et syndicats sont parvenus à un accord sur la répartition de l’enveloppe bien-être.
  • Il permettra notamment de rehausser les pensions minimum des salariés et les allocations de chômage temporaire.
  • Ce compromis permet aussi de relancer les négociations sur l’évolution des salaires dans le secteur privé pour les deux prochaines années.
  • Les écueils pour aboutir dans les négociations salariales restent toutefois légion.

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