Gagnants et perdants d'un scrutin anticipé

Les socialistes, menés par Paul Magnette, se posent en rempart au nationalisme dans la perspective de nouvelles élections.

Prédire le comportement électoral est un exercice difficile. Alors que la perspective d'élections anticipées devient presque palpable, les petits partis apparaissent comme les premières victimes de ce scénario.

On annonce un bureau de parti décisif ce lundi au PS. Va-t-il débrancher la prise? Une nouvelle fois fermer la porte à toute alliance avec la N-VA? Pas de PS-N-VA, et pas de CD&V sans la N-VA, ce sont les conditions de la guerre de tranchée fédérale qui fait planer la menace d'un retour anticipé aux élections

"Un nouveau scrutin peut avoir un effet d'amplification de la configuration issue des élections du 26 mai."
Pascal Delwit

Vidéos du président Magnette, sorties presse avec la FGTB, le PS se dit prêt et semble entrer en campagne. Ecolo revient sous les feux des projecteurs avec son plan B comme Belgique, et DéFI avec ses fondamentaux anti-nationalistes. L'air de la campagne est quasi palpable mais quels partis ont intérêt ou non à un retour aux urnes? 

"La vraie réponse, c'est qu'on n'en sait rien", répond Pascal Delwit, politologue à l'ULB. Il dessine toutefois deux hypothèses analytiques. "Un nouveau scrutin peut avoir un effet d'amplification de la configuration issue des élections du 26 mai, explique-t-il. Avec un affaiblissement des familles politiques traditionnelles (socialistes, libéraux et centristes, NDLR) et éventuellement de la N-VA, qui s'est installée comme parti de pouvoir, et une poussée de l'extrême droite et de la gauche radicale."

Vote refuge

Deuxième hypothèse: une campagne électorale marquée par une ambiance de crise de régime et articulée autour du destin de la Belgique. Bref, une campagne annonçant une grande négociation communautaire. "L'élection peut alors prendre un caractère référendaire", estime le politologue. Dans ce cas de figure, l'électeur insécurisé pourrait trouver refuge auprès des grands partis. La N-VA au nord, le PS au sud. Les socialistes aimant à se positionner comme rempart contre la droite nationaliste flamande.

"L'élection peut prendre un caractère référendaire sur le destin de la Belgique."
Pascal Delwit
Politologue à l'ULB

Dans cette perspective, Ecolo pourrait perdre en partie les progressions engrangées en mai dernier dans certaines franges de l'électorat.

Les deux phénomènes ne s'excluent pas l'un l'autre et peuvent se combiner, estime Pascal Delwit. Pour lui, les petits partis que sont devenus le sp.a, l'Open Vld et le CD&V ont tout à craindre d'un scrutin anticipé. Tout comme les partis centristes de taille également modeste que sont DéFI et cdH. Les deux formations sont en pleine transition.  

Côté MR, on est plutôt confiant à l'idée de se présenter devant l'électeur. En interne, on a décortiqué le ressac historique de mai dernier et constaté que trois à quatre sièges ont été perdus de peu. Le vent de fraîcheur et l'omniprésence du nouveau président Georges-Louis Bouchez dans les médias pourraient donner l'impulsion nécessaire à des gains en sièges significatifs. L'espoir...

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