analyse

Geens aura une semaine pour rapprocher PS et N-VA

Alors que le vent souffle de toutes parts, Koen Geens poursuit sa mission pour le compte du Palais. ©Photo News

Koen Geens œuvre déjà depuis une dizaine de jours au rapprochement des deux grands partis ennemis. Sa mission est prolongée d'une semaine. Quitte à frustrer. Et voir se rapprocher le scénario d'élections anticipées

Le scénario circulait, il a été confirmé lundi en milieu de journée: Koen Geens (CD&V) s'est vu prolonger d'une semaine par le Roi dans sa mission de recherche de synergies entre les dix partis toujours autour de la table, après avoir rendu son premier rapport le jour-même. Prochaine mouture attendue le 17 février.

"Nous ne le souhaitons pas, mais force est de constater que la perspective d’élections se rapproche."
Une source socialiste

D'ici là? Il s'attellera à essayer de rapprocher N-VA et un incontournable PS (tout comme les libéraux francophones), la présence des nationalistes constituant la seule option d'exécutif avec une majorité côté flamand – à la différence d'un assemblage Vivaldi. Et ce dans une coalition Diables rouges (où le CD&V remplacerait le Vld) ou Andorre (avec l'Open Vld, mais pas le CD&V), voire même Arizona (sans le sp.a, mais avec le CD&V et l'Open Vld) - les noms ne manquent pas, à défaut d’avancées.

Aucun scénario ne tient la route

Pour autant, il nous revient clairement du côté du parti démocrate-chrétien qu’une majorité n’est réunie pour aucun des scénarios à ce stade. L’idée est donc d’y remédier courant de semaine, et ce après une dizaine de jours déjà de travaux. Ce qui n’est pas sans faire sourciller de nombreuses formations...

Du mal à vous retrouver dans toutes les coalitions possibles ou imaginées au Fédéral? 

→ Notre guide des noms de coalitions

Certaines se limitent au silence, car c’est peut-être ce qu’il y a de mieux à faire à ce stade, le scénario d’élections anticipées planant tel une épée de Damoclès sur les négociations. D’autres préfèrent être clairs quant à la situation actuelle: "Rien ne bouge, il n’y a aucune avancée en notre direction, peste-t-on par exemple au siège du PS, boulevard de l’Empereur. Nous ne le souhaitons pas, mais force est de constater que la perspective d’élections se rapproche". Un son de cloche aussi entendu dans le camps Ecolo, où l'on s'énerve du déni de ce qui semble une évidence: allier PS et N-VA, c'est mort; il n'y a donc plus qu'à passer à la seule autre option qu'est l'étude d'une coalition Vivaldi.

Le CD&V (désormais) derrière Geens

"Si on prolonge, c'est un signe qu'il y a de l'espoir."
Joachim Coens
Président du CD&V

Du côté du CD&V, où il avait un temps circulé que le parti souhaitait que la mission de Koen Geens soit la plus courte possible, histoire de se débarrasser au plus vite de la patate chaude à l’aura d’échec annoncé, on soutient désormais en public le poulain démocrate-chrétien dans sa tâche ardue. Sortie sur les ondes de Bel RTL du président Joachim Coens à la clé: "Si on prolonge, c'est un signe qu'il y a de l'espoir." Et ce même si certains font la moue à l'idée de voir le vice-Premier avancer dans une mission (quasi-)impossible. D’ailleurs, certains sifflent même que le Palais n'aurait prolongé son pion que pour garder quelqu’un à bord, le temps que le Roi se rende cette semaine à New York où il est attendu.

Chez les nationalistes, par contre, on entend que le contexte de travail mis en place par Geens serait favorable. Qu'"il est possible de bien travailler ensemble". Mais que les francophones, lire Paul Magnette et Georges-Louis Bouchez, continuent de compliquer les choses - poussés, selon la N-VA, par une volonté de pré-combat électoral, eux qui seront amenés à croiser le fer au sud du pays. Le premier, en ayant demandé un audit du tax shift du gouvernement Michel, qui n'a "jamais été financé" et pèserait donc sur le déficit belge. Or, les partis du gouvernement Michel ont été clairs sur ce point: on ne reviendra pas sur ce qui a été fait lors de la précédente législature.

Georges-Louis Bouchez, quant à lui, avait lancé: "Même si Jésus avait été informateur, cela n'aurait rien changé." Une façon de souligner le manque de volonté qu'il aurait constaté autour de la table et qui aurait mené à l'échec de sa mission d'information. De quoi complexifier une donne qui l'était déjà.

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