Geert Bourgeois prêche la 7e réforme de l'Etat...dans le désert

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A l'occasion de la fête de la communauté flamande ce mardi, le ministre-président flamand Geert Bourgeois a mis sur la table le projet de 7e réforme de l'Etat qu'il souhaite mettre en oeuvre le plus rapidement possible. Mais cette proposition est très loin de faire l'unanimité chez ses partenaires flamands.

Ce mardi, c'est jour de fête pour nos voisins du nord du pays. Mais c'est aussi l'occasion pour les principaux ministres flamands de faire passer des messages politiques. Geert Bourgeois (N-VA) a ainsi profité de l'occasion pour mettre un sujet très chaud sur la table: la 7e réforme de l'Etat.

"L'Etat doit garder l'armée et le roi, tout le reste doit aller aux régions."
Jan Peumans
Président du Parlement flamand

"Si la Flandre veut continuer son développement, elle doit avoir plus de compétences", a déclaré le ministre-président flamand. "La réforme de l'Etat, c'est la procédure de l'évolution, ce n'est jamais fini. L'Etat doit garder l'armée et le roi, tout le reste doit aller aux régions", a renchéri Jan Peumans (N-VA), président du Parlement flamand.

Un plaidoyer pour une 7e réforme qui a toutefois reçu un accueil très froid auprès des autres formations politiques flamandes.

Une 7e réforme? Oui, mais pas tout de suite

Le CD&V a ainsi fait remarquer que, si la 6e réforme approuvée sous la législature précédente ne serait pas la dernière, il fallait d'abord la mettre en oeuvre avant de passer à la suivante. "Que la 6e réforme de l'Etat ne soit pas la dernière, c'est clair. Mais appliquons d'abord la 6e réforme", a souligné le président du CD&V, Wouter Beke, dont le parti siège aux côtés de la N-VA au gouvernement flamand.

"La réforme de l'Etat est un processus permanent mais il est important de trouver suffisamment de partenaires pour faire la suivante."
Kris Peeters

"La réforme de l'Etat est un processus permanent mais il est important de trouver suffisamment de partenaires pour faire la suivante. Pour trouver ces partenaires, il devra encore se passer beaucoup de choses", a renchéri le vice-premier ministre CD&V, Kris Peeters.

L'Open Vld, autre parti de la majorité flamande, n'est pas plus enthousiaste. "Cela ne me paraît pas constituer la première des priorités. Oeuvrons d'abord à une Flandre plus forte, qui veille à créer plus de prospérité et de croissance", a souligné le chef de groupe libéral au parlement flamand, Bart Somers.

"Il en a toujours été ainsi dans le processus d'émancipation flamande. On est contre jusqu'à ce qu'on y soit."
Bart De Wever

Le président de la N-VA, Bart De Wever, n'est pas surpris par ces réactions. "Il en a toujours été ainsi dans le processus d'émancipation flamande. On est contre jusqu'à ce qu'on y soit. Ce fut le cas avec le fédéralisme, ce ne sera pas différent avec le confédéralisme. Ce que nous ne savons pas, c'est si ce sera tôt ou tard."

Le leader des nationalistes flamands ne s'est pas avancé sur l'échéance de 2019: tout dépendra des alliés que son parti trouvera pour mettre en oeuvre son programme. Il n'a pas éludé la perspective d'un PTB premier parti au sud du pays: "cela aura certainement des conséquences", a-t-il averti.

→ Comment réagissent Michel et Magnette?

"Une Fête flamande sans une demande de réforme de l'Etat, c'est un peu comme un bistrot sans bière ou des moules sans frites."
Paul Magnette

De son côté, le Premier ministre Charles Michel a rappelé que l'emploi était sa priorité. "Ma priorité, c'est 'jobs, jobs, jobs'. En 2019, il y aura des élections. Nous verrons ce que l'électeur décidera", a-t-il dit.

Le ministre-président wallon, Paul Magnette, a préféré l'ironie. "Une Fête flamande sans une demande de réforme de l'Etat, c'est un peu comme un bistrot sans bière ou des moules sans frites. Et si l'on doit se fier aux sondages, la N-VA devra négocier avec le PTB. Cela promet d'être plaisant", a-t-il déclaré.

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