Gel des salaires: les syndicats portent plainte à l'OIT

Marc Leemans. ©Photo News ©Photo News

Le "gel des salaires" décidé par le gouvernement Di Rupo pour les années 2013 et 2014 ne passe toujours pas la rampe chez les syndicats. CSC, FGTB et CGLSB ont décidé d’ouvrir un nouveau front en portant plainte à l’OIT, l’Organisation internationale du travail.

"Une condamnation serait embarrassante pour la Belgique, estime Marc Leemans, le président de la CSC, le syndicat chrétien. En raison du gel des salaires, nous ne pouvons plus négocier une amélioration du revenu des gens, ce qui constitue une violation des conventions de l’OIT relatives à la liberté de négociation. C’est une étape importante. Nous refusons d’accepter que le gouvernement bafoue un des droits fondamentaux des travailleurs, à savoir le droit de négocier une augmentation de salaire."

Pour rappel, le gouvernement a imposé une norme salariale stricte de 0%, tout en maintenant l’indexation automatique des salaires. En fixant cette norme par un arrêté royal, l’exécutif est allé à contre-courant de la tradition sociale belge, qui prévoit une négociation entre patronats et syndicats. Pour Marc Leemans, c’est avant tout une question de principe. "Dès août 2012, il était évident pour nous que la marge pour des augmentations salariales serait faible. Nous n’allions pas venir avec des exigences démesurées à la table des négociations", explique-t-il.

Par leur plainte, les syndicats veulent aussi mettre la pression sur le gouvernement et éviter que le scénario se répète à l’avenir. Selon la CSC, la Belgique a de grandes chances d’être désavouée à l’OIT, même si l’organisation ne peut décider d’aucune sanction ou amende. Un blâme de l’OIT serait donc symbolique.

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