Georges-Louis Bouchez sera "managé" par dix sages

Georges-Louis Bouchez sera désormais entouré par un groupe de "sages", afin d'assurer, notamment, la collégialité des décisions du MR. ©BELGA

Le président du MR Georges-Louis Bouchez conserve son mandat. Mais il devra désormais prendre ses décisions en concertation avec un groupe de dix personnalités du parti.

Le Mouvement réformateur (MR) vient de vivre des jours houleux. Lundi soir, les parlementaires des différentes entités du pays se sont réunis à Court-Saint-Etienne pour tenter de calmer les vagues.

Le problème? Des querelles intestines qui ont atteint leur paroxysme la semaine dernière avec un casting ministériel décidé par Georges-Louis Bouchez et particulièrement contesté. Il y a eu Denis Ducarme, sorti du gouvernement fédéral et envoyé à l'échelon wallon, à la place de Valérie De Bue, dans une manœuvre qui niait le quota de femmes exigé à ce niveau. Et aussi, la nomination en tant que secrétaire d'État du frère de Charles Michel, Mathieu.

"Nous avons également convenu d'une modification de notre gouvernance et de notre communication tout en travaillant davantage avec les parlementaires pour créer une dynamique collective."
Willy Borsus
Ministre wallon de l'Economie

Une fronde a éclaté, qu'il fallait calmer, l'image du parti, divisé en clan, avec en arrière-plan une colère à l'égard du clan Michel qui continue à exercer son influence en coulisses, en prenant un fameux coup. Et donc, les membres réunis en Brabant wallon ont décidé, au bout de plus de 4 heures de discussions, de conserver leur confiance dans le président. Georges-Louis Bouchez sera toutefois encadré, ou "managé", comme préfère le dire Jean-Luc Crucke, ministre wallon, par un groupe de personnalités du parti.

Qui fera partie du G11?

À quoi servira ce groupe? À assurer la collégialité des décisions du MR. Composé de sages du parti, cet organe décisionnel agira à côté du bureau élargi. Il "veillera à ce qu'un débat soit mené autour des décisions", a expliqué l'ancien ministre des Pensions Daniel Bacquelaine à la sortie de la réunion.

Selon le président de l'intergroupe parlementaire, Vincent De Wolf, ce comité sera composé des chefs de file gouvernementaux du parti et de ceux de l'opposition, lorsque le MR n'est pas dans la majorité; de l'administrateur-délégué du Centre Jean Gol; des vice-présidentes Kattrin Jadin et Marie-Christine Marghem; du président de l'intergroupe parlementaire; du ministre wallon Jean-Luc-Crucke; et - à la suite d'un vote unanime pour qu'il puisse également y siéger - de Denis Ducarme.

"Nous avons réussi à trouver une solution collective pour avancer."
Denis Ducarme
Ex-ministré fédéral

Le statut présidentiel en sort affaibli, une réforme autour de la fonction est lancée. "Nous avons également convenu d'une modification de notre gouvernance et de notre communication tout en travaillant davantage avec les parlementaires pour créer une dynamique collective. Nous poursuivrons, en outre, la réforme de nos statuts qui est déjà en cours", a assuré, de son côté, le ministre wallon de l'Économie Willy Borsus. "Il est clair que ce genre de séquence ne peut plus se reproduire" et qu'il s'agit dès lors d'une dernière chance pour Georges-Louis Bouchez, a-t-il néanmoins averti.

"J'ai eu l'impression de vivre une catharsis", a expliqué Jean-Luc Crucke, sur La Première ce mardi, parlant de blessures très profondes pour certains, qui n'avaient jamais pu être exprimées.

L'avis de Denis Ducarme

"Nous avons réussi à atterrir mais il reste du travail", a souligné, pour sa part, Denis Ducarme. "Nous avons tous de la mémoire et nous n'oublions pas mais il était important de rassurer nos militants", a poursuivi celui qui fera désormais partie du G11. "Nous avons réussi à trouver une solution collective pour avancer."

La crise est-elle résolue? Les mandataires qui s'étaient exprimés de manière vindicative au cours des derniers jours ont en tous cas appelé à l'unité. Il faudra voir si le fonctionnement du groupe de sages n'est pas trop lourd au quotidien et dans l'urgence...

Selon Vincent De Wolf, le vote en faveur de la proposition retenue a été unanime. D'après le président de l'intergroupe, il y a eu, trois ou quatre abstentions sur une assemblée d'une soixantaine de mandataires présents.

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