Georges-Louis Bouchez: "Si le texte IVG revenait avant le 21 juillet, le MR voterait de la même manière"

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Les présidents du MR, de l'Open Vld et du CD&V annoncent reprendre la formation du gouvernement, la réforme de l'avortement suspendue au Conseil d'État.

Trois fronts sont désormais ouverts au niveau fédéral. La journée de jeudi a été marquée par l'irruption du débat parlementaire sur l'avortement dans la mission de formation gouvernementale emmenée part le trio des présidents du MR, du CD&V et de l'Open Vld. Jeudi soir, c'est la Première ministre en personne qui ajoutait une nouvelle donnée au problème: elle annonce entamer dès maintenant les préparatifs d'un véritable plan de relance. Une dynmique qui relevait jusqu'ici de la formation du prochain gouvernement puisque c'est lui, s'il arrive à naître à temps, qui sera appelé à le mettre en oeuvre.

Cette sortie de Sophie Wilmès n'a pas plu au sp.a qu'on tente de convaincre d'entrer en négociations avec le N-VA, l'Open Vld, le MR, le CD&V et, qui sait, le cdH. "Les Rois mages (surnom donné en Flandre aux présidents du MR, du CD&V et de l'Open Vld qui mènent la formation du gouvernement, NDLR) ont dit eux-mêmes qu'ils cherchaient une majorité pour un gouvernement doté d'un plan de relance. Si Wilmès veut elle-même élaborer un plan de relance, pourquoi a-t-elle attendu trois semaines? En fait, la Première ministre dit qu'elle ne croit pas dans la mission des trois, sinon elle aurait rédigé directement un plan", réagissaient les socialistes flamands via Belga.

Quant aux trio, en apparence, c'est la grande réconciliation. Jeudi, Joachim Coens, président du CD&V, et Georges-Louis Bouchez, président du MR se sont déchirés sur la question de l'extension du droit à l'avortement qui n'a pu être votée en séance plénière de la Chambre. Georges-Louis Bouchez avait indiqué que ses 14 députés pouvaient voter sans instruction du parti. Il n'y a que deux députés MR sur 14 qui s'opposent au texte soutenu depuis le départ par le parti. Le CD&V est farouchement opposé à cette réforme et souhaite en faire une affaire de gouvernement au moment où elle trouve une majorité à la Chambre et arrive au terme de son parcours législatif. Jeudi, le dépôt d'amendement à eu l'effet de renvoyer une troisième fois le texte au Conseil d'État pour avis.

Dewael veut aller vite

Ulcéré par ce texte et par le fait que les libéraux ne fassent pas tout pour empêcher son vote à la Chambre, Joachim Coens avait suspendu jeudi les travaux du trio. Bouchez, Lachaert et Coens se sont revus vendredi matin et ont convenu de poursuivre la formation du gouvernement. Apaisement.

Dans un communiqué de presse, les trois hommes annoncent poursuivre leur travail de déminage. Ils ajoutent: "Tout autre question sera discutée au cours des négociations et ceci dans le respect mutuel de chaque position. La délimitation de l'accord de coalition abordera plusieurs questions, dont celle des dossiers éthiques : pour éviter les discussions sur les votes au Parlement, il est dans l'intérêt de tous les partis d'avoir un gouvernement le plus tôt possible."

"La délimitation de l'accord de coalition abordera plusieurs questions, dont celle des dossiers éthiques."
Georges-Louis Bouchez, Egbert Lachaert et Joachim Coens
Présidents du MR, de l'Open Vld et du CD&V

L'extension du droit à l'avortement et sa dépénalisation totale sont évidemment comprises dans les questions éthiques. Le dossier semble donc revenir dans le giron de la formation gouvernementale, ce qu'exige le CD&V depuis des mois. Est-ce à dire que les libéraux retireraient leur soutien au texte en débat à la Chambre et se couchent devant le CD&V? "Pas du tout", assure Georges-Louis Bouchez, contacté par L'Echo. "Si le texte revenait avant le 21 juillet, le MR voterait de la même manière".

Ce retour au vote avant le 21 juillet est a priori assez incertain. Vendredi, Patrick Dewael, président Open Vld, de la Chambre demandait au Conseil d'État de se prononcer rapidement sur les amendements déposés jeudi. Si le texte n'était pas voté avant les vacances parlementaires, il n'est pas sûr de retrouver une majorité si le contexte politique devait changer d'ici l'automne.

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