Hausse des indépendants complémentaires

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Les chiffres publiés par Partena montrent une nette croissance des indépendants en activité complémentaire, avec une augmentation de 15,59% au cours des 5 dernières années.

Le secrétariat social Partena publie ses chiffres sur les activités d’indépendants complémentaires et dresse une conclusion: le système a le vent en poupe. En se basant sur les statistiques de l’Inasti (l’Institut national de sécurité sociale pour les indépendants), le rapport montre une augmentation de 15,59% sur les cinq dernières années.

Un coup d’œil plus précis permet toutefois de faire apparaître des grandes tendances. La plus forte croissance s’enregistre auprès des pensionnés, avec un peu plus d’hommes (+ 25,1%) que de femmes (+ 24,1%) qui se lancent dans une activité complémentaire. Pour les personnes encore actives sur le marché du travail, l’augmentation la plus forte concerne les femmes, avec 24%. Les hommes, eux, ne sont que 5,7% à franchir le pas, selon le rapport de Partena.

"Passé un certain âge, certains travailleurs se rendent compte que leur expérience n’est pas pleinement valorisée, ou alors qu’ils ont envie d’autre chose. Mais le mot indépendant fait peur, synonyme de risque, de paperasse, d’insécurité. Alors qu’en indépendant complémentaire, il faut bosser, mais si vous faites zéro euro de chiffre, vous ne perdez rien", explique Bruno Debuysscher, directeur des opérations chez Partena.

Complément de pension

Un chiffre que l’on retrouve dans les statistiques de l’Inasti: 55% des salariés avec activité complémentaire enregistrent un revenu de 0, ou un revenu non déclaré. "La part d’activité dormante reste grande, commente-t-on à l’Union des classes moyennes (UCM), ce qui montre l’importance de la dimension hobby." La passion, seul facteur explicatif? "L’avantage fiscal permis par le statut d’indépendant reste un incitant très intéressant. Vous pouvez déduire des frais de vos activités complémentaires."

Alors que de nombreux boucliers se lèvent contre la hausse de l’âge de la pension, les chiffres collectés par Partena semblent montrer une volonté de continuer l’activité professionnelle. "Je ne crois pas qu’il faille être naïf, l’argument financier est évidemment primordial. Mais il y a aussi une part d’indépendants qui veulent rester en activité. La pension libère en effet du temps. Plus de la moitié (54%) des retraités indiquent consacrer plus de 20 heures par semaine à leur activité complémentaire, contre à peine 18% chez les travailleurs. Un tiers des pensionnés reconnaissent s’adonner plus de 35 heures/semaine à leur activité, soit à peine moins que l’horaire d’un employé", explique Bruno Debuysscher.

À noter aussi que, depuis 2015, il n’y a plus de limite de revenus à l’activité complémentaire pour pouvoir toucher la pension. "Ce qui pousse aussi des indépendants à poursuivre leur activité en complément de leur pension. Ils gardent ainsi un pied dans la profession, la pression en moins", commente Renaud Francart, conseiller à l’UCM.

Chez Partena, on refuse d’y voir le seul avantage financier: "Il y a une tendance de fond à l’entreprenariat. Le nombre d’indépendants en activité principale augmente aussi. Parfois, l’activité complémentaire sert de tremplin, de période test avant de se lancer." Le secrétariat social situe ce tournant vers 35-40 ans. "C’est un âge où vous avez acquis une certaine expérience professionnelle, ce qui pousse certains employés à développer une activité de conseiller. Et puis, certains profils aspirent à de nouveaux défis, sans toutefois pouvoir se permettre de lancer une activité principale."

Une volonté d’indépendance qu’assume de plus en plus le public féminin. "On voit une augmentation des femmes qui se lancent. C’est vrai pour l’activité complémentaire, c’est vrai aussi pour l’indépendance à titre principal. Quand on regarde les starters, 40% sont des femmes", explique Renaud Francart.

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