"Il est temps de parler du contenu" (Sophie Wilmès, Première ministre)

La nouvelle Première ministre a été officiellement nommée dimanche par le roi Philippe. ©Photo News

Le Roi a officiellement nommé Sophie Wilmès au poste de Première ministre du gouvernement en affaires courantes. Elle devient la première femme à prendre la tête du pays.

La Belgique se réveille avec une femme à la tête du gouvernement fédéral. Sophie Wilmès, 44 ans, devient la première Première ministre de l'histoire du Royaume. Elle a officiellement été nommée dimanche après-midi par le Roi, a annoncé le Palais, publiant sur Twitter une photo du monarque à côté de la nouvelle cheffe d'un gouvernement en affaires courantes.

 

David Clarinval devient ministre du Budget

Après la nomination de Sophie Wilmès, David Clarinval (MR) a prêté serment en tant que ministre du Budget et de la Fonction publique, chargé de la Loterie nationale et de la Politique scientifique, soit les compétences qu'occupait jusqu'ici la nouvelle cheffe de gouvernement. 

Arrivant à la tête d'un gouvernement d'affaires courantes, Sophie Wilmès (MR) a d'emblée reconnu que son périmètre d'action était limité. "C'est un grand honneur, une grande responsabilité que j'envisage comme un travail de continuité. Les affaires courantes ne nous laissent pas énormément de possibilités d'agir, et j'appelle donc à la formation d'un gouvernement de plein exercice au plus vite", a-t-elle affirmé. "Je suis une personne de dialogue, et il y aura un dialogue à installer", a répondu l'ex-ministre du Budget à la question de l'absence d'une majorité gouvernementale à la Chambre.

Bientôt un gouvernement de plein exercice?

Interrogée ce lundi matin sur la première, celle qui succède à Charles Michel s'est exprimée sur le processus de négociations pour élaborer un gouvernement fédéral. "J'ai énormément de respect pour le travail des préformateurs, j'attends avec impatience leur rapport mais c'est loin d'avancer suffisamment eu égard au temps qui passe. Il manque un sentiment d'urgence." "On a plaidé pour qu'ils (PS et N-VA) se parlent. Il y a des rumeurs qu'ils se parlent mais il ne faut pas seulement se parler, il faut parler de manière constructive, mettre un projet sur la table, y associer les autres partis", a souligné la libérale francophone.

A l'entendre, quatre mois après les élections, les discussions en vue de former un gouvernement ne sont pas encore entrées dans le vif du sujet.  "On n'a pas encore eu de réelles discussions de contenu. C'est dès lors difficile d'acter un échec de ces négociations-là, sauf à dire qu'un des deux partis admet qu'il est impossible de discuter avec l'autre. Mais, à ce moment-là, il faut le dire."

"Sens des responsabilités"

Charles Michel, de son côté, a assuré dimanche que le gouvernement avait posé, en la personne de Sophie Wilmès, le choix de "la stabilité, la sérénité et la responsabilité". "J'éprouve pour elle une très grande estime, une très grande appréciation. Je connais son sens des responsabilités, sa connaissance des dossiers, son sérieux. À travers elle, le gouvernement a fait un choix de stabilité, de sérénité et de responsabilité", a-t-il affirmé.

Une première femme à la tête du gouvernement fédéral

A 44 ans, la résidente de Rhode-Saint-Genèse, commune à facilités de la périphérie bruxelloise, devient la première femme à la tête du gouvernement fédéral même si ce n'est sans doute que pour quelques mois...

Entrée au gouvernement fédéral en septembre 2015, elle avait été soudain projetée dans la lumière à cette occasion, alors qu'elle était auparavant peu connue sur la scène nationale. Née dans la capitale mais ayant passé son enfance à Grez-Doiceau, Sophie Wilmès est la fille de Philippe Wilmès, décédé en 2010. Ce dernier a été chef de cabinet de Jean Gol, qui voulait un économiste dans son équipe quand il était secrétaire d'État adjoint en charge de l'Économie wallonne, puis président de la Société nationale d'investissement (SNI) avant de devenir régent de la Banque nationale de Belgique. Professeur d'économie à l'UCL, il a aussi été administrateur de nombreuses sociétés privées et publiques. La mère de la future ministre est elle aussi passionnée de politique, et travaillera dans différents cabinets.

Comme Sophie Wilmès l'a expliqué durant l'été à la Libre Belgique, ses parents "parlaient tout le temps de politique" à la maison, mais ce n'est pourtant pas dans cette voie qu'elle-même voulait s'engager initialement. Née en janvier 1975, elle a suivi après ses secondaires des études en communication appliquée (section publicité) à l'IHECS avant d'effectuer un stage dans une unité de gestion financière de la Commission européenne. Elle prend goût à cette matière et décide alors de reprendre des études en cours du soir à l'Institut supérieur Saint-Louis, en gestion financière. Elle entre en politique sur une liste PRL aux communales de 2000, à Uccle, alors qu'elle travaille toujours pour la Commission, dans la gestion financière de programmes de coopération avec l'Asie. Elle aurait notamment été convaincue par sa rencontre avec Eric André. Elle a 25 ans lorsqu'elle devient conseillère communale de cette commune bruxelloise.

Elle sera ensuite conseiller économique et financier dans un cabinet d'avocats d'affaires, puis abandonnera son travail dans le privé au moment de devenir première échevine de Rhode-Saint-Genèse en 2007, où elle s'est installée avec son mari australien. Elle y connaît quelques déboires quand la commune doit mettre en œuvre la politique de la Région flamande de gestion par cycle. Elle siégera aussi au conseil provincial du Brabant flamand, et est depuis 2013 présidente de la section MR de la périphérie bruxelloise. Elle se distinguera suffisamment que pour être placée première suppléante sur la liste MR à la Chambre pour les élections du 25 mai 2014.

Didier Reynders, élu sur cette liste, devenant ministre quelques mois plus tard (en octobre 2014), elle fait quant à elle son entrée comme députée, et intègre la Commission Finances et Budget. Elle y est co-signataire d'une proposition de loi visant à mieux lutter contre les "fonds vautours". Elle n'est à la Chambre que depuis moins d'un an quand elle est appelée par Charles Michel à remplacer le ministre du Budget Hervé Jamar au sein de son exécutif. Ce dernier devient gouverneur de la province de Liège.

Le choix de Sophie Wilmès, considérée comme proche de Charles Michel, est plutôt une surprise. Le Premier ministre souligne d'emblée son "investissement et sa rigueur en commission des Finances et du Budget". Elle est donc bombardée, à 40 ans et avec très peu d'expérience fédérale, nouvelle ministre fédérale du Budget chargée de la Loterie Nationale en septembre 2015. En décembre 2018, à la suite du départ de la N-VA de la coalition fédérale, elle hérite en plus de la Politique scientifique et de la Fonction publique. Au Budget, elle devra veiller au respect du Pacte de stabilité européen. Mme Wilmès siège toujours au conseil communal de Rhode-Saint-Genèse.

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