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Il faut 5 milliards pour remettre en état le patrimoine immobilier fédéral

Mathieu Michel a objectivé les besoins pour remettre les bâtiments publics à niveau au regard de leurs fonctions et des objectifs de neutralité carbone. ©BELGA

Cinq milliards d'euros sur dix ans, c'est l'investissement nécessaire pour que le Fédéral dispose d'un patrimoine immobilier "en état, en ordre et durable", affirme Mathieu Michel.

Entretenir son patrimoine immobilier, ça coûte! Et quand on est l'État fédéral et qu'on dispose d'un portefeuille de quelque 900 bâtiments - pour un total de 6,8 millions de m² - les montants peuvent rapidement s'envoler.

Sur les dix prochaines années, la Régie des bâtiments devrait ainsi investir la bagatelle de 5 milliards d'euros pour "remettre l'ensemble de son patrimoine à niveau", selon les calculs du secrétaire d'État Mathieu Michel (MR). "C'est un devis que nous mettons sur la table. Pour la première fois, nous avons identifié l'ensemble des besoins et nous proposons un plan pluriannuel d'investissement, tenant compte des fonctions des bâtiments, de nos ambitions et du développement durable", détaille le libéral.

5 milliards
euros
Sur les dix prochaines années, la Régie des bâtiments devrait ainsi investir la bagatelle de 5 milliards d'euros pour "remettre l'ensemble de son patrimoine à niveau".

Deux milliards structurels, trois à trouver

Outre la rénovation énergétique, qui représente entre 400 et 500 millions, ce fameux plan englobe toutes les interventions de plus de 3 millions d'euros requises sur des avoirs actuels ou futurs de la maison Belgique. Rationalisation du centre de police à Gand pour 90 millions, rénovation du palais de justice de Bruxelles pour 170 millions ou encore construction d'un centre d'asile fermé à Zandvliet pour 25 millions font partie des 160 projets identifiés à travers le pays.

"Sur les cinq milliards d'investissements nécessaires, il y en a deux qui peuvent être trouvés dans les budgets structurels de la Régie sur les dix années à venir."
Mathieu Michel
Secrétaire d'Etat en charge de la Régie des bâtiments

"Sur les cinq milliards d'investissements nécessaires, il y en a deux qui peuvent être trouvés dans les budgets structurels de la Régie sur les dix années à venir", assure Mathieu Michel. Pas besoin d'être un génie des maths pour comprendre, il faudrait dégoter trois milliards ailleurs pour tout mettre en œuvre.

À moins que la Vivaldi décide de poser des choix politiques, comprenez qu'elle priorise ce qui sera fait ou pas et à quelle échéance. "C'est comme quand vous avez une maison. Vous pouvez décider de réparer toute votre toiture directement ou de n'en réparer qu'une partie et planifier la suite plus tard", illustre le secrétaire d'Etat, qui déposera ses chiffres sur la table du gouvernement début octobre. Ce qu'il attend? Que l'exécutif prenne acte de l'état des lieux, mais aussi qu'il s'engage sur les éléments à  développer en priorité sous cette législature.

Le télétravail change la donne

À côté de son devis, Michel avancera un certain nombre d'idées pour dégager des moyens. Et pour une fois, la crise corona a du bon. "L’impact des deux jours de télétravail dans la fonction publique tend notamment à diminuer la superficie nécessaire par collaborateur. Rien qu'à Bruxelles, où l’on gère aujourd’hui plus de 1 million de m², on a estimé que le travail à distance allait nous permettre de réduire de 30% les superficies nécessaires. Si vous ramenez cela au coût locatif annuel, c’est l’équivalent de cinq millions d’euros économisés", explique-t-il.

Ces précieux euros, ils pourraient être réinvestis dans d'autres projets, mais aussi dans la maintenance du patrimoine. Car, assure notre interlocuteur, les investissements à réaliser auraient pu être nettement moins importants si les entretiens avaient été meilleurs et plus réguliers. "Plutôt qu’avoir une durée de vie de 40 ou 50 ans, un bâtiment avec une maintenance déficiente en aura une de 25 à 30 ans. Il faut donc investir plus et plus souvent."

"À un moment, on a privilégié le fait d'être locataire plutôt que propriétaire, moi je pense que la bonne gestion, c'est l'inverse."
Mathieu Michel
Secrétaire d'Etat en charge de la Régie des bâtiments

Mathieu Michel estime, par ailleurs, que la vente d'une part des actifs immobiliers de la Régie, laquelle dispose actuellement de près de 300.000 m² de bâtiments vides, ne doit pas constituer un tabou. Pour le libéral qu'il est, c'est très clair: soit on réaffecte, soit on vend. Au-delà, il plaide pour une vraie réflexion sur les locations de bâtiments par l'État, lequel dépense 450 millions d'euros chaque année en loyers. "C'est de l'argent qui sort des caisses publiques pour ne plus y revenir. A un moment, on a privilégié le fait d'être locataire plutôt que propriétaire, moi je pense que la bonne gestion, c'est l'inverse", conclut-il.

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