"Il faut dire ce que ça signifie de se faire avorter à quatre mois et demi"

Els Van Hoof (CD&V): "Une modification rapide et irréfléchie de la récente loi se fera sans le CD&V et nous épuiserons tous les moyens parlementaires pour l'argumenter." ©BELGA

La dépénalisation totale de l'avortement et l'allongement du délai légal à 18 semaines sont en débat en commission Justice de la Chambre. Plusieurs partis flamands s'opposent fortement aux amendements portés par une majorité.

Ce mercredi, la commission de la Justice de la Chambre examinait la proposition de loi sur l'avortement amendée par huit groupes qui représentent une majorité au parlement. Le texte vise une dépénalisation totale de l'interruption volontaire de grossesse. Autre changement d'importance, le délai légal pour pratiquer un avortement passe de 12 à 18 semaines de grossesse. Les conditions actuelles de la loi remontent en grande partie à 1990... "Il faut aujourd'hui faire évoluer les textes", insiste ainsi ce mercredi Eliane Tillieux en commission de la Justice. "Le débat est mûr."

75% des Belges sont favorables à une dépénalisation de l'avortement!
Eliane Tillieux
PS

Socialistes, libéraux et écologistes ont signé ces amendements, ainsi que DéFI et le PTB.  Mais le CD&V a annoncé qu'il épuiserait tous les moyens parlementaires pour s'opposer à l'initiative. Une tentative précédente de réforme sous la précédente législature avait buté sur la cohésion du gouvernement Michel où CD&V et N-VA ne voulaient entendre parler ni d'allongement du délai ni de dépénalisation complète. Un compromis avait été trouvé, mais il avait laissé un goût amer chez bon nombre de députés libéraux.

Majorité alternative

Avec le gouvernement est en affaires courantes, le parlement peut profiter de majorités alternatives...  Le texte n'aura ainsi pas de majorité du côté néerlandophone. Mais cette fois, si le cdH, le CD&V, la N-VA et le Vlaams Belang ne soutiennent pas le texte, ils ne peuvent le bloquer.

Au cdH, les députés ont désormais liberté de vote sur les questions bioéthiques. Au CD&V, la députée Els Van Hoof a écrit dans une tribune libre publiée par "De Standaard": "Une modification rapide et irréfléchie de la récente loi se fera sans le CD&V et nous épuiserons tous les moyens parlementaires pour l'argumenter", avertit la députée. 

La fin de la responsabilisation du médecin ne permettra plus que les balises de la loi soient respectées.
Catherine Fonck
Députée cdH

La députée N-VA Valerie Van Peel est intervenue ce mercredi matin en commission: "Il faut dire à l'opinion publique ce que ça signifie de se faire avorter à quatre mois et demi", rappelant qu'un foetus de 12 semaines n'a encore ni bras ni jambes alors qu'à 18 semaines, "il est tout à fait développé, sauf pour sa capacité pulmonaire". Elle réclame qu'un débat soit organisé avec l'opinion publique avant de décider. Elle s'insurge aussi concernant la suppression du délai de réflexion de six jours, qui serait remplacé par une attente de 48 heures.

Au final, les parlementaires n'ont pu clôturer les débats dans les temps ce mercredi. La discussion reprendra mercredi prochain. Ensuite, en séance plénière, il est très probable qu'un avis du Conseil d'Etat soit demandé avant le vote, ce qui ruinerait les chances d'un vote d'ici fin décembre.

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