"Il n'y aura plus de mission économique du gouvernement fédéral en Arabie Saoudite"

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Didier Reynders était entendu par la commission de la Chambre. Il a une nouvelle fois présenté les excuses du gouvernement pour le résultat du vote sur la candidature de l'Arabie Saoudite au sein de la commission sur le statut des femmes de l'ONU.

"Personnellement, il n'y aura plus de mission économique du gouvernement fédéral en Arabie Saoudite tant que nous ne constatons pas d'évolution sur la situation de l'égalité entre les hommes et les femmes", lance Didier Reynders. Le ministre des Affaires étrangères était entendu en commission de la Chambre. "Aux Régions de décider si elles veulent y aller de leur côté", a-t-il précisé.

Le ministre a également invité la Belgique au nom du gouvernement fédéral à mettre à plat ses relations avec l'Arabie Saoudite, appelant une nouvelle fois à un débat sur un embargo sur les armes, soit au niveau européen, ce qui prendrait du temps, soit en Belgique.

Didier Reynders est revenu sur la décision du gouvernement de revoir les procédures sur la désignation de pays dans les instances onusiennes de sorte qu'une décision politique valide à l'avenir les candidatures. Il a ouvert la possibilité d'associer le parlement au processus, en dépit de la difficulté de votes secrets au sein de l'ONU.

La démission de Reynders non-négociable pour l'opposition

"Je présente mes excuses à tous celles et tous ceux qui se sont sentis sincèrement heurtés à l'annonce d'une telle décision" appuyant la candidature de l'Arabie Saoudite au sein de la commission sur le statut des femmes de l'ONU, a indiqué Didier Reynders, précisant une nouvelles fois qu'un autre vote "n'aurait pas empêché" que ce pays intègre ladite commission.

"Je n'étais pas au courant qu'un vote interviendrait, dès lors, le premier ministre non plus, c'est clair."
Didier Reynders

L'opposition, qui a salué ces excuses, ne peut se satisfaire de telles garanties et estime que la "responsabilité politique" du ministre a été engagée. Le ministre bénéficie en revanche du soutien plein et entier de sa majorité. Ce dernier est demandeur d'une mise à plat des relations entre la Belgique et l'Arabie saoudite, une résolution écologiste est pendante à la Chambre, et d'un débat sur l'exportation des armes, sensible pour la FN en Wallonie.

"Je n'étais pas au courant qu'un vote interviendrait, dès lors, le premier ministre non plus, c'est clair", a assuré le ministre des Affaires étrangères alors que l'opposition pointe une contradiction entre sa défense et celle du chef du gouvernement. Le gouvernement a été transparent en faisant connaître au parlement l'orientation du vote de la Belgique, une situation unique alors que le vote est réputé secret aux Nations-Unies. "Tous les diplomates, les services à Bruxelles et aussi mon cabinet ont suivi de façon professionnelle la méthode classique", a-t-il indiqué, expliquant les différences de délais entre l'annonce d'une procédure du vote à l'ONU et la réponse de la Belgique par la qualité des courriels échangés, tantôt formels tantôt informels.

Le sp.a et Ecolo-Groen pointent du doigt la responsabilité politique de Didier Reynders dans ce dossier. Même s'il s'avère finalement que le ministre Reynders n'a pas été mis personnellement au courant du processus de vote, celui-ci endosser la responsabilité politique de son cabinet, a-t-elle insisté.

La FN touchée par ricochet

30%
30% des exportations de la FN sont des commandes saoudiennes.

A noter aussi l'accrochage entre les députés Georges Dallemagne (cdH) et Richard Miller (MR) au sujet des ventes d'armes wallonnes vers l'Arabie Saoudite. "Vous pointez les dysfonctionnements au sein de l'Onu, mais vous feriez mieux de regarder d'abord comment fonctionne l'exécutif wallon lorsqu'il accorde systématiquement son feu vert à des ventes d'armes à destination de l'Arabie Saoudite", a lancé le député MR. Une remarque qui n'est pas innocente quand on sait 30% des exportations de la FN sont des commandes saoudiennes.

Dallemagne, dont on connait l'engagement en faveur des droits humains, a admis à demi-mots l'argument de Miller et a appelé à "une stratégie de désengagement" de la Wallonie par rapport à l'Arabie Saoudite. Reste à voir quelle sera la réaction à l'Elysette à Namur et à la FN à Herstal...

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