"Il ne faut pas de quotas de femmes dans l'armée"

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Il était question de politique du genre ce mercredi en Commission de la Défense. Les experts auditionnés ont tous reconnu la valeur ajoutée des femmes militaires mais ont déploré leur sous-représentation.

Du lieutenant-général Grosdent, directeur des ressources humaines, au colonel Bergmans, chef de la section recrutement, les représentants de la Défense nationale entendus en Commission parlementaire ce mercredi ont tous reconnu la problématique du genre dans l’armée.

"Les femmes constituent une valeur ajoutée mais restent sous-représentées. Il y a encore des efforts à mener. Nous pensons donc qu’il faut des objectifs clairs, mais pas de quotas", nous résume Mart Moris, collaborateur de la députée Grosemans (N-VA). "Nous nous sentons soutenus par ces auditions et maintiendrons notre proposition de résolution".

Karolien Grosemans et ses confrères Jan Jambon, Theo Francken et Bert Maertens avaient déposé en mars 2013 une proposition de résolution relative à la politique du genre à la Défense.

Les députés fédéraux de la N-VA y estiment que l’armée doit défendre la parité hommes-femmes, ne serait-ce que dans leur communication. Afin de refléter le mieux possible la société et d’être mieux acceptée par celle-ci en retour mais aussi de pallier le manque de jeunes militaires.

Citant le comité sur la dimension du genre de l'Otan, les députés nationalistes exposent par ailleurs le caractère incontestable de la plus-value apportée par l’équilibre hommes-femmes.

Axées sur la gestion de conflits et le maintien de la paix, les missions à l’étranger reposent au quotidien sur des interactions complexes entre civils et militaires. "Les militaires féminines entrent aisément en contact avec une partie de la population locale, ne serait-ce que lors des fouilles des femmes. Facteur de réussite d'une opération", souligne la proposition des députés N-VA.

Malgré la charte signée en 2007 par André Flahaut, alors ministre de la Défense, la résolution de l'ONU "Femmes, paix et sécurités" et l'ensemble de mesures prises pour la promotion du genre féminin dans l'armée, depuis une dizaine d'années, le nombre de militaires féminins stagne atour des 8%. Le nombre de femmes envoyées en missions internationales s'élevait à moins de 5% en janvier 2013.

En cause, le recrutement. Chaque campagne publicitaire souligne l'ouverture aux femmes mais n'insiste pas sur l'intérêt de leur présence. Ni sur le fait que l'armée dispose de fonctions attrayantes pour les femmes.

Les représentants auditionnés ce mercredi en Commission de la Défense se sont réjouis de voir à l’ordre du jour la politique du genre, assure Mart Moris. Prochaine étape, "impliquer les partenaires sociaux dans le dialogue afin d’établir une feuille de route et prendre des mesures structurelles", conclut le collaborateur de Karolien Grosemans.

 

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