interview

"Il y a toujours eu en Belgique une tradition forte de concertation sociale"

Le Premier ministre, Charles Michel a récompensé lundi Vincent Crahayn CEO de Belourthe, déclarée entreprise de l'année. ©BELGA

Le Premier ministre indique que la concertation sociale est "cruciale" pour son gouvernement. Il compte inviter les partenaires sociaux pour leur expliquer le contenu de l'accord de la suédoise.

Entre deux discours, L’Echo a attrapé le tout nouveau Premier ministre qui assistait à la remise du Prix de l’Entreprise de l’année. Interview minute de Charles Michel mis sur le grill.

Pourquoi avoir effectué votre première sortie officielle à "l’Entreprise de l'année"?

Si je ne l'avais pas fait, c'est que je ne mène pas vraiment un gouvernement qui a décidé de tout faire pour les entrepreneurs et pour le développement de l'activité économique. Les entreprises sont la clé pour financer, dans la durée, la sécurité sociale. Donc, ceux qui veulent systématiquement attaquer l'entreprise, culpabiliser les entrepreneurs, mettent en danger notre modèle et la capacité à défendre les solidarités, le financement des soins de santé et la viabilité des pensions. Je sais à quel point les entrepreneurs, petits, moyens ou grands, sont confrontés parfois à des sentiments de suspicion, à des vents contraires et à des lourdeurs administratives. Je pense qu'il faut libérer le développement économique au départ de l'initiative privée.

C'est ce que vous allez dire dans votre déclaration gouvernementale, aujourd'hui, au Parlement?

Oui, le premier point, la priorité des priorités, c'est la création d'emplois.

Mais qui voit les entrepreneurs comme des ennemis?

Certains responsables politiques doutent systématiquement des entrepreneurs et mettent en cause leur capacités. Je veux combattre cela avec la nouvelle coalition. Durant cinq ans, inlassablement, nous allons nous atteler à faire diminuer les impôts et les charges qui pèsent sur le travail. Ensuite, nous devons faire preuve de beaucoup plus de souplesse dans les rapports entre employeurs et travailleurs. C'est une des clés de la réussite. La flexibilité est la clé.

Est-ce que les diminutions d'impôts envisagées sont suffisantes pour relancer l'activité?

Dans les dernières décennies, il n'y a jamais eu un gouvernement belge qui a osé faire autant que nous pour les entreprises. En outre, nous n'attendons pas, puisque dès le début de la législature, nous donnons un signal fort en diminuant de plusieurs milliards les taxes et les impôts. Tout est mis en œuvre pour la création d'emplois.

Vous n'avez pourtant pas chiffré vos objectifs en terme de création d'emplois...

Je vais être franc avec vous: à côté du programme socio-économique très fort de cette coalition, je suis demandeur d'une concertation sociale très forte et bien structurée. On a pris la décision de ne pas citer de chiffres sur la créations d'emplois dans notre déclaration gouvernementale, car on veut faire cela à tête reposée avec les partenaires sociaux. Les réformes structurelles doivent être appliquées et la concertation sociale éventuellement en tripartite avec les partenaires sociaux et le gouvernement est absolument nécessaire.

Mais les syndicats ne veulent pas de votre coalition suédoise...

Nous ouvrons les bras aux partenaires sociaux. Il y a toujours eu en Belgique une tradition forte de la concertation sociale. La démocratie, c'est de pouvoir dire que nous ne devons pas toujours être d'accord sur tout, mais nous avons le souhait de poursuivre la discussion. J'ai l'intention d'inviter très rapidement les partenaires sociaux pour leur expliquer ce qu'est le contenu de notre programme gouvernemental.

Avec le saut d'index corrigé socialement, finalement, c'est la classe moyenne et les gens qui travaillent qui vont été pénalisés...

Non, ce gouvernement prend des mesures pour les gens qui travaillent et qui ont de bas et des moyens salaires. Ça ne va pas traîner... On va mettre en œuvre un premier volet de la réforme fiscale en procédant au relèvement de frais professionnels déductibles, ce qui est une manière de rendre du pouvoir d'achat net aux gens et de manière durable. C'est directement dans la poche des gens. Et l'absolue priorité, à côté de cela, c'est d'éliminer les pièges à l'emploi: on va faire diminuer le coût du travail pour les entrepreneurs, mettre un terme aux différents freins à la création d'emplois.

Vous allez hausser la TVA...

Il n'y a pas de hausse généralisée de la TVA: on a une hausse de la TVA sur la chirurgie esthétique et sur le e-commerce...

Mais aussi une hausse des accises sur le diesel!

Ce sera échelonné et l'impact ne se fera sentir que dans quelques années. Pas de taxation des loyers, pas de taxation de l'immobilier, pas d'impôt spécial de crise. On a réussi le tour de force de libérer des moyens importants, de baisser les charges sociales et de protéger les emplois. On a aussi des mesures fiscales, et enfin, on a des corrections sociales pour les gens qui ne travaillent pas et les allocataires sociaux. On a des enveloppes sociales qui sont plus importantes que ce qu’a proposé le dernier gouvernement.

Mercredi, vous remettez votre projet de budget à la commission européenne. Pensez-vous recevoir un feu vert?

Mes conseillers ont pris tous les contacts préalables et informels avec la commission. Donc nous avons bons espoir d'être convaincants...

Parce que vous avez quand même assoupli la trajectoire et postposé le retour à l'équilibre...

Plus que le retour à l'équilibre, ce sont les réformes structurelles qui comptent pour la commission. Et là, nous avons lancé les réformes les plus importantes et les plus crédibles de ces vingt dernières années.

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