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analyse

L'appui fédéral à la reconstruction, initiative salutaire ou coup de com'?

La ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), annonce l'installation d'une cellule d'appui fédérale. Coup de com ou réponse à un besoin? ©BELGA

Alors que les critiques sur la gestion de crise se multiplient au nord du pays, la ministre Verlinden annonce un renforcement du soutien fédéral.

Onze jours après avoir clos la phase fédérale de gestion de crise, la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), a annoncé ce jeudi l'installation d'une cellule d'appui fédérale au sein du commissariat spécial à la reconstruction, mis sur pied par le gouvernement wallon. Assiste-t-on à une reprise en main par le Fédéral, teintée pour certains d'arrière-pensées communautaires, d'un coup de com ou d'une initiative bienvenue? Tentative de décryptage.

42
Décès
Quarante-deux personnes ont perdu la vie à la suite des inondations qui ont frappé la Belgique en juillet.

Le dossier est sensible politiquement, très sensible même. Avec 42 personnes ayant perdu la vie et des dégâts matériels immenses, la Belgique connaît un drame d'ampleur nationale. Vu notre structure étatique complexe, la Région wallonne, que les inondations ont frappée de plein fouet, est évidemment en première ligne (aux côtés des provinces et des communes) dans la gestion de cette crise, mais le Fédéral ne pouvait décemment pas se permettre de rester au balcon.

Renforcer les structures provinciales

Et il ne l'a pas fait, assure Annelies Verlinden dans un communiqué. Après la phase fédérale de gestion de crise du 15 au 26 juillet, du soutien a encore été apporté via la police fédérale, la protection civile, la Défense, le hub logistique national et les zones de secours, affirme-t-elle. À l'en croire, la complexité et l'ampleur de la catastrophe font désormais "que les structures provinciales habituelles de gestion de crise doivent être davantage renforcées afin d'organiser l'aide de la manière la plus efficace possible", d'où la création de cette "cellule d'appui".

"La complexité et l'ampleur de la catastrophe font que les structures provinciales habituelles de gestion de crise doivent être davantage renforcées."
Annelies Verlinden
Ministre de l'Intérieur

Ce qui surprend quelque peu, avec cette annonce, c'est son timing. Pourquoi l'échelon fédéral a-t-il attendu une semaine et demie pour mettre en place cette fameuse cellule d'appui? Était-elle vraiment nécessaire ou s'agit-il d'une action de communication de la ministre de l'Intérieur, soucieuse de montrer qu'elle agit tandis que d'aucuns critiquent la gestion des autorités francophones?

"J'ai le sentiment que certains, côté flamand, n'ont pas mesuré l'impact du drame immédiatement. Aujourd'hui, on a un peu l'impression qu'ils veulent se rattraper de peur d'être exposés par la suite", nous lâche une source proche du gouvernement. L'annonce de la mise en place de cette cellule d'appui, qui intervient au lendemain d'un flot de critiques sur la gestion de crise émanant principalement d'experts ou d'acteurs de terrain flamands, apporte de l'eau au moulin de cette analyse. Notons-le aussi, c'est uniquement dans des médias néerlandophones que figurait l'annonce de Verlinden jeudi matin. Contacté à plusieurs reprises dans la journée, son cabinet n'a pas apporté de réponses à nos questions sur ces points.

Selon nos informations, la chrétienne-démocrate flamande a eu un contact avec le Premier ministre Alexander De Croo le 1er août dernier afin d'évoquer la possibilité pour l'Intérieur de s'impliquer malgré la sortie de la phase de crise fédérale. Les jours suivants auraient été "mis à profit pour objectiver ce qui pouvait être fait", nous explique-t-on. Comme elle n'impliquait pas de débloquer de nouveaux moyens, hors de ceux relevant des compétences de l'Intérieur ou déjà mobilisés par la Défense, cette décision n'a pas dû être examinée par le kern, dont plusieurs membres se trouvent d'ailleurs à l'étranger.

"Une proposition qui répond à une demande"

"Il s'agit d'une proposition du Fédéral qui répond à une demande de la Région."
Sylvain Jonckheere
Porte-parole d'Elio Di Rupo

Côté wallon, on se refuse à prendre part à une quelconque polémique communautaire quant à l'installation de cette cellule. "Il s'agit d'une proposition du Fédéral qui répond à une demande de la Région. Je ne sais pas exactement qui a évoqué le premier cette possibilité mais cela a été décidé en bonne intelligence lors de réunions entre les niveaux de pouvoir", nous assure-t-on au cabinet du ministre-Président wallon, Elio Di Rupo (PS).

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