Interview: Les prix devraient encore progresser

Julien Manceaux, économiste chez ING, estime que les très bonnes conditions hypothécaires devraient encore inciter les acheteurs à revenir sur le marché.

Les prix de l’immobilier ont rebondi d’environ 5 % au premier semestre de 2010 par rapport à la même période de l’année dernière. Pourtant les perspectives économiques incertaines, notamment en matière d’emploi, incitent les particuliers à la prudence, comme l’atteste le niveau record de l’encours sur les comptes d’épargne. Comment expliquer ce rebond?

Les acheteurs ont été encouragés par la communication importante dans les médias sur les baisses des prix de l’immobilier et le fait qu’ils disposaient de davantage de pouvoir de négociation et de temps dans les transactions. La diminution des taux des crédits hypothécaires a incité les candidats à l’acquisition à franchir le pas. Par ailleurs, au contraire de l’épargne de précaution, l’immobilier ne suit pas l’évolution du chômage. L’immobilier est plutôt considéré comme un investissement sûr, une valeur refuge. Même si la confiance des consommateurs n’est pas encore revenue à son niveau d’avant la crise, on constate une reprise des transactions immobilières et le retour des acheteurs.


Le marché de l’immobilier a-t-il retrouvé son niveau d’avant crise?

La moyenne des transactions immobilières au premier semestre est restée inférieure à 30.000 par trimestre, le niveau "normal" d’un marché immobilier en rythme de croisière. Le premier trimestre a connu un passage à vide avec une baisse des transactions à 27.600, contre 31.200 au dernier trimestre de 2009, qui avait été marqué par un net rebond de l’activité. Les transactions ont rebondi au deuxième trimestre à 28.500, un niveau nettement supérieur aux 24.000 transactions enregistrées au premier trimestre 2009, au plus fort de la crise. Il y a donc encore de la marge pour un retour d’acheteurs supplémentaires pour revenir aux niveaux d’avant crise, en particulier dans le segment des villas et des maisons. L’activité dans les appartements a en revanche déjà renoué avec le pic d’avant crise. Mais le prix général des habitations a déjà dépassé le sommet de 196.300 euros du troisième trimestre 2008 et atteint 199.340 euros à la fin du deuxième trimestre de cette année.


La reprise du marché va-t-elle se poursuivre?

Les très bonnes conditions hypothécaires devraient encore inciter les acheteurs à revenir sur le marché et les prix pourraient progresser de plus de 4 % environ sur un an au second semestre. La base de comparaison sera toutefois moins favorable, en raison du rebond de l’année dernière. Au total, les prix en 2010 pourraient afficher une hausse comprise entre 4,5 et 5,5 %.

 

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