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"Je n'ai pas été mise au courant" pour Jürgen Conings, assure Dedonder

©Photo News

Jürgen Conings a été inscrit dès le mois de févier sur la liste de l'Ocam, placé à un niveau 3 sur quatre en termes de menace.

L'information selon laquelle Jürgen Conings a été placé au niveau 3 sur 4 sur la liste de l'Organe de coordination et d'analyse de la menace (Ocam) en février dernier n'a été transmise ni au top des renseignements militaires (SGRS) ni à la ministre de la Défense. C'est Ludivine Dedonder (PS) qui le confirmait ce mercredi en commission de la Chambre.

"Il semble que l'information ait seulement été traitée au niveau du SGRS, sans remonter vers la hiérarchie. Le chef du SGRS dit n'avoir pas été informé."
Ludivine Dedonder
Ministre de la Défense

"Il semble que l'information ait seulement été traitée au niveau du SGRS, sans remonter vers la hiérarchie. Le chef du SGRS dit n'avoir pas été informé", a précisé la ministre de la Défense aux députés. Le pourquoi de ce manquement fait précisément l'objet des enquêtes au cours, dit-elle. Des propos qui appuient les charges tant de la ministre que du patron de l'armée sur les renseignements militaires exprimées dès mardi.

Cette absence de communication offre une des réponses les plus attendues par les députés de la commission. En tête desquels Theo Francken, piqué au vif par les accusations de la socialiste exprimées à la Chambre la semaine dernière et selon lesquelles son parti, la N-VA, serait au moins en partie responsable du climat de haine qui favoriserait les idées d'extrême droite dans la société et partant, à la Défense.

À la question de savoir quels étaient les critères retenus pour le screening des militaires et le profil des 28 militaires suivis par le SGRS pour radicalisme, le député Francken resta sur sa faim, ces informations étant non seulement classifiées, mais relèvent de la vie privée des intéressés a-t-elle justifié. Surtout en Flandre, le monde politique s'inquiète de ce que ce contrôle annoncé par la ministre pour identifier les foyers d'extrême droite ne se transforme en police de la pensée, voire en chasse aux sorcières.

Abus de confiance

Par ailleurs, Ludivine Dedonder a éclairé les députés sur le vol des armes de guerre par le militaire radicalisé avant sa cavale. En tant que collaborateur logistique chargé de la préparation des séances de tir, il disposait toujours des habilitations requises pour avoir accès au dépôt de munitions et à l'armurerie de sa caserne où il a pu "probablement abuser de la confiance" d'un membre du personnel sur place. Jürgen Conings a pu sans encombre charger les munitions, les quatre lance-roquettes, le fusil d'assaut P90 et le pistolet dans son véhicule privé. L'armurerie n'était pas équipée de caméras et les voitures privées des militaires "ne sont que rarement contrôlées", a admis Ludivine Dedonder. Les résultats complets des enquêtes en cours sont attendus pour le 15 juin.

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