analyse

"Je ne vois pas un parti se retirer maintenant"

Joachim Coens et Georges-Louis Bouchez, les informateurs royaux, ont rendez-vous chez le Roi le lundi 13 janvier. ©Photo News

Prudence sur toute la ligne. Tant dans le contenu-même de la note que du côté des réactions politiques. Et c'est normal. Le politologue Pierre Vercauteren décrypte la stratégie des uns et des autres.

"Enormément de principes et peu de pistes précises", résume Pierre Vercauteren, politologue de l'UCLouvain Mons sur base des informations diffusées dans les médias autour de la note des informateurs royaux. "Pour ce que j'en lis, on donne un cadre, on lance des pistes. Mais c'est dans le 'dur' des mesures qu'on verra les convergences et les fossés profonds."

Ainsi, le professeur de l'UCLouvain Mons relève que pour les différents points qui ont fuité, "un important chapitre budgétaire doit être abordé. Il y a des choix à poser et des moyens financiers à trouver. Les perspectives économiques ne sont pas bonnes. Faut-il donc diminuer les dépenses? Ou augmenter les recettes?" Et de tout cela, il ne semble point être question dans les documents connus.

"Cette note avance de manière prudente, même si ses accents sont clairement plus du côté de la majorité sortante que des partis de gauche; mais on n'en est qu'à un stade préliminaire."

Ce qui va compter, maintenant, ce sont les réactions exprimées par les différents partis, mais celles-ci resteront discrètes.
Pierre Vercauteren
politologue de l'UCLouvain Mons


Réactions prudentes

Pour l'heure, les réactions de la gauche se sont limitées aux inquiétudes de Robert Vertenueil, le président de la FGTB, sur Bel RTL. Mais rien du côté du PS. Rien d'officiel en tous cas. "Ce qui va compter, maintenant, ce sont les réactions exprimées par les différents partis, mais celles-ci resteront discrètes", assure Pierre Vercauteren. "D'ailleurs, la N-VA est restée prudente. C'est logique. Si elle dit que la note correspond tout à fait à ce qu'elle vise, ça va braquer le PS et engager le parti à un moment où il doute quand même encore de la nécessité d'aller plus loin."

Sans compter que, lors de leur rapport (à ce stade toujours attendu pour lundi prochain, le 13 janvier), les informateurs doivent présenter au Roi non seulement leur travail formel mais aussi les réactions qu'ils ont recueillies autour de celui-ci. Il serait peu inspiré, parce que trop mal vu, de contourner à ce point la règle.

Certains partis pourraient estimer que l'on n'a pas suffisamment avancé et se retirer. Mais je ne crois pas. Pas d'emblée!

Qui va négocier?

"On reste donc dans une méthode classique de négociation. Les informateurs doivent venir avec des propositions, un cadre général puis des détails. Ils ne peuvent pas faire autrement. C'est ce qu'on fait en Belgique depuis des année mais désormais, on n'a plus juste deux grandes familles à rassembler. Le panorama politique est beaucoup plus éclaté et il y a aussi la donne 'nord-sud' qui intervient. C'est ça qui rend le travail si difficile..."

Et quid de la suite? "Certains partis pourraient estimer que l'on n'a pas suffisamment avancé et se retirer. Mais je ne crois pas. Pas d'emblée! La plupart vont faire part de réserves ou aller plus loin dans certains domaines. Mais je ne vois pas un parti se retirer maintenant...", avance Pierre Vercauteren. 

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