analyse

Joachim Coens évoque une coalition Corona. Bonne idée?

Un gouvernement "combatif" est nécessaire pour s'attaquer à l'impact économique de l'épidémie de coronavirus, estime le président du CD&V, Joachim Coens. ©BELGA

Le président du CD&V plaide pour une coalition qui s'attaquerait à l'impact économique de l'épidémie de coronavirus. Mais pas que... L'impulsion doit-elle venir d'un virus? Pourquoi pas, se dit le MR.

Toujours pas de gouvernement, ça discute loin des micros entre le duo de missionnaires royaux, composé de Sabine Laruelle (MR) et Patrick Dewael (Open Vld), et les partis concernés. C'est urgent, les dossiers s'accumulent (budget, épidémie virale, etc.). Mais les tensions politiques persistent.

C'est dans ce contexte que Joachim Coens, l'ancien missionnaire royal, arrive avec cette idée: un gouvernement Corona. Un gouvernement "combatif" est nécessaire pour s'attaquer à l'impact économique de l'épidémie de coronavirus, estime le président du CD&V. Mais ce gouvernement ne s'attaquerait pas qu'à l'urgence de l'épidémie, à l'entendre. 

Peut-être pouvons-nous parler d'une coalition Corona de ceux qui veulent faire quelque chose...
Joachim Coens
Président du CD&V

Corona, pour que faire?

"Peut-être pouvons-nous parler d'une coalition Corona de ceux qui veulent faire quelque chose, mettre le budget en ordre, s'occuper de la compétitivité et améliorer le pouvoir d'achat des gens", a-t-il expliqué sur Radio 1. 

Parmi les thèmes de discussion, le président du CD&V met en avant une fiscalité plus juste. Il souhaite examiner les recommandations de la commission parlementaire "Panama Papers" qui pourraient encore être mises en oeuvre. En y ajoutant juste quelques dossiers (les pensions?), un tel programme évoque au final un gouvernement tout simplement... normal. 

Pour rappel, les chrétiens-démocrates flamands constituent les démineurs potentiels, puisque leur décision de rentrer ou non dans un gouvernement sans la N-VA est essentielle. Ils plaident toujours pour une coalition qui aurait une majorité de part et d'autre de la frontière linguistique, ce qui implique la présence de la N-VA, avec qui le PS ne veut pas gouverner. C'est là le noeud du problème. 

Une bonne idée?

Alors, l'idée de baser un programme sur une urgence sanitaire et l'élargir ensuite, ça peut plaire? 

Finalement, si un événement extérieur permet de déclencher un processus de formation, même original, restreint par exemple, pourquoi pas?
Georges-Louis Bouchez
Président du MR

"Cette façon de réagir dans l'urgence prouve bien qu'on a besoin d'un gouvernement de plein exercice le plus vite possible", réagit Georges-Louis Bouchez, président du MR et ex-coéquipier de Joachim Coens pour une précédente mission royale. "Finalement, si un événement extérieur permet de déclencher un processus de formation, même original, restreint par exemple, pourquoi pas? Ce qui compte, c'est que ce soit un gouvernement de plein exercice, stable avec une majorité qui permette d'avancer. Il n'y a pas que le coronavirus, pour lequel il ne faut pas tomber dans la psychose mais qu'on doit traiter avec sang-froid. Il y a aussi d'autres urgences: l'impact et les enjeux budgétaires, le déficit, la justice, le climat, la mobilité!"

Côté PS, on préfère ne pas réagir à l'idée de Coens. Pour rappel, l'entente avec le CD&V est difficile depuis que Paul Magnette a clamé qu'il en avait "marre" des discussions avec la N-VA, ce qui a précipité la fin de la mission de Koen Geens...

Pour le Voka, l'idée de la coalition Corona présente un certain intérêt. "Nous devons nous préparer aux effets du coronavirus dès maintenant. Même si des mesures ne s'avèrent pas nécessaires, nous ne pouvons pas attendre un nouveau gouvernement", explique Bart Van Craeynest, l'économiste en chef de l'association des patrons flamands. Selon lui, les gouvernements en place (y compris en affaires courantes) peuvent prendre des mesures pour limiter l'impact économique tandis que la future équipe fédérale devra se concentrer sur les défis structurels. Donc, si le coronavirus permet d'enclencher le mouvement, ok mais "un gouvernement avec un bon accord de coalition a la priorité sur un gouvernement avec un accord de coalition rapide", insiste le Voka.

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